Le président élu René Préval convie la presse à la concertaion avec différents secteurs
Agenda pour les 12 premiers mois de son mandat
Posté le mardi 9 mai 2006
Par Radio Kiskeya
Le président élu René Préval a invité mardi la presse nationale à se joindre à lui dans un vaste mouvement de concertation qu’il dit avoir lancé en vue de l’élaboration d’un agenda national pour au moins les 12 premiers mois de sa présidence.
Lors d’une rencontre mardi matin en sa résidence à Canapé Vert avec les directeurs de l’information de la plupart des medias du pays, notamment de la capitale, le prochain chef de l’Etat a estimé que la concertation dont il s’agit va déjà bon train et devrait se poursuivre sous sa présidence entre les pouvoirs publics et différents secteurs, de même que entre ces secteurs eux-mêmes ou au sein de ces derniers.
Il a donné en exemple des discussions qui se sont tenues entre le secteur privé et le secteur populaire (regroupant des organisations populaires lavalas) autour de la question du prix des produits pétroliers. De cette manière là, dit-il, les décisions qui seront prises tiendront compte de l’avis des secteurs et contribueront à réduire les conflits.
Mettant l’accent sur la mission du Parlement, il a relevé que rien n’existe dans la réalité, en dehors du fauteuil du parlementaire, pour permettre à ce pouvoir d’accomplir véritablement sa mission. Il appelle en ce sens la société civile à mettre en place une structure d’appui aux parlementaires, de sorte que leurs décisions soient mieux motivées et qu’ils soient eux-mêmes mieux imbus des multiples problématiques soumises à leur appréciation. L’Exécutif devrait également bénéficier d’un tel appui, de l’avis de M. Préval.
L’objectif d’une telle approche, comprenant concertation et appui aux institutions publiques, est de faire en sorte qu’un agenda défini par les haïtiens eux-mêmes soit arrêté et puisse être mis à la disposition du prochain gouvernement. « Il faut que ce soient les grandes options définies par la nation elle-même qui soient prises en compte. Ce ne doit pas être l’affaire du président. Je ne suis nullement intéressé à une réussite personnelle », a fait savoir M. Préval.
« La plupart des problèmes qui se posent aujourd’hui résultent du manque de dialogue et de concertation. On ne sortira pas Haïti de l’état dans lequel il se trouve en dehors de la concertation, sans que cela signifie que les contradictions vont disparaître », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi, je n’utilise pas le mot de réconciliation. Il faut parvenir, par-delà les différences, à trouver un terrain d’entente sur la plupart des questions d’intérêt national ».
Présents à la rencontre, l’industriel Grégory Mevs et le représentant du secteur dit populaire, René Momplaisir, ont fait état d’une rencontre entre leurs secteurs respectifs qui s’est déroulée dans le respect mutuel. Des discussions fructueuses, selon eux, qui ont porté sur de nombreuses questions et qui ont permis qu’ils se comprennent mieux, désormais.
Ils ont conjointement lancé un appel pour que les journalistes presse, non seulement appuient leur processus de dialogue, mais participent à ce processus, à la fois à titre de membres d’une corporation et de citoyens conscients des graves problèmes actuels.
M. Préval a enfin mis l’accent sur la nécessité que les haïtiens démontrent leur capacité à s’entendre, de sorte à devenir de véritables partenaires et interlocuteurs pour les bailleurs de fonds internationaux et les pays dits « amis d’Haïti ». Il estime qu’il n’existe pas une coopération internationale dont il faut absolument accepter le diktat. Notre problème, c’est que nous ne proposons pas, ajoute-t-il.
Faisant allusion, sans les citer, aux pays qui se sont auto-proclamés « amis d’Haïti », le président élu a revendiqué le droit pour Haïti d’en choisir. En ce sens, il a mis l’accent sur une coopération active entre lui et le groupe ABC (Argentine, Brésil, Chili) autour de l’expérience de ces pays en matière de développement, soulignant à maintes reprises le fait que le président argentin Nestor Kirchner a pu rembourser entièrement la dette de son pays au Fond Monétaire International ( FMI)..
Sur les risques de son rapprochement avec Cuba et le Venezuela, M. Préval a souligné le fait que 900 boursiers haïtiens étudient à Cuba. « Il y a des pays riches qui pourraient multiplier ce nombre par 100. Qu’ils le fassent et ils verront si je ne suis pas également leur ami », a fait savoir le prochain chef de l’Etat haïtien.
Concernant le programme Petrocaribe, il a souligné le fait qu’il n’en fait pas une affaire personnelle. « J’y ai associé le secteur privé qui sera signataire du contrat », informe-t-il.
Les journalistes présents ont exprimé leur point de vue sur les facteurs qui devraient présider à de meilleurs rapports entre l’Etat et la presse. Outre la mise en place de canaux de communication entre les deux secteurs, d’autres questions ont été agitées, telles le support de l’Etat à la presse comme institution, le respect de la liberté de la presse, l’encouragement à l’esprit de tolérance, l’aide à la formation des journalistes, etc...
M. Préval qui était accompagné de son proche conseiller Robert Manuel et de Me Joseph Jasmin, membre de la Plate Forme Politique LESPWA sous la bannière de laquelle il a été élu, a promis une nouvelle rencontre avec la presse après son investiture. [jmd/RK].
Radio Kiskeya
