C’est bon, je ne puis me retenir d’avantage. J’apporte ma première contribution à cette belle discussion.
Avant de commenter sur quelques unes des interventions qui m’ont particulièrement interpellé, je voudrais partager avec vous une réflexion tirée d’un autre site qui, je trouve, résume assez bien la situation:
“nous vivons une nouvelle époque où la légalité internationale est facilement bafouée, prélude à l'érosion des légalités nationales. On ne refuse rien aux plus forts. Malheur aux plus faibles! Mais le temps de l'injustice annonce aussi celui de la résistance”
voir ”UN COUP D'ETAT POUR çà!”:
http://haitiechanges.free.fr/reflexion.htm Serge a écrit:
“il y a tant de groupes ayant des intérêts si disparates qu'il n'est jamais facile de déterminer qui est responsable de quoi; qui contrôle quoi et qui agit au nom de qui? Le seul dénominateur commun semble être
: l'élimination, la disparition de Lavalas de la scène politique, d'où la répression tous azimuts qui se déroule dans les quartiers populeux, bastion de Lavalas…Marc Bazin qui disait que Latortue n'a jamais rien compris au mandat qui lui avait été confié d'encourager l'union et de préparer les élections.”
Et, à l’instar de Bouli, je pose la question suivante : « et si Latortue n’avait que trop bien compris son mandat? Et si son mandat fût justement l’élimination de l’élément gênant de la donne Haïtienne, une « populace trop impliquée et intéressée dans affaires lui concernant » ?
La répression assortie d’arrestations, de bastonnades, d’emprisonnement et de tueries qui a lieu présentement en Haiti, particulièrement au Bélair, n’est pas spontanée mais bien planifiée. Nous devons prendre note du fait que quelques jours avant les derniers raids sur le Bélair, ce qui faisait l’actualité en Haiti, c’était le conflit ouvert entre la force de police et les membres de l’armée répressive dissoute en
1994. Policiers enlevés, militaires tués etc… d'un coup Bajeux accuse Lavalas de décapitation de policiers et voici tous les ennemis d'hier se réconcilier pour mieux anéantir le "chimè inconnu".
Bouli a proposé:
“ “Voices of Iraq”, une bonne recette pour désamorcer ce massacre prévu en Haïti. On pourrait créer un réseau de communication comme le journaliste Eric Manes a fait en Iraq, envoyer des mini camera au pays et produire des clips couvrant l’actualité chez nous…”.
Très bonne idée…que d’ailleurs j’espère être déjà en développement au pays. Mais, si un tel effort doit porter fruit, nos frères et nos sœurs qui, au risque de leurs vies récoltent ces images, doivent aussi bénéficier du soutien réel de nous autres qui sommes en diaspora afin de permettre une large diffusion de ces images. J’apporte cette précision car, à mon avis, les jeunes du Bélair ont déjà risqué beaucoup afin de faire filtrer des vérités troublantes sur
www.blackcommentator.com ,
www.democracynow.org ou
www.haitiaction.net etc… Mais, de notre côté, nous qui vivons en diaspora, il existe encore une certaine timidité qui nous rend inefficace dans la lutte contre l’intoxication et la desinformation….je crois que c’est dû principalement au fait d’avoir été si longtemps assommés par la propagande raciste, eurocentrique et classiste qui veut transformer des putschistes-anarchistes en « investisseurs victimes » tandis que les véritables victimes de la répression et de l’arnarchie renforcée se font dépeindre en « chimè », sauvages et décapiteurs.
Jonas nous a rappelé ceci:
“Savez vous qui sont maintenant au département de l'intérieur, travaillant pour Hérard Abraham? L'on trouve l'ancien colonel Henri Mac Charles de la junte exterminatrice de 91-94 et l'ancien général Williams Regala, l'artisan de la répréssion 86-90.
Et je rejoins aussi l'observation faite par Patrick Elie. Il me semble vraiment "fishy" que des militants Lavalas attaqueraient la Police Nationale. Ce serait vraiment le comble
de la stupidité”.
Merci Jonas ! il est en effet important de maintenir les yeux grands ouverts et se rafraîchir la mémoire de temps à autres sur les étapes franchies avant d’arriver au présent carrefour – sinon, nous serons constamment essoufflés essayant de déchiffrer l’actualité.
L’Objectif principal de l’administration de facto est le rétablissement de l’ordre « Apartheidique » en Haiti. L’appareil représsif (FAdH, FRAPH, NINJA, etc…) représente une pièce maitresse de cet « ordre ». Donc, toute chose concourre au bien de ceux qui aiment l' « ordre »
Nous continuons de temps à autres à vérifier le document de du spécilaiste militaire Américain Donald Shultz afin de mieux cerner ou nous sommes arrivé dans les plan de rétablissement du désordre apartheidique qui caractérise notre pays depuis tant de décennies.
Ce n'est pas lecture vaine...
http://www.carlisle.army.mil/ssi/pdffiles/PUB39.pdfVoyez la page 21 la section “Things Fall Apart 5 scenarios”. C’est l
e cas de dire que des efforts considérables ont été déployés afin de s’assurer la réussite d’un échec programmé en Haiti.
Le premier jour du mois écoulé Haiti-Progrès titrait “Qui Manipule les militaries” ….
http://www.haitiprogres.com/2004/sm040901/top09-01.html“
Les ex-militaires s’enhardissent de plus en plus comme nous le rapportions dans notre édition du 18 août dernier («Les ex-militaires sur pied de guerre», Haïti-Progrès, Vol. 22 No 23, 18-24 août 2004). Et ce n’était alors qu’un début. En effet, dans l’après-midi du 27 août, un groupe de plus d’une centaine d’entre eux, conduits par l’ex-capitaine Ravix Rémicinthe, a pris le contrôle du commissariat de police de Petit-Goâve. Les occupants du poste, une dizaine de policiers, ont pris la poudre d’escampette. La Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti), sensée se trouver dans le pays pour «rétablir l’ordre et la sécurité», a attendu environ quarante-huit heures pour dépêcher ses soldats su
r les lieux, mais ces derniers, installés dans des blindés et appuyés par un hélicoptère ont rebroussé chemin, prétendant que c’était en raison de l’appui de la population aux anciens militaires. Pourquoi n’agiraient-ils pas de cette manière face aux sympathisants de Fanmi Lavalas?, c’est à se le demander.”.
Or aujourd’hui nous apprenons comment cette même force ONUsienne accomplit en Haiti la même tâche qu’elle eut à accomplir au Congo autour du renversement de Patrice Lumumba….aider à consolider le pouvoir des putschistes qui ont renversé un gouvernement constitutionnel en réprimant la population qui refuse encore à ce soumettre au « désordre rétabli »
Comme s'il s'adressait particulièrement aux Haitiens, Nelson Mandela, disait récemment :
we now live in a world where powerful countries - all of them so-called democracies - manipulate multilateral bodies to the great disadvantage and suffering of the poorer developing nations
.
Alors, nous pouvons tous comprendre ces propos de notre compatriote Jean-Marie Florestal:
Il y a beaucoup d'evidence que son depart a ete ordonne par la communaute internationale. A moins qu'on soit drogue ou naif, c'est difficile d'imaginer qu'en Haiti un groupe ou la population entiere a les moyens pour defaire ou vaincre la volonte internationale. C'etait possible en 1804, mais pas aujourd'hui. Les supporters du president Aristide feraient mieux de promouvoir un nouveau leader avec les memes aspirations pour son parti pour porter la baniere dans le futur
.
Propos que nous comprenons sans pour autant les partager. Car, s’il est si évident que les BLANCS (car il faut bien commencer à parler franc enfin!) ont planifié et dirigé ce changement de régime par coup d’état multinational. Il est aussi évident que notre responsabilité en temps que fils et filles de la nation Haitienne est de resister ce crime encore en progression. Il ne nous revient pa
s le luxe de l’analyser comme si nous étions des chercheurs universitaires ou des journalistes curieux, intéressés par le sujet et non nécessairement interpellés. Nous n’avons d’autres choix que de nous efforcer à croire et à agir de sorte que 1804 devienne possible en 2004, que la population d’Haiti arrive à trouver « les moyens de défaire et de vaincre la volonté "internationale" » - by all means necessary ! Car, cette volonté du klan multinational est pour nous génocidaire. Nous ne saurons accepter notre disparition collective sans y opposer une lutte acharnée. Il est inacceptable qu’encore l’on nous présente le crime du 29 février 2004 comme étant le renversement du Président Jean-Bertrand Aristide. Il s’agit de bien plus que cela. Nous le disions avant le coup d’état, nous le disons encore….le klan d'imposteurs qui se font appeler « communauté internationale » a des relations de sang et d’affaires avec les imposteurs qui se font appeler « élite économique » en Haiti. Ils ont planifié et sont en trai
n de mettre à exécution l’élimination de la population appauvrie et marginalisée d’Haiti dans les affaires qui lui regarde sur le territoire qui de plein droit lui appartient.
Le KLAN qui attaque Haiti n’est pas véritablement international. Il s’est accaparé du manteau des Nations Unies, de la manière que nous savons….et nous étions tous aussi vivants lorsque le CARICOM, le Congressional Black Caucus, les plus de 50- états de l’Union Africaine y comprit l’Afrique du Sud de Thabo Mbeki, la majorité des États de l’Amérique…..ont tous condamné ce sanglant coup d’état dont les visées racistes puent à des kilomètres de distance. Les Néo-colons persistent dans leur arrogante entreprise parce que notre silence les réconforte.
Jafrikayiti
"We will have to repent in this generation not only for the hateful words and actions of the bad people but for the appalling silence of the (so-called) good people !" - Dr. Martin Luther King