Le discours irresponsable des auto-proclamés plus capables

Le discours irresponsable des auto-proclamés plus capables

Postby jafrikayiti* » Tue Jan 04, 2005 11:34 pm

Après Raoul Peck, voici le tout dernier de Gotson Pierre qui pourrait tout aussi bien s'intituler: "Souple, ede m fè wont sèvi kòlè"

<p align=justify>Haiti 2004 : Rêve démocratique, cauchemar autoritaire et espoir court-circuité, Posté le mardi 4 janvier 2005
par Gotson Pierre

P-au-P., 4 janv. 05 [AlterPresse] --- De l'ancien président Jean Bertrand Aristide, il reste encore dans ses fiefs à Port-au-Prince quelques affiches sur les murs. Demeurent aussi certains slogans écrits à la va-vite par ses partisans qui maintiennent quelques foyers de violence.

L'homme qui se comparait au héros de l'indépendance, Toussaint Louverture, a été transféré le 29 février 2004, de sa villa à Tabarre (banlieue nord-est de la capitale), vers une base militaire française à Bangui, en Centre Afrique. Après un séjour en Jamaïque, Aristide trouve asile en Afrique d
u Sud.

En 15 ans de vie politique, c'est la deuxième fois que Aristide a pris le chemin de l'exil, sans achever son mandat. Une première fois, en septembre 1991, Aristide avait du partir pour l'exil après 7 mois de gouvernement, suite à un sanglant coup d'État militaire. Il avait su pourtant brouiller les cartes en décembre 1990 lorsqu'il avait battu le poulain des Américains, à l'époque, Marc Bazin.

Cette fois, Aristide aura tout juste franchi le cap des 3 ans d'un mandat de 5 ans, lors d'élections fortement questionnées à la fin de l'année 2000. Très faible participation et absence de compétition électorale, vue que l'ensemble de l'opposition s'était retirée de la course à cause des précédentes élections législatives, entachées de fraude.

Les négociations entre le pouvoir et l'opposition pour résoudre la crise ouverte par ce processus électoral contesté n'auront apporté aucun résultat. 20 missions de l'Organisation des États Américains (OEA) demeureront sans succès, al
ors que l'aide internationale reste bloquée en guise de sanction contre le pouvoir.

Sur le terrain, violations de droits humains et scandales de corruption se multiplient. Les exactions du pouvoir sont dénoncées par des organismes de défense de droits humains nationaux et internationaux. A l'occasion des funérailles en mai 2003 du père Antoine Adrien (qu'Aristide considérait comme son père spirituel), le prêtre William Smarth, tenant de la théologie de la libération, dénonce « la passion du pouvoir absolu ». Un autre prêtre du même courant, Max Dominique, exprime sa déception et insiste sur « les exactions commises par la police et des groupes de bandits ».

Une contestation grandissante, d'abord politique puis sociale, dont l'ancien Chef d'État n'a pas su tenir compte, des actions armées et de fortes pressions internationales auront raison de celui qui a dominé la scène politique haïtienne durant plus de 15 ans.

Le départ d'Aristide a été précédé de longues tractations conduite
s par des diplomates en poste à Port-au-Prince, notamment celui des États-Unis, James Foley, supporté par la présence sur le terrain d'une cinquantaine de marines. 24 heures auparavant, Aristide répétait qu'il allait coûte que coûte terminer son mandat le 7 février 2006.

La nuit du 28 au 29 février 2004 était remplie de rumeurs et les port-au-princiens restaient accrochés à leur téléphone. Tôt dans la matinée du 29 février, la radio a annoncé la nouvelle du départ d'Aristide.

La terreur

3 jours auparavant, près de deux millions d'habitants de la capitale avaient été tenus en otage par une milice à la solde du pouvoir. Barricades enflammées et barrages sur différentes artères et à l'intérieur de divers quartiers, tenus par des hommes armés, parfois cagoulés et menaçants. Rançonnement, exécutions sommaires. Pillage d'entreprises appartenant à des personnalités critiques à l'endroit du régime.

Un climat de violence et d'intimidation s'installe également en province, suite
à des appels lancés par des dignitaires lavalas sur les antennes de stations pro gouvernementales contre notamment des journalistes et médias, des opposants, des membres d'organismes de défense des droits humains.

La police, qui parait démobilisée et démoralisée, après avoir subi depuis 3 semaines l'assaut continu de groupes armés occupant plus de la moitié du territoire, semble obéir à une consigne de non intervention et de laisser-faire. Ce serait la stratégie du pouvoir pour contrer les insurgés du Front de Résistance pour la Libération et la Reconstruction d'Haiti, désormais aux portes de la ville.

Mercenaires ou Robin des bois ?

Celui qui dirige les opérations armées n'est autre que le commandant Guy Philippe, 36 ans. Celui qui a toujours enlevé le sommeil à Aristide et qui va finalement jouer un rôle capital dans la situation amenant le président à prendre la porte de sortie.

En 1991, jeune officier militaire, Philippe partait pour l'Équateur où il allait compléter
son instruction, avec une formation assurée par les Forces Spéciales américaines durant 3 ans. Cette formation sera par la suite poursuivie aux Etats-Unis.

Lorsque Philippe revint en Haiti, il intégra la nouvelle police formée en 4 mois, après la dissolution de l'armée par Aristide. Directeur départemental de la police dans le Nord, il se réfugia en République Dominicaine en octobre 2000, quand des bruits persistants de coup d'état ont circulé à Port-au-Prince à la fin de la présidence de René Préval, successeur d'Aristide. C'est à cette époque également que Philippe commence à formuler ouvertement des critiques contre Aristide, qu'il qualifie de « dictateur ».

Le nom de Guy Philippe sera mentionné lors de multiples incidents enregistrés dans le pays, dont une attaque du palais présidentiel, présenté comme une « tentative de coup d'État », le 17 décembre 2001, qui a fait un mort et plusieurs blessés.

Cette attaque a, par ailleurs été le motif d'une opération de représailles sévè
res de partisans du pouvoir contre des secteurs d'opposition. Des bureaux de partis politiques et des résidences de leaders de l'opposition ont été pillés et incendiés.

Des mois plus tard, la présence de groupes d'ex militaires sera relevée par les tenants du pouvoir à Pernal (zone frontalière avec République dominicaine). On parle de plus en plus de Guy Philippe qui refait surface aux cotés d'ex paramlitaires, dont le chef du FRAPH, Louis Jodel Chamblain. Eux deux assument le commandement du Front de Resistance pour la Libération et la Reconstruction d'Haiti, suite à la prise de Gonaives (nord) le 5 février.

Les évènements des Gonaives avaient débuté suite à l'assassinat sauvage, le 23 septembre 2003 d'Amiot Métayer, un ancien fidèle d'Aristide, dont la tête a été réclamée par la communauté internationale, comme un des principaux responsables des évènements du 17 décembre 2001. Accusant l'administration d'Aristide d'être à l'origine de cet assassinat pour empêcher la victime de fa
ire des révélations gênantes, les anciens partisans du Président se sont retournés contre lui. Depuis lors les agitations n'ont pas cessé, avec de temps à autre des actions armées aboutissant à la prise du commissariat de la ville.

Dernière ligne droite

Les actions armées ont rapidement changé la donne politique, alors que la pression de la rue peinait à faire fléchir l'administration lavalas. Aristide restait quasi insensible a des manifestations, parfois de plusieurs dizaines de milliers de personnes, convoquées depuis la fin de l'année 2003 par une large coalition de partis politiques, d'organisations civiques, religieuses et patronales, sous le label de la Plateforme Démocratique.

Au cours de cette période, les étudiants se révèlent le fer de lance de la bataille démocratique. La faculté des Sciences Humaines devient le « haut lieu de la résistance » anti-Aristide après avoir subi l'assaut de partisans armés du pouvoir le 5 décembre 2003, laissant un lourd bilan de plus d'une
vingtaine de blessés, parmi eux le Recteur de l'université, Pierre Marie Paquiot, dont les deux jambes ont été fracturées. Cette attaque révolte la conscience de l'ensemble des secteurs non inféodés au pouvoir. Plusieurs ministres démissionnent.

La conjonction des énergies sociales et politiques (surtout sociales) aura finalement déterminé l'action de la communauté internationale, dont, tout au moins, les pressions, en particulier celles des États-Unis et de la France, ont fait partir Aristide.

Au départ de l'ancien Président, la communauté internationale, sous le leadership des États-Unis, se révèle « maître du jeu », selon ce qu'avouent des acteurs politiques, alors que le juge Boniface Alexandre, Président de la Cour de Cassation (Cour Suprême) est installé comme Chef d'État provisoire.

L'ex sénateur Paul Denis de la coalition de l'opposition affiche un air désabusé. Nous avions voulu, dit-il, une sortie ordonnée du président Aristide, mais la communauté internationale a to
ut « court-circuité ».

A l'issue de 3 mois de présence d'une force multinationale sous la houlette des États-Unis, avec notamment la France et le Canada, les Nations-Unies prennent le relais, sous le commandement du Brésil, avec maintenant plus de 6000 militaires et plus de 1400 policiers provenant aussi du Chili, de l'Uruguay, de l'Argentine, du Pérou, de l'Equateur, du Guatemala, de l'Espagne, du Népal, du Sri Lanka, de la Jordanie et du Maroc. A terme la présence internationale doit atteindre 6700 soldats et 1622 policiers.

Lecture de la chute d'Aristide par des secteurs populaires Le 16 mars 2004, plusieurs réseaux, institutions et organisations des secteurs démocratiques et populaires d'Haiti, membres de l'Assemblée des Peuples de la Caraibe (APC) émettent une déclaration pour fixer leur position sur la conjoncture de la chute d'Aristide. Parmi ces entités, on retrouve la Plateforme de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), l'Action Catholique Ouvrière (ACO) et l'
organisation feministe Solidarité des Femmes Haitiennes (SOFA).

« Le départ de Jean Bertrand Aristide du pouvoir est le fruit d'un long processus de mobilisation populaire au cours de laquelle la nation a réussi à définir un très large consensus autour de la nécessité de révoquer le mandat d'un Président mal élu qui travaillait pour accélérer la destruction de notre pays.

Nous condamnons les circonstances du départ d'Aristide d'Haïti (…) l'ingérence du Département d'État dans les affaires politiques internes de notre pays. L'insurrection armée du 5 février selon toutes les informations disponibles a été appuyée et financée par la CIA. (…)

Il est important de comprendre que l'intervention des troupes américaines a été une décision unilatérale adoptée sans l'accord des acteurs politiques haïtiens. Les forces américaines sont intervenues en Haïti pour détourner et confisquer la victoire du Peuple haïtien contre la dictature d'Aristide. Le Peuple haïtien, contrairement à Jean Ber
trand Aristide, n'a pas sollicité l'intervention de troupes étrangères sur notre sol.

(…) Quelques jours avant le 29 février 2004 l'ancien Président quémandait une intervention militaire des GI's pour sauver son mandat et briser le soulèvement populaire pacifique réclamant son départ.

Depuis le retour de 1994 l'ex-président Aristide, en dépit d'une rhétorique nationaliste, ne s'est jamais démarqué de l'agenda défini par les USA et a mis en œuvre les éléments essentiels du Plan d'ajustement structurel imposé comme condition de son retour. Les résultats de cette politique sont aujourd'hui évidents : un pays en régression économique rapide et de plus en plus dépendant de l'extérieur, des institutions en lambeaux et les affres de l'extrême pauvreté qui frappent près de 80% de la population. » [04/01/2005 13:00]

http://www.alterpresse.org/article.php3?id_article=2054



Voir aussi les discussions suivantes sur le forum:
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Postby Serge Bellegarde* » Tue Jan 04, 2005 11:54 pm

Jaf,

Ou gen rezon nèt! Nan lespas yon de mwa konsa, sa fè dezyèm (mwen paka di mo a, paske Windows se yon sit ki respektab e respekte) tentenad nap li. Ala yon kalamite!

Serge
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Postby jafrikayiti* » Wed Jan 05, 2005 11:09 pm

Selon HPN

Représailles dans le centre d'Haïti : des soldats dominicains tuent plusieurs Haïtiens
Posté le 5 janvier 2005

Des soldats dominicains ont tué un nombre non déterminé d'Haïtiens à Lascahobas, centre d'Haïti, en représailles à la mort de trois de leurs compatriotes, lynchés pour vol de bovins en territoire haïtien, a rapporté mercredi un correspondant local.

Des Dominicains en treillis militaires ont pénétré mardi dans l'arrondissement frontalier de Lascahobas, côté haïtirn, et fait plusieurs morts dans la population civile, a indiqué un journaliste d'une station locale, sans en préciser le nombre.

Les meurtriers ont vengé ainsi trois de leurs compatriotes, accusés de voler des boeufs appartenant à des paysans haïtiens, tués quelques semaines auparavant dans une section communale de Lascahobas, 90 km de Port-au-Prince. Les hommes en treillis militaires ont multiplié les tirs pour intimider les riverain
s.

Les riverains ont confié au journaliste que trois citoyens dominicains ont été effectivement lynchés sur place. Ces derniers avaient été surpris, ont-ils précisé, en flagrant délit de vol.

Les trois Dominicains, qui avaient la réputation de voler des boeufs dans les champs haïtiens pour les revendre ensuite de l'autre côté de la frontière, étaient alors accompagnés d'un citoyen haïtien qui leur servait de guide.

Des membres de la population locale ont été contraints de se déplacer par crainte d'une aggravation de la situation, a encore indiqué le correspondant.

Ce n'est pas le premier conflit qui oppose des militaires dominicains aux membres à la population civile dans la zone. Les riverains lancent un SOS aux autorités haïtiennes.
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Adye wi ! Quelles autorités haitiennes?
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Postby T-dodo » Thu Jan 06, 2005 8:38 am

Jaf,

This a very bad precedent. I hope I can get back to this when I have more time. But, violating the sovereignty of our territory, assuming the report is accurate, without using the diplomatic route for a redress or the judicial system in any of the two countries, is a display of Dominican force, power, arrogance and little respect for our country. Regardless of who is in power in Haiti, I see this as a pretty bad omen. I hope this report is not accurate.

Jean-Marie
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Postby Serge Bellegarde* » Thu Jan 06, 2005 10:08 am

Kanmarad Jean-Marie,

Unfortunately, our sovereignty has been violated time and again already by the other side, and worse, with the complicity of our politicians. Remember the so-called "Freedom fighters" (Latortue dixit) who were trained by the Dominican Army and US officials and the International Republican Institute (IRI). Remember the repeated interventions in the Central Plateau before Aristide expulsion, the killings perpetrated by them and their continuous retreat into the Dominican Republic. Remember how the Dominican President refused to investigate when Aristide presented him with the fact. And all along, our politicians were cooperating. There was no talk of violating our sovereignty, no talk of nationalism.

This is our tragedy: that Haiti is being sold "au plus offrant " by those who are supposed to provide guidance by vertue of their "experience" and "qualifications". Once what they perceived as their own interests i
s protected, the rest does not matter. You know, Jean-Marie, we have many Conzés still roaming around!

Serge
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Li pa twò ta .....konpatriyòt

Postby jafrikayiti* » Tue Feb 22, 2005 9:27 am

Malcom was assassinated for a simple phrase: "Chicken coming home to roost".

In as much as it pains me to be thinking about this sentence in the context of the call below issued by Camille Charlmers, a man I USED to hold in such high regards, I must say that this latest pathetic call for help to preserve his precious "affranchis privileges" in the neo-colony makes me angry and sad beyond belief.

Just like my other "models" of the Haitian progressive community disappointed me bitterly by their complicit silence when fellow musician TiPaille was brutally arrested, left to rot in Latortue's jail for months made me sad and angry. Yes, dear friends, I want to understand why? Why so much hatred towards the very people you have always seemed to defend in your songs, in your speeches, in our private talks with each other?

Can your personal clashes with the person of Jean-Bertrand Aristide be so grave an
d important that the whole population that once stood beside you to defend the democratic principles in Haiti ought to be disappeared by the repressive white supremacist machinery ... as long as your very own precious affranchis privileges remain safe and secure?

No Lòlò, no Camille, no Lody, no Daly, no Lilianne, no.... I cannot believe that you guys are so angry that you cannot realise that unlike what Boukman Eksperyans was singing a couple of carnivals ago.... "yo blow" nou. Wi yo reyisi blow nou tout alawonnbadè. Yo itilize diferans opinyon nou genyen antrenou pou yo mete peyi nou anba bòt kolon. Yo itilize konfli pèsonèl ki pa gen anyen arevwa ak lavi nasyonal pou yo fè nou bliye kisa G 184 reprezante, kisa LAME FRATRA te toujou fè nou sibi. Yo reyisi "blow nou" Lòlò.

Jounen jodi a, apre yo fin masakre plizyè santèn malere nan Bèlè ak Site Solèy..... Mwen pa konnen konbyen manm "Partycool" - ti bannapye Bèlè a yo touye. Nou pa konnen konbyen ansyen fanatik Boukman ki nan prizon.... Mwen s
onje kijan R.A.M te kouri fè demach pou defann manm R.A.M yo te arete. Li te fè gwo rèl anmwey sou lis Corbett la pou sa. Men, lè nan menm semenn nan mwen te mande pou solidarite atistik sa a manisfeste tou anfavè Ti-Paille, ni RAM, ni Wyclef ki rantre Ayiti menm semenn nan pa fè anyen (ofisyèlman antouka) pou mande jistis pou Ti-Paille. M ap tou pwofite di nou mwen pa konnen Ti-Paille. Mwen pa janm gen chans rankontre kanmarad lan nan vi mwen. Men, mwen kwè li klè, se nan yon sezon diktati rasis, anti-pèp n ap viv la a. Si nou pa ka montre solidarite nou odela koze klas sosyal.... pou noumenm ki gen privilèj "respektabilite" nou nan sosyete a pou nou defann sila yo ki toujou "jije koupab davans" yo, nou sètoblije admèt tout diskou pwogresis nou yo te sou blòf.

Mwen pa vle kwè sa. Ojis mwen pa kwè sa ditou. Paske mwen sonje limyè senserite mwen te konn wè nan je Lòlò ak Manzè, nan je Lililianne lè mwen te kwaze ak li nan Montreal.

Kidonk, m ap fini ti rèl osekou sa a, pou mwen di konpatriyòt Ca
mille Charlmers ak anpil senserite, san mechanste, li lè li tan pou li denonse KRIM fòs okipasyon rasis lan ap komèt kont abitan Bèlè ak Site Solèy....KRIM yo fè dirèkteman, osnon palentèmedyè PNH yo di y ap bay jarèt la. Paske toutotan li pa fè sa, rèl anmwey li fè osijè okipasyon espas lavi prive li nan katye pezib li a, sonnen tankou manifestasyon Afranchi yo an 1791 ki te vle jwi privilèj yo.

Viv yon Ayiti kote tout Ayisyen viv tankou FRÈ ak SÈ TOUT BON VRE !

Monsieur Gérard Latortue
Premier Ministre du Gouvernement provisoire d'Haïti
Monsieur Juan Gabriel Valdez
Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies
Responsable de la MINUSTAH

Lettre Ouverte

Port-au-Prince, le 20 Février 2005

Le samedi 19 février 2005 nous avons reçu en notre résidence la visite intempestive d'un membre de la CIVPOL / MINUSTAH. Il venait récupérer les formes distribuées trois mois plus tôt pour collecter des informations permettant de planifier le contrôl
e du quartier. Il nous a annoncé que les mesures de fermeture du quartier seraient effectives à partir du lundi 21 février en vue d'assurer la sécurité des agents des Nations Unies. Cette nouvelle situation implique de sérieuses restrictions à notre citoyenneté nous transformant en prisonniers dans notre propre résidence et dans notre quartier placé sous le contrôle permanent des agents de la force onusienne.

Le quartier concerné fait le lien entre Bourdon et Christ Roi et facilite le transit des véhicules, de nombre d'écoliers et de passants. Cette route est désormais fermée à toute circulation. Tous les riverains et en particulier, les membres de notre famille et ceux qui fréquentent quotidiennement notre maison devraient porter des badges de la MINUSTAH. Tous nos véhicules devraient aussi être munis d'un badge d'identification émis par la MINUSTAH. Tous nos visiteurs devraient s'identifier aux postes de contrôle et recevraient un laisser passer pour le temps de la visite. L 'agent de
la CIVPOL qui nous a visité a même osé nous demander la liste des personnes susceptibles de nous visiter.

Nous avons appris également que des voisins avaient été l'objet d'une enquête effectuée, sans leur consentement, visant à déterminer la fréquence des visites qu'ils reçoivent chaque jour.

Nous considérons qu'il s'agit d'une violation inacceptable des droits fondamentaux de tout citoyen de jouir de la liberté de se déplacer sans contraintes. Ces droits sont garantis par les chartes internationales et par la Constitution haïtienne. Nous ne pouvons accepter que notre vie privée soit gérée par des agents de la MINUSTAH.

De quoi s'agit-il ? Depuis le mois de juillet 2004 la MINUSTAH a loué les locaux de l'hôtel Villa St Louis pour y installer des bureaux. Nous pouvons comprendre qu'il soit nécessaire de sécuriser le bâtiment mais nous ne pouvons accepter que ces agents des Nations Unies se comportent en pays conquis et décident que l'ensemble du quartier devienne aussi leur prop
riété privée. Nous sommes de paisibles citoyens occupant une résidence familiale établie dans ce quartier depuis plusieurs décennies.

Notre quartier a toujours été relativement paisible et la présence de ce bureau est à l'origine de nombreuses nuisances pour les riverains au cours de ces derniers mois. Nous assistons quotidiennement au défilé d'un grand nombre de véhicules tout-terrain cherchant à se garer dans un quartier peu habitué à cette charge importante de véhicules de grosse cylindrée. Nous avons déjà adressé une lettre de protestation suite à des conflits récurrents qui nous opposent aux conducteurs de ces véhicules. Les véhicules de la MINUSTAH obstruent la circulation, se mettent souvent devant l'entrée de notre résidence et gênent le va et vient de nos véhicules et de ceux de nos visiteurs. Les accrochages qui se sont produits en maintes fois avec les agents de la force onusienne ont souvent été caractérisés par l'arrogance classique des occupants teintés de discours racistes et anti-fe
mmes : « c'est parce que les haïtiens sont indisciplinés que nous sommes là .. les Haïtiens n'ont rien dans la tête.», « Quiconque détient une licence méritée peut transiter dans ce passage » etc.

HAITI est membre fondateur des Nations Unies et suivant les discours officiels, cette mission fait partie des mécanismes mis en place pour appuyer les efforts de stabilisation de la démocratie. Cependant de nombreux comportements s'inscrivent plutôt dans une logique d'occupation avec ses composantes d'abus de la force, de mépris, d'arrogance et de déni des droits des populations. Face à cette situation, au nom de notre choix de vivre dans notre pays comme citoyen-nes libres, déterminé-és à aimer et construire notre pays, déterminé-es à inculquer à nos enfants les valeurs fondamentales liées au respect de soi et de son pays, à l'amour de notre culture et à la défense de notre dignité nous voulons signaler :

1.- Il n'est pas normal que ce soit des agents de la MINUSTAH et de la CIVPOL qui nég
ocient (imposent) nos conditions de vie et limitent nos droits de libre circulation. Si des changements devraient intervenir dans le quartier, nous aurions du être contactés par des agents autorisés de la PNH ou de toute autre institution haïtienne. Cette prise en charge par la MINUSTAH de la gestion d'un quartier résidentiel dénote une perte de souveraineté de l'État haïtien qui doit assumer ses responsabilités envers les citoyens haïtiens.

2.- Le mandat de la MINUSTAH est de contribuer à sécuriser le pays et à établir les conditions d'une démocratie stable. Cela ne l'autorise pas à réglementer la vie des citoyens dans leur espace privé. Comme on peut le constater cette coûteuse mission jusqu' à date n'arrive pas à travailler au désarmement des bandes irrégulières et ne parvient pas à sécuriser les espaces stratégiques comme le sont le Palais National et le Pénitencier. L'évasion spectaculaire du samedi 19 février est une preuve d'inefficacité de la présence onusienne qui passe à côté du
mandat défini par le Conseil de Sécurité et en même temps affiche un déploiement de moyens qui font insulte à la misère et à l'insécurité qui prévalent.

3.- Les citoyens des quartiers comme l'avenue Martin Luther King, l'avenue Poupelard, l'ave John Brown sont victimes en permanence d'attaques et d'agressions de toute sorte déstabilisant leur vie quotidienne, perturbant leurs activités économiques et sociales, compromettant la scolarité de milliers d'écoliers. Il nous semble que ces quartiers qui ne se trouvent qu'à quelques centaines de mètres de chez nous pourraient être sécurisés par la simple présence de patrouilles régulières. Ces quartiers sont livrés à eux-mêmes malgré l'existence des troupes spéciales cagoulées de la PNH et malgré la présence dans le pays de soldats et de policiers dépêchés par les Nations Unies. Quel est le concept de sécurité priorisé par la MINUSTAH et POUR QUI?

4.- Nous ne sommes pas des criminels. Nous ne sommes pas des suspects. Nous n'acceptons pa
s de vivre en Résidence Surveillée. Nous n'acceptons pas que nos enfants, notre famille portent des badges émis par la MINUSTAH pour rentrer chez nous. Nous n'acceptons pas ce système d'apartheid. Nous n'acceptons pas que notre vie privée soit placée sous le contrôle des agents étrangers. Ce coin de terre est le seul espace où nous pouvons jouir pleinement de nos Droits. Toute mesure visant à sécuriser le bâtiment que la MINUSTAH occupe est légitime mais doit être compatible avec l'exercice des libertés citoyennes de tous les riverains et de leurs visiteurs.

5.- Si les responsables de la MINUSTAH estiment que le bâtiment ne peut être sécurisé sans violenter la vie privée des riverains ces locaux ne devraient pas se trouver dans un quartier résidentiel et devraient être déplacés pour être accueillis dans une base militaire offrant les conditions de sécurité recherchées. On ne peut pas imposer aux citoyens des conditions de vie de camp militaire.

Les dirigeants du bureau de la MINUSTAH
que nous avons rencontrés nous ont bien fait comprendre l'irrévocabilité des mesures arrêtées et qu'ils avaient l'autorisation formelle du Gouvernement haïtien pour les implanter. Nous , de notre côté, restons confiants de notre droit de vivre dans la dignité dans notre pays, dans notre quartier, dans notre maison. Nous affirmons notre volonté de continuer à nous montrer conséquents comme nous l'avons fait toute notre vie. Nous resterons fidèles à nos valeurs de liberté, de dignité, de fierté de notre identité haïtienne, de croyance en l'avenir de notre pays et de notre peuple.

Nous demandons aux responsables de la MINUSTAH de produire des recommandations mieux adaptées et de prendre des mesures pou revenir sur ces dérives arbitraires et rétablir la force du Droit.

Nous appelons le gouvernement haïtien à faire respecter nos droits de citoyen de vivre libres car nous n'accepterons pas de nous plier à ces mesures illégales.

Nous sollicitions la manifestation de solidarité de nos
compatriotes de tous les secteurs pour que notre cri d'indignation et de protestation résonne dans les cours et les têtes pour que nous nous engagions tous et toutes à construire résolument ce pays.

Ce n'est pas une bataille privée. C'est la manifestation d'un acte d'occupation que nous devons récuser. Nous ne serons jamais respectés comme individus si nous ne retrouvons pas le sens de la solidarité et si nous ne nous attelons pas à restaurer collectivement notre dignité de peuple.

Yolette Etienne
Camille Chalmers
Rue Mercier #20, Bourdon
Tel : 245 9514 - 402 3702

CC : Mr Bernard Gousse
Ministre de la Justice

Mr Leonce Charles
Directeur Général de la Police

Aux organisations de Droits Humains : NCHR, POHDH

Aux membres du Cabinet ministériel
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Postby Serge Bellegarde* » Tue Feb 22, 2005 11:25 am

Kanmarad Jaf,

Ou gen anpil rezon reaji jan ou reaji a. Malerezman, lè nap boule ak moun ki pa gen vizyon, ki, jan w di a, se yon rayisman pou yon moun ki dirije tout reyaksyon yo, se nan sityasyon sa ou rive.

Koulye a ke fòs kolonizasyon yo ap vale teren, nèg koumanse wè yo jenen tout bon, paske vi pa yo koumanse afèkte anpil anpil. Men se koulye a sèlman tou yap reyalize nan ki kalite twou yo kontribye pou mete Ayiti. Sa ki pi grav la, yo pap gen kouray pou yo denonse sa kap pase a. Se nan sityasyon ou wè de moun tankou Liliane, Marvel Sony nan Kiskeya, yon pakèt lòt mizisyen elatriye. Se "Motus et bouche cousue". Silence, on tue!

Sa se gwo kalamite! Sa bay yon lide sou gravite kriz lidèship nan peyi a!

Kenbe fèm!

Serge
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