Francophonie Franco-phony et Haiti

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Postby jafrikayiti* » Thu Feb 24, 2005 4:44 pm

<p align=justify>http://www.radiokiskeya.com/article.php3?id_article=335

Entre l'ethnocentrisme, la tragédie collective et l'érotisme
René Depestre fait le procès de la société haïtienne

Par Stéphane Pierre-Paul
Posté le jeudi 24 février 2005
Par Radio Kiskeya

Devant un parterre d'écrivains, d'artistes et d'intellectuels dans lequel on reconnaissait notamment Leslie Manigat (historien et leader politique), Michel Hector (historien), Frankétienne (écrivain), Lyonel Trouillot (écrivain), Syto Cavé (écrivain), Philippe Dodard (peintre) ou encore Me Gérard Gourgue, l'écrivain René Depestre, invité spécial de l'institut français d'Haïti, s'est livré mardi après-midi à une exploration savante et pluridimensionnelle de la crise deux fois séculaire d'Haïti, lors d'une conférence intitulée « Pour un pays debout dans sa culture ».

Depestre a été chaleur
eusement introduit par le directeur de l'institut Lévy Paul, l'attaché culturel et surtout par l'historien Claude Moïse, qui n'a pas caché son amitié et son admiration pour le célèbre auteur de qui il hérita dit-il, en grande partie, son émerveillement civique en 1946 et un peu plus tard la maturité de l'âge de la raison critique. Le public, hétérogène et intergénérationnel, composé en majorité de jeunes -heureux de découvrir en chair et en os un écrivain-culte, objet de toutes sortes de récits mythologiques en raison de sa longue absence du pays et de ses nombreuses pérégrinations -a été servi et a écouté avec bonheur, mais aussi des sentiments partagés, la démonstration magistrale d'un septuagénaire qui a gardé toute sa vitalité et sa jeunesse intellectuelle.

En pleine possession de ses moyens discursifs et dialectiques, de son savoir encyclopédique, témoin privilégié et acteur de la fécondité des débats politiques occidentaux, de la passion sans mesure des belles empoignades intellectuelles f
rançaises, le vieux maître de Jacmel aura réussi le tour de force d'exposer en moins de deux heures, hors des sentiers battus ou idées reçues, l'interminable calvaire existentiel du peuple haïtien, les déchirements, les contradictions, les polarisations, les dérives dévastatrices, le vécu anti-démocratique d'une nationalité née de la grande épopée de 1804 ; mais, fondée sur la violence carnassière et l'ethnocentrisme. Ingrédients de l'autodestruction, de l'autoritarisme et vecteurs d'une culture de l'enfermement, d'une civilisation de solitude et d'opposition, suicidaire sur le long terme.

René Depestre dont le grand âge, 79 ans, n'a point affaibli les réflexes contestataires ni l'envie de la rébellion, s'insurge contre la mondialisation qui a généré la robotisation de l'humain, l'uniformisation du monde, le divertissement de pacotille et qui fait courir à notre espèce « des risques d'ensauvagement ».

Il se décrit volontiers comme un « pauvre législateur vaincu » devant les jou
rs douloureux des cultures et des civilisations. Mais, méfions-nous de cet aveu d'impuissance. Car, s'appuyant sur la philosophie de Spinoza et la vision sociale de Jean-Jacques Rousseau, l'auteur « d'Hadriana dans tous mes rêves » se réfère à son homini maître qui, révèle-t-il, l'a sauvé. Dans la foulée, il prône le recyclage civilisationnel pour Haïti en particulier et les pays du sud en général. L'homme et la femme univers, arbitres des féroces affrontements entre le bien et le mal, sont invités à puiser leurs ressources dans l'imagination, le savoir et la conscience morale.

A cette conférence, qu'il considérait à l'instar de Claude Moïse comme une cérémonie d'adieu, Depestre s'est voulu modeste. N'empêche qu'il a été extrêmement sévère et son verdict sans appel, dans son analyse rétrospective de l'échec et du drame existentiel haïtiens. Et là, il n'hésite pas à sortir de son arsenal de citations, cette phrase peut-être froidement réaliste mais cruellement sentencieuse et assassine d
e son ami Régis Debray, le philosophe français : « Haïti est une société sans Etat ni nation ». Et notre écrivain-penseur de renchérir, en cette année du bicentenaire : « le système haïtien est sous-développant ». Pour lui tout est clair, un pays fondé sur les valeurs raciales, une identité ethnocentriste est condamné à vivre en dehors des circuits de la modernité ; étant tout à fait étranger à ses méthodes, procédures et attributs.

Face à l'immobilisme et au tragique, Depestre propose la laïcisation de notre culture politique afin de la sevrer de la violence, sa mère nourricière. Mais aussi, l'interdépendance avec les autres, compte tenu du rôle historique d'Haïti dans l'avènement de la francophonie en tant que communauté organique. Ainsi, cette grande nation culturelle, d'une densité créatrice peu coutumière, dans le domaine des arts plastiques et de la littérature, pourrait enfin se mettre à l'écoute de l'érotisme solaire, la doctrine littéraire si chère à René Depestre, épicurien de la plum
e et homme à femmes par excellence.

Et dans sa quête désespérée de voir son pays enfin débarrassé de son ethnohistoire, l'auteur, tout en rappelant les beaux jours de la négritude avec Senghor, Césaire, Price-Mars, convie toutes les composantes haïtiennes à bâtir un univers de rêves et d'aventures comme il en a vécus toute sa vie. Le créateur d' « Eros dans un train chinois » ou de « Alléluia pour une femme- jardin » n'a pas renoncé à la voie qu'il s'est tracée, depuis sa rupture définitive avec la révolution cubaine en 1978.

Au soir de sa vie, ce champion du monde des aventures littéraires et des expéditions révolutionnaires les plus folles, de Prague à la Havane, en passant par Pékin et Moscou ; aux côtés de Alejo Carpentier, Jorge Amado, Pablo Neruda, Jean-Paul Sartre, Fidel Castro, Che Guevara ou Mao, se consacre autant à ses courses vertigineuses dans l'imaginaire qu'à des réflexions philosophiques et des discours politiques testamentaires sur son temps à l'avenir incertain. Son
dernier livre, « Encore une mer à traverser » (titre emprunté à son ami martiniquais Aimé Césaire) se situe dans cette lignée d'œuvre-bilan ; autobiographique à souhait.

Le public présent à l'institut français s'est arraché avec gourmandise ce livre et toutes les autres publications de l'auteur qui étaient en vente-signature. Un véritable plébiscite littéraire ou référendum populaire -45 ans après son divorce avec la terre natale -pour René Depestre, qui a du même coup reçu de l'ambassadeur dominicain en personne Jose Serulle Ramìa, une invitation officielle à se rendre bientôt en République Dominicaine où un accueil digne de son rang lui sera réservé.


Tandis que le pays s’enfonce sous le poids des bottes coloniales, les Affranchis, membres de la Franco-phony valsent et trinquent au son de la Marseillaise !

"Depestre propose la laïcisation de notre culture politique afin de la sevrer de la violence, sa mère nourricière. Mais aussi, l'interdépendance avec les autr
es, compte tenu du rôle historique d'Haïti dans l'avènement de la francophonie en tant que communauté organique..."

Ah! qu'ils sont beaux et belles nos oncles et nos tantines!

Fermez-vous les yeux charnels, ouvrez-vous au rêve afin de mieux les lire...car nous ne saurions delaisser le "rôle historique d'Haïti dans l'avènement de la francophonie en tant que communauté organique..." n'est-ca pas monnonk T.U.T.!?
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Postby Jonas » Fri Mar 04, 2005 11:16 am

Le role historique d'Haiti dans l'avènement de la francophonie


Que Dépestre, le nègre de service qu'il est devenu, aille se faire foutre.

Les anciennes colonies françaises d'Afrique sont en train de mettre leur pied collectif au cul des français et Dépestre est envoyé en Haiti pour donner une soupape à ses maitres.

En Cote D'Ivoire, maintenant au Togo, ils se lèvent pour dire aux français "Mare pakèt nou".

Des revues comme L'Express et le Nouvel Observateur sont en train de se demander si la "FrançAfrique" est en voie de disparition et puis ce %&* vient nous parler de francophonie. Après le role que la France vient de jouer dans cette désintégration que nous constatons aujourd'hui?

En "surfant" j'étais tombé sur le site www.Grioo.com .
Sur ce site il y avait une discussion sur le projet de féter la francophonie le 20 Mars prochain.
Les réactions que j'avais lues, étaient unanimes. Les intervenants appelaient au boycott et mème à des marches pour protester cette journée de la francophonie.

Voulant savoir de quoi il s'agissait, je me rendis sur ce site:
www.20 mars.francophonie.org . Et la j'ai trouvé les intentions des francofous d'Haiti de féter cette journée qui les tient à coeur.

Grandiosement,il semble:
...Contes, théatres, concerts, lectures publiques, expositions avec des participants de divers horizons pour MARQUER LA VOLONTE DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION DE REORGANISER LE RAPPORT DES JEUNES HAITIENS AU FRANCAIS ET A LA FRANCOPHONIE


Sa vle di, y ap kontinye bay chen kanson.

A BAS LA FRANCOPHONIE, A BAS LES FRANCOFOUS ET QUE LA FRANCE ET SES SOUSOUS AILLENT AU DIABLE.
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Postby Zanfanginen* » Fri Mar 04, 2005 1:59 pm

Depestre est une fraude comme beaucoup d'autres soi-disant intellectuels restaveks. Il ne mérite aucun respect de la part des ayitiens qui tiennent à defendre le pays.

Comme tu le dis bien, Jonas, à mort la francophony, les francofou et la france hypocrite et sanguinaire.
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Postby Gelin* » Fri Mar 04, 2005 4:25 pm

Jonas wrote:...Et la j'ai trouvé les intentions des francofous d'Haiti de féter cette journée qui les tient à coeur.

An 2004, lè ayiti t ap fete desanzan depi desalin te koupe lapipi napoleon, anbasad lafrans te finanse kèk <I>aktivite prive</I> pou ta ka fete fèt la tou. Pou fete, yo vin fete byen fete sou tè desalin nan. Kilès ki ba yo akolad? Menm entelektyèl sa yo...

Depi kilè <B>frize</B> te byen ak <B>koukou</B> konsa pou <B>koukou</B> t a pran pwòp pitit li pou l al rele l <B>frizelia</B>?

gelin
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Postby Jonas » Sat Mar 05, 2005 8:57 am

Il y a un phénomène qui est en train d'émerger sous nos yeux et que peut ètre nous n'avons pas encore apprécié pour sa juste valeur.

C'est l'émergence de THABO MBEKI comme champion de la CAUSE AFRICAINE.

On connait sa position à propos du coup d'Etat du 29 Février, mais malheureusement Haiti est loin de sa sphère d'influence.
On connait aussi sa position sur la crise au ZIMBABWE, où il a intimé aux Anglais qu'il n'accepterait pas une campagne de déstabilisation du gouvernement de MUGABE.

Ce qui est plus remarquable, c'est le role qu'il joue en Afrique de l'Ouest, à des milliers de kilomètres de l'Afrique du Sud où il met des batons dans les roues de l'impérialisme français, premièrement en Cote d'Ivoire, et plus tard au Togo.

Il était l'un des premiers à annoncer qu'il n'accepterait pas le "coup d'Etat" au Togo, manigancé par les français a
près la mort de leur chien de garde AYADEMA.

Voici des passages d'un article publié sur le Monde à propos de la polémique entre Thabo Mbeki et Jacques Chirac.

C'est du Monde, donc prenez cet article pour ce que c'est.

LES PROPOS DE JACQUES CHIRAC IRRITENT LES SUD AFRICAINS

LE MONDE 04/02/05

Polémique au sujet de la Cote d'Ivoire


"Chirac s'attaque à Mbeki". Sur la photo qui barre la "une" du STAR, le principal quotidien d'Afrique du Sud, le président français agite un index réprobateur sous le visage de son homologue sud-africain. Il s'agit d'une photo d'archives.

Elle a été exhumée pour illustrer une pique qui pourrait tourner à l'incident diplomatique. L'objet du litige: la Cote d'Ivoire.

Pour Jacques Chirac, le chef de l'Etat sud-africain souffre d'un handicap; il ne connait pas suffisamment "la psychologie et l'âme" des Africains de l'Ouest. Le président Thabo Mbeki qui assure depuis trois
mois une difficile médiation dans ce conflit, ne serait pas à la hauteur.

Son implication jusqu'ici "n'a pas eu un effet particulièrement fort, il faut bien le reconnaitre" a laché le chef de l'Etat français, lors d'une conférence de presse, mercredi 2 Février à Dakar.

"L'Afrique de l'Ouest, c'est l'Afrique de l'Ouest. Elle a sa propre caractéristique, il faut bien la connaitre. Et je souhaite beaucoup que le président Mbeki (....) s'immerge dans l'Afrique de l'Ouest de façon à comprendre la psychologie et l'âme. Car dans une période de crise il faut bien connaître la psychologie et l'âme des gens" a déclaré le président français.

A Prétoria, l'attaque n'a pas été appréciée. "Evidemment nous ne prétendons pas connaitre tout sur l'Afrique de l'Ouest. Mais nous ne refuserons jamais l'aide de ceux qui savent mieux" a ironisé lors d'une conférence de presse jeudi, AZIZ PAHAD le vice-ministre des affaires étrangères.

Entre les deux chefs d'Etat, la discorde va au d
elà de la question du bilan de médiation.

Thabo Mbeki, champion de la "renaissance africaine" considère que la France est encore empétrée dans son role d'ancienne puissance coloniale .Lorsqu'il s'est rendu à Abidjan en Novembre, après les émeutes anti-françaises, il aurait été, selon son entourage, très impressionné par le déploiement des troupes françaises et de véhicules blindés dans la capitale.

La télévision sud-africaine n'avait pas hésité à parler d'une force d'occupation...


Quelque chose, il semble, a irrémédiablement changé. Les anciennes puissances coloniales n'ont plus les coudées franches dans leurs anciennes colonies.
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Postby jafrikayiti* » Sat Mar 05, 2005 4:04 pm

C'est bien cela chers compatriotes. Enfin le moment du réveil des Africains est arrivé.

Comme au temps de l'esclavage, notre plus fiable allié demeure l'arrogance même des suprémacistes blancs de la trempe d'un Chirac. Ils ne peuvent s'empêcher d'exposer leurs vraies pensées de temps à autre et cela - parfois - pas assez souvent - arrive à réveiller certains francofous jusqu'ici zonbifiés.

La Franco-phony mourra pour que renaisse l'Afrique. Sur ce, je partage avec vous un texte reçu de nôtre frère Claude Ribbe.

Jafrikayiti
"Depi nan Ginen BON Nèg ap ede Nèg!"
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Dire NON A Rochambeau en plein 2005 !

Postby jafrikayiti* » Sat Mar 05, 2005 4:06 pm

Sujet : Lettre ouverte de Claude Ribbe à Madame Christiane Taubira
Date : 05/03/2005 12:07:58 Paris, Madrid
De : Claude1r
A : ctaubira-delannon@assemblee-nationale.fr



Madame la députée,

Comme vous devez le savoir, Monsieur Michel Barnier, minstre des Affaires étrangères de la France et membre d'honneur de l'association catholique "Fraternité universelle", a décidé d'organiser en Guyane, les 18 et 19 mars prochains, une conférence internationale sur Haïti. Cette conférence vise à légitimer le gouvernement de facto désigné par la France et les Etats-Unis après un coup d'Etat accompagné de l'enlèvement du président légitimement élu, M. Jean-Bertrand Aristide, dont les seuls torts sont d'avoir exigé de la France la restitution de la rançon versée par Haïti pour son indépendance et des réparations pour 150 années d'esclavage et d'avoir voulu affirmer son indépendance à l'éga
rd de Washington.

Vous ne pouvez ignorer que, sous le couvert d'un "comité indépendant de réflexion", deux émissaires, prétendant agir au nom de la République française, se sont présentés au palais présidentiel de Port au Prince le 17 décembre 2003, jour anniversaire du coup d'Etat manqué, mais sanglant, du 17 décembre 2002.

Là, au nom de notre pays, qui a déporté des centaines de millions d'hommes de femmes et d'enfants en Haïti, Monsieur Régis Debray et Madame Véronique Galouzeau de Villepin-Albanel, responsable de l'association "Fraternité universelle", ont exigé le départ du président Aristide en le menaçant de mort. En même temps, une campagne d'assassinat moral de Jean-Bertrand Aristide a été déclenchée. Une certaine presse y a docilement joué une partie déjà rédigée dans des officines spécialisées.

Au matin du 29 février 2004, Monsieur Jean-Bertrand Aristide est monté, de force, dans un avion blanc non immatriculé qui a fait route vers Bangui où l'attendaient ses assassins
.

Malgré le déchaînement de la propagande raciste qui accompagnait ce coup de force, des voix se sont alors élevées pour protester contre cet enlèvement et cette séquestration qui n'étaient pas sans rappeler le sort fait à Toussaint-Louverture, lui aussi accusé, en 1802, des pires méfaits, dans le seul but de légitimer son assassinat.

Face à ce crime programme, de mon côté, j'ai fait mon devoir de Français et de descendant de Guadeloupéens mis en esclavage par Bonaparte, le héros de M. Dominique Galouzeau de Villepin.

Sous la pression de ceux qui ont dénoncé sa séquestration, le président Jean-Bertrand Aristide, échappant à ses geoliers et à ses bourreaux, a pu trouver refuge en Jamaïque où la Caricom lui a accordé soutien et protection. Cette attitude de la Caricom a été relayée par l'Union Africaine qui a décidé de recevoir le président d'Haïti en Afrique du Sud, en attendant la restauration de l'ordre constitutionnel.

Pendant ce temps, la France, pour fêter le bicentenaire
de la première république nègre du monde, a envoyé mille soldats dans son ancienne colonie. On murmure que l'opération se serait appelée "Rochambeau", du nom de celui qui, en 1803, faisait dévorer les "nègres" par ses chiens.

Vous ne pouvez ignorer, Madame la députée, que depuis le départ du président Jean-Bertrand Aristide, au moins 10 000 Haïtiens ont péri de mort violente parce qu'ils protestaient contre l'enlèvement, par d'anciennes puissances coloniales, d'un président qu'ils avaient élu pour cinq ans. Le premier président élu de toute l'histoire d'Haïti. Aujourd'hui, là-bas, les prisons sont à ce point bondées que M. Latortue a profité d'une tentative d'évasion diligentée par des trafiquants de drogue, le 19 février 2005, pour faire exécuter sommairement 100 prisonniers politiques, dont les corps pourrissent ça et là à Port-au-Prince.

L'ancien premier ministre et l'ancien ministre de l'Intérieur du président Aristide sont, sans raison aucune, confinés dans une geôle puante,
sans eau, sans electricité, au milieu de leurs excréments. Ils ont entamé une grève de la faim. Voici quelques jours, les Haïtiens sont descendus dans la rue, un an après l'enlèvement de leur président, pour une marche pacifique. La police a froidement ouvert le feu sur la foule désarmée, faisant des dizaines de morts et de blessés. Aujourd'hui, plus personne, sauf le gouvernement de la France, ne défend le fantoche Latortue, responsable de ces assassinats. Pendant ce temps, le dictateur Jean-Claude Duvalier, arrivé en France, le 7 février 1986, avec près d'un milliard de dollars en poche, coule des jours heureux dans la région parisienne et donne ds interviews, sous la protection du ministre français de l'Intérieur et dans l'impunité la plus totale. Officiellement, il est en "transit" depuis dix-neuf ans.

C'est dans ce contexte qu'une conférence a été programmée en Guyane, en présence de Latortue, les 18 et 19 mars 2005. Dès à présent les 14 pays de la Caricom et les 53 pays de l'Union africa
ine ont refusé d'y participer, malgré les multiples pressions exercées sur eux, depuis un an, par la France. Ils refusent également de reconnaître le gouvernement de facto imposé aux Haïtiens par la France et les Etats-Unis.

En 2003, vous avez, Madame la députée, courageusement interpellé M. Raffarin, en lui demandant de restituer à Haïti la rançon exigée pour son indépendance. Je vous demande aujourd'hui, en tant que députée de la Guyane, d'intervenir par tous moyens contre la tentative française de légitimation, dans le département qui vous a élue, d'un coup d'Etat ressenti comme un affront insupportable par tous les descendants d'esclaves de la planète.

Comptant sur votre soutien et vos diligences, je vous prie d'agréer, Madame la députée, l'expression de mes respectueux hommages.

Claude Ribbe
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Postby jafrikayiti* » Fri Mar 18, 2005 1:06 pm

Marcus tonbe nan nostalji malerezman. Se vre te gen yon "la belle époque" chansonèt fransèz nan peyi a. Men sa se bagay ki mouri antere.

Sa mwen dakò nan editoryal Marcus lan se nesesite pou mete lòd nan itilizasyon lang Kreyòl la nan peyi nou an.

Kanta pou lang franse a menm. Tankou mizik rap lan di " the roof the roof is on fire...let the m.f. burn....."

It is not up to us to be always crying "massa, massa our house is burning!".

En 2000, dans un élan amnésique Jacques Chirac disait : "Haiti, à proprement parlé, n'a jamais été un colonie française". Aujourd'hui il est peut-être temps de se rendre à l'évidence qu' "Haiti, à proprement parlé, n'a jamais été un pays francophone".

Metropol-is adieu ! - adye wi !

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http://haitienmarche.com/

Haïti: Pour une Francophonie non exclusive!

EDITORIAL

PORT-AU-PRINCE, 1
4 Mars - Après les masques traditionnels du dernier carnaval, le ministère de la Culture marque encore un point avec le festival de contes et chansons francophones organisé dans le cadre de la Quinzaine de la Francophonie.

Cette année Haïti a l'honneur d'abriter la commémoration de la Journée Internationale de la Francophonie le dimanche 20 mars.

Le Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l'ex-président sénégalais Abdou Diouf, sera dans nos murs du 19 au 22 mars, ainsi probablement que de nombreux autres invités de marque.

Pourquoi un festival de contes et chansons, et non un concours de poésie comme cela aurait été plutôt autrefois le cas?

La ministre Magalie Comeau Denis l'a brillamment expliqué lors d'une intervention à la télévision nationale. Ce sont deux genres populaires, déjà bien enracinés, donc à travers lesquels doit obligatoirement passer toute tentative de ressusciter le français comme langue officielle véritable en Haïti.
n
Selon la constitution, Haïti compte deux langues officielles, dont le français mais aujourd'hui seulement de nom.

N'importe quel étranger dont le français n'est pas la langue maternelle, s'exprime mieux dans cette langue que la plupart de nos bacheliers. C'est choquant.

Le français en Haïti a été victime de nombreuses aventures. Mais paradoxalement d'abord de la démocratisation de l'école haïtienne.

La capitale haïtienne est passée en trois décennies de moins d'un million à plus de deux millions d'habitants. Cela remet beaucoup de choses en question. Et l'usage du français entre autres.

Ce n'est plus le temps où les troupes de théâtre ou même d'opéra européennes, mieux encore parisiennes, se produisaient au Rex Théâtre, en plein coeur de la capitale, où convergeaient parfois plusieurs soirées de suite les élites du pays.

Lors ce sont celles-là qui donnaient le ton. Il était de bon ton de parler français et "du bon français", comme on dit chez nous. Comme on
dirait: du bon vin. Dis moi si tu parles bien français et je te dirai qui tu es.


Wyclef a détrôné Molière ...

Mais les temps ont bien changé. Les élites en question n'ont pas été remplacées, Miami a pris le pas sur Paris comme destination favorite, leurs enfants se piquent de fortune rapide plutôt que de culture.

Et finalement Wyclef a détrôné Molière ...

Mais les cahiers de chansons n'ont pas disparu pour autant.

Je me souviens d'une des dernières tournées d'une grande vedette française en Haïti. C'était Claude François, fin des années 1970. Cloclo et ses clodettes.

Alors qu'on avait tout misé sur la soirée du Rex-Théâtre comme d'habitude, eh bien, non. C'est la matinée au Stade Sylvio Cator qui fit un malheur. Elle avait été envahie par toutes les petites jeunes filles du bas de la ville, et en habits du dimanche, ma chère. Et toutes avec sous le bras leurs cahiers de chansons.

Le spectacle de Claude François, coup de
théâtre, se changea plutôt en un tour de chant de Mireille Mathieu. Car lorsque Cloclo, comme à son habitude, demanda au public de venir l'accompagner, toutes ne voulaient chanter que "Acropolis adieu."

On découvrit l'amour du petit peuple pour le français.

Et qui continue jusqu'à Miami ... Récemment je tombai sur une soirée de poésie au restaurant haïtien "Nouveau Café." Dans un silence religieux, défilent les plus beaux poèmes haïtiens ... en majorité écrits en français.

Mais entre-temps, comme chante Sardou, "La France m'a laissé tomber."

Haïti est le pays de la région où la France investit le moins en politique culturelle. Nos deux voisins, la République Dominicaine et Cuba, sont devenues aujourd'hui les chouchous de la France. Deux pays hispanophones. Dans les années 90, Fidel qui prend tout au sérieux, avait même édité un règlement pour que chaque havanais apprenne le français à ses moments perdus. Large distribution de cassettes audio et vidéo.


[b:48e83c396
7]Structurer le créole comme toute langue qui se respecte ...[/b]

Qu'est-ce qui a fait fuir la France? Les troubles politiques (et environnementaux). L'Institut Français au Bicentenaire, dont les réparations ont dû être abandonnées, est significatif à cet égard.

Mais peut-être aussi la généralisation du créole dans l'enseignement haïtien? Certes, les nouveaux stratèges de la francophonie prennent la peine de vous expliquer que le but n'est plus aujourd'hui comme autrefois la défense de la langue française, mais la promotion de la diversité. (Est-ce une manoeuvre contre l'impérialisme culturel américain?) Toujours est-il que ce n'est pas la consécration du créole qui fait problème, que la démocratisation sauvage de ce dernier. Au diable l'enseignement de la langue, le proverbe dit "kreyòl pale, kreyòl konprann." Son usage dans la communication (médias), et même dans l'enseignement, ne répond finalement à aucune règle. Le même laxisme se répercute sur tout le reste, sur l'ense
ignement en général, dont l'usage du français qui a connu une chute vertigineuse.

Beaucoup tardent à reconnaître qu'on n'est plus à la phase du combat pour imposer la langue créole, c'est une affaire réglée, mais à celle de structurer le créole comme toute langue qui se respecte. Nous manquons de respect pour notre vernaculaire au point, parallèlement à une promotion hors du commun ces dernières décennies, de l'avoir laissée devenir langue de démagogie et d'enchaînement mental, que de vérité et de liberté. Bref, il faut re-réhabiliter le créole.


Made in USA ...

Mais au-delà des facteurs proprement haïtiens, la chute du français est due, en Haïti comme ailleurs, à l'américanisation à marches forcées de toute la planète, élites et peuples confondus? La nouvelle culture mondiale est made in USA, qu'on le veuille ou non.

Mouvement activé en Haïti par l'émigration massive vers la Floride et l'ancienne Caraïbe britannique. Les mauvaises langues
disent même que les Américains pourraient avoir encouragé en sous-main cette désaffection vis-à-vis du français. N'ont-ils pas leur propre système d'orthographe créole? D'autant qu'un Américain parle créole en quelques mois, tandis qu'un citoyen français peut résider toute sa vie en Haïti sans avoir jamais daigné prononcer un mot créole.

Vingt ans plus tard, la France a fui le combat culturel en Haïti. La preuve en est que l'année dernière où plusieurs événements ont été planifiés en France à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance haïtienne, les seuls invités ont été deux ou trois littéraires et des orchestres musicaux choisis au hasard. C'est tout.

Tandis que les Etats-Unis ont organisé coup sur coup une formidable exposition de la peinture vodou ("Sacred Art of Haitian Vodou", L' Art sacré du Vodou Haïtien, 1996) et en été 2004, Haïti était l'invité spécial à la grande Foire de la Smithsonian Institution à Washington.

Aussi est-ce avec étonnement mais une agréable surp
rise qu'a été accueillie la décision de la Francophonie de choisir cette année Haïti comme siège de sa Journée internationale, qui sera inaugurée par son Secrétaire général, Son excellence Abdou Diouf, ex-président de la République du Sénégal.

On sait que le Premier ministre intérimaire Gérard Latortue aurait souhaité aussi une visite du Président français Jacques Chirac.


Première fille dans le Nouveau Monde ...

Mais il dépend aussi des gouvernants haïtiens que, si jamais la Francophonie décidait de reconnaître Haïti comme sa première fille dans le Nouveau Monde, que cette re-reconnaissance ne se réume pas en quelques spécialisations à des cadres triés sur le volet et qui ont déjà en poche leur passeport pour New York ou Montréal, ou à quelques candidats aux prix littéraires, si ce n'est un passage à des émissions littéraires à grande écoute. Il est juste d'investir autant, sinon beaucoup plus, à la racine que dans les fleurs déjà épanouies.

La
francophonie ne se trouve plus chez les élites comme autrefois, mais parmi les petits jeunes du bas de la ville qui avaient fait un triomphe à Cloclo. Oui, du côté des bouquinistes et des étalages de cahiers de chansons, au coin du Champ de Mars.

Bravo au ministère de la Culture de l'avoir compris ...

Editorial, Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince
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Maquillage

Postby jafrikayiti* » Tue Mar 29, 2005 6:02 pm

Francophonie ou Maquillage Idéologique

Dans un communiqué, daté du 9 mars 2005, l’Organisation Internationale de la Francophonie a annoncé que Port-au prince a été choisie comme siège de la célébration de la journée mondiale de la Francophonie. Monsieur Abdou Diouf, ancien président du Sénégal et actuel Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, séjourne en Haiti du 19 au 23 mars 2005. Cette décision, selon M. Diouf, est prise en solidarité avec Haiti qui, suite aux bouleversements politiques de 2004, mobilise toutes ses forces vives pour donner toutes ses chances au processus de transition démocratique.

Ce communiqué est une transgression violente à la philosophie de la Francophonie même. La commémoration, en 2004, du bicentenaire de l'indépendance du premier état nègre de la terre a été boycottée par les puissances colonialistes telle La France. En 2004, un président élu démocratiquement a é
té enlevé et exilé en Afrique. Ce coup d'état contre le droit des peuples a déjà coûté la vie à plus de 10.000 Haïtiens, provoqué l’exil à plus de trois mille citoyens et l’emprisonnement à de centaines d´autres, la transformation d'un centre universitaire en bases militaires, l'incendie d'un musée national et autres catastrophes nationales. La Francophonie se met ainsi au service du racisme, du colonialisme, de l'intolérance, de la violence et de l´obscurantisme et de l'exclusion sociale.

En Haiti moins de dix pour cent de la population parlent français. Le Secrétaire Général de la Francophonie doit se rappeler comme bon Africain et bon Sénégalais que l'île de Gorée au Sénégal fut le point de transit de la traite négrière vers les Amériques. Cependant Haiti fut le point de départ de l'abolition de la traite négrière vers l'Afrique. Haiti fut le tombeau de l'esclavage, le berceau de la libération des nègres de même que l'Afrique est le berceau de la Civilisation.

Aujourd'hui comme hi
er les intérêts colonialistes se moquent des grandes idées de civilisation. Des nègres à la tête d’Organisations Internationales ouvrent la porte à la manipulation politique. Avec Kofi Anan à la tête les Nations Unies, Haiti, le premier état nègre, est recolonisé par les troupes étrangères, l´année même du Bicentenaire de sa révolution anti-colonialiste et anti-esclavagiste. Alors que 2004 a été déclarée l’année de l'abolition de l'esclavage, Collin Powell, d'origine Jamaïcaine envoie des troupes américaines en Haiti où un nègre Jamaïcain dénommé Boukman, a réalisé l'unité africaine pour la grande insurrection des esclaves en 1791. Aujourd’hui Diouf à la tête de l’Organisation de la Francophonie appuie en Haiti un régime hors la loi, contesté par la majorité de la population haitienne. N'est-ce pas là une gifle à Léopold Sédar Senghor, le décolonisateur du Sénégal, le père de la négritude? N'est-ce pas un choc pour Cheik Anta Diop le grand écrivain, philosophe sénégalais, et auteur du célèbre ouvrage "C
ivilisation ou Barbarie" qui a repris aussi les idées d’Anténor Firmin dans l'égalité des races humaines", ouvrage qui a combattu la théorie raciste du Conte Arthur de Gobineau? Les Afro-Américains sensibles à leur héritage historique diraient que c'est de l’Uncletomisme, pire de la négrophobie, la métamorphose de la Francophonie , c’est de la Francofolie ou l'aphonie de la Francophonie .

Que les négrophiles crient "Caveant consules" et “non alea jacta est”.

Bell Angelot
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