DECLARATION DE GERARD BISSAINTHE A LA SUITE DE SA REVOCATION

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DECLARATION DE GERARD BISSAINTHE A LA SUITE DE SA REVOCATION

Post by admin » Wed Dec 15, 2004 12:59 pm

De: Robert Benodin
Fecha: 12/14/04
Para: *RDNP4 News
DECLARATION DE GERARD BISSAINTHE A LA SUITE DE SA REVOCATION POUR AVOIR REFUSE DE DONNER UN CHEQUE ZOMBI AU FILS DU PRESIDENT JEAN BONI ALEXANDRE

Ainsi que j'en avais informé le public, après un appel de mon ami de longue date le Premier Ministre Gérard Latortue, appel qui avait pour but de mettre fin à une grave divergence entre nous deux, j'avais accepté d'occuper un poste dans le Gouvernement haitien actuel. Le poste qui me fut offert et que j'acceptai, a été celui de chef de la Mission Permanente d'Haiti auprès de l'Organisation des Nations Unies à Genève.

J'occupai le poste dès le mois de septembre 2004. Le lendemain même de mon arrivée, le Chargé d'Affaires a.i. qui avait géré la Mission avant moi et qui faisait aussi office de comptable, pa
ssa en coup de vent dans mon bureau pour me dire qu'il allait faire un dépôt bancaire dans le compte de M. Jean Boni Alexandre. Je n'eus pas le temps de réagir. A son retour il m'expliqua clairement qu'il venait de verser la somme de 9000 (neuf mille) dollars, soit deux mois de salaire à ce fonctionnaire de la Mission. Or on avait déjà porté à ma connaissance que ce fonctionnaire avait été absent pendant ces deux mois et n'était venu que pour toucher son salaire. Nous étions donc devant un cas typique et patent d'emploi fictif ou comme nous disons en Haiti, de "chèque Zombi". Je dis au comptable qu'il assumait seul la responsabilité d'avoir payé ce fonctionnaire absentéiste pour cette fois-ci, étant donné qu'il ne m'avait pas demandé mon autorisation et que cela ne devait plus se reproduire.

Le fonctionnaire en question qui avait donc fait le plein, resta à peine quelques jours, ne s'occupa jamais d'aucun des dossiers qui lui étaient confiés et un beau matin disparut dans la nature sans tam
bour ni trompette.

A la prochaine distribution de salaires il va sans dire qu'il n'eut droit qu'à ce à quoi il avait droit pour n'avoir rien fait, c'est à dire rien. Par contre je jugeai bon d'améliorer les salaires très insuffisants des autres employés qui tous faisaient bien leur travail, parfois très tard le soir; l'amélioration et des réajustements furent faits en fonction de l'importance de leurs fonctions et/ou de leurs mérites.

A la troisième distribution de salaires, M. Jean Boni Alexandre se manifesta enfin. Frais comme une rose. Apparemment comme son compte en banque n'avait pas été approvisionné en son absence, ainsi qu'il s'y attendait, il venait aux nouvelles. Je lui expliquai que de sérieuses raisons de famille auraient dû lui faire comprendre qu'au lieu de s'attendre à des privilèges, il devait donner l'exemple: "noblesse oblige". Je pensais que cette fois-ci il était disposé à rester et j'étais moi-même disposé à arranger les choses graduellement, s'il se mettait
à travailler. Il ne se passa pas plus de deux jours qu'il disparut de nouveau dans la nature, toujours sans avoir jamais fait le moindre travail. Il va sans dire qu'il ne fut pas plus payé pour cet exploit qu'il ne l'avait été les autres fois.

Par ailleurs, je demandai à M. Alexandre s'il avait un poste en dehors de la Mission ; il me dit qu'effectivement il était salarié en tant que chercheur dans une entreprise de la région parisienne ou il résidait et qu'il n'avait aucun problème économique.

On essaya de m'expliquer qu'à ce niveau de relations parentales avec des autorités suprêmes de la nation, on a le droit de faire ce qu'on veut. Dans le régime lavalassien cela se disait ainsi: "virer bonda ou jan ou vlé, pays a sé pou ou". J'ai toujours envié les gens dont le bonda avait cette dextérité. Il me fut aussi expliqué en haut lieu clairement et sans ambages que si je refusais son salaire à cet absentéiste de haut lignage, cela pouvait me coûter mon poste. Cette menace directe ne f
it que m'ancrer dans ma décision de ne pas céder sur le principe qu'un fonctionnaire de l'Etat, fût-il le fils de Jupiter, doit travailler pour son salaire.

Le Ministre des Affaires Etrangères a tenu à me faire savoir au téléphone que la décision de me révoquer qui était arrivée hier matin, portée par un messager officiel, venait directement du Chef de l'Etat. Je sais d'avance qu'on inventera mille prétextes pour expliquer cette révocation. Le public doit cependant savoir qu'elle n'a qu'une seule et vraie raison: "Je refuse absolument qu'une somme de 4500 (quatre mille cinq cents) US dollars soit versée chaque mois à un fils de président qui avec désinvolture et sans le moindre scrupule veut venir toucher un soi-disant salaire après n'avoir pas bougé le petit doigt pour le mériter, pendant que d'autres dans le même bureau sous-équipé en personnel, se tuent parfois au travail. Et je pense que c'est une insulte qu'on ait pu s'imaginer une seconde que j'aurais pu céder à une telle immoral
ité, pour ne pas dire à un tel scandale." Tout le monde parle de la corruption qui règne dans beaucoup de secteurs du gouvernement d'aujourd'hui. Je n'ai pas la prétention de pouvoir la combattre dans sa totalité. En attendant j'ai fait ce qui est en mon pouvoir: j'ai balayé celle que j'ai vue devant ma porte.

Je quitte la Mission de Genève la tête haute. Je regrette seulement de ne pouvoir continuer à travailler sur des dossiers d'une importance capitale pour le pays et dont je suis le seul parfois, par manque de personnel, à connaître tous les détails. Je regrette aussi les employés méritants que j'ai eu le plaisir de rencontrer dans la mission. Ils ont eu et continueront sans doute à avoir l'héroisme tout bête d'être tous les jours à leur travail à l'heure et de faire ce qu'ils avaient à faire et bien souvent bien plus que ce qu'ils avaient à faire, comme c'est le cas, je le sais, de beaucoup de personnes dans notre fonction publique. Ils sont tous affreusement mal payés dans un pays o
ù la vie est horriblement chère. Evidemment aucun d'eux n'est fils ou fille de président.

Gérard Bissainthe
Genève 12 décembre 2004

P.-S. Je sais, le tenant de lui, que M. Chenet St Vil, vient de perdre son poste de Chargé d'Affaires de la Mission d'Haiti auprès de l'OMC à Genève. Les raisons, les vraies, sont connues de tous à Genève: il avait repris à M. Jean Boni Alexandre l'appartement de fonction que ce dernier détenait sans y avoir droit, puisque cet appartement était de droit attaché au poste de Chargé d'Affaires auprès de l'OMC, donc revenait à M. Chenet St Vil.

Au dire de tous ceux qui m'ont parlé de lui, M. St Vil était un fonctionnaire remarquablement compétent, sérieux et dévoué.

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Post by admin » Mon Dec 27, 2004 5:27 am

Accusé par le Premier Ministre d'avoir géré anarchiquement les fonds de la Mission d'Haiti à Genève, Bissainthe a mis sur Internet cette réponse que nous reproduisons ci-dessous.

L'équipe de Haiti-Update
(Haiti, USA, Canada, France, Dominicanie)


Mise au point de Gérard Bissainthe
__________________

Il ne s'agit pas d'une "Affaire Bissainthe" mais du "Scandale Alexandre père et fils"

Plutôt que de se lancer dans des assauts d'éloquence populacière pour essayer de sauver la peau ou plutôt toutes les peaux actuellement menacées parmi nos décideurs nationaux, les hauts dignitaires de notre État devraient d'abord se prescrire de garder une certaine dignité et une certaine cohérence et surtout d'apporter au public des faits. J'ai eu vent d'interventions de quelques uns de n
os hauts dignitaires. Concernant les reproches qu'ils me font je voudrais seulement préciser ceci:

Le Chargé d'Affaires qui m'a précédé et qui gérait absolument seul (une déclaration signée de son assistant, Yves Marcello, en fait foi) les comptes de la Mission dans une parfaite opacité, avait refusé formellement et obstinément d'initier une personne membre de la Mission désignée par moi aux détails de la comptabilité de ce service de l'État. C'est à ce moment-là qu'il s'est rebellé, a prétendu qu'il ne prendrait pas d'ordre de moi. Comme il ne peut y avoir deux coqs dans la même gaguerre, je lui signifiai qu'il devait ou m'obéir ou ne plus mettre le pied à la Mission. Il opta pour la solution la moins fatigante de rester chez lui (à signaler que ce monsieur ne travaillait déjà que trois jours par semaine pour un plein salaire, en fait le salaire le plus élevé de la Mission). D'après ce qui me fut dit plus tard, il entra en contact téléphonique avec le Ministère des affaires Étrangères (
MAE), sans doute pour se plaindre. C'est alors que sans aucune intervention de ma part auprès du MAE, arriva le jour même sa lettre de révocation du MAE. Dépourvu de toute indication sur la gestion de la Mission, je fus obligé de naviguer à vue et de prendre sur le tas, en utilisant mon bon sens et mon sens de la justice, les décisions qui s'imposaient.

Certains disent: il fallait faire un rapport au MAE. Ce rapport n'était pas nécessaire pour la simple raison qu'en quittant Port-au-Prince j'avais reçu une consigne formelle et précise des services du MAE: <<On t'envoie là-bas pour mettre de l'ordre dans cette "gargote". Aie les yeux d'abord et surtout sur Jeannot Hilaire, parce que rien n'est clair avec ce type. Examine de près sa comptabilité. En général quand on me demande de mettre de l'ordre, je ne me le fais pas dire deux fois. Je sais aussi que mettre de l'ordre c'est toujours une sorte d'opération à risques: mais j'ai pour habitude d'assumer.

Je propose à toute
s les autorités impliquées dans le présent scandale de prendre le temps de se réunir calmement sans se battre les flancs, d'accorder leurs violons et de faire une déclaration commune par écrit qui ait de la dignité et de la cohérence. Je me permets cependant de leur rappeler qu'il ne s'agit pas à Genève d'abord d'une "Affaire Bissainthe", mais d'abord et surtout d'un "Scandale Alexandre père et fils". Ce que le public veut d'abord savoir ce n'est pas si Bissainthe a mis dans sa poche en tout ou en partie le salaire de Jean-Boni Alexandre, bien que la vérité sur ce détail croustillant ne soit pas de nature à le laisser indifférent, mais d'abord comment les susdites autorités ont pu être de mèche pour assurer au fils du président chaque mois un chèque zombi. Je souligne que mon témoignage formel ne porte que sur un versement de 9000 (neuf mille) US dollars, soit deux mois de prétendu salaire, que le comptable-à-la-comptabilité-opaque (service du MAE dixit), à savoir Jeannot Hilaire, a fait au début de
septembre 2004 sur le compte de Jean Boni Alexandre, lequel revenait alors frais comme une rose d'une absence connue de tous, qui avait duré cette fois-ci les deux mois en question. Comment les susdites autorités ont pu concocter une telle combinaison de Gribouille, espérant même rester dans l'impunité?

Si on parle de détournements, je pense que la meilleure solution est de venir avec des faits précis et écrits et de sortir du royaume des zins, des potins, des commérages et des "tripotages". Tout cela est peu digne de hauts dignitaires de notre nation, qui se comportent actuellement comme des marchandes de poissons, une main sur la hanche, en train de déblatérer au coin d'une rue. Il serait tellement plus simple, plutôt que de s'exciter, de rendre publique la comptabilité de la mission, telle que l'envoyé du MAE a pu l'établir pendant son récent séjour à Genève. Et ce rapport doit être un rapport signé, documents à l'appui. Cet envoyé ne m'a jamais reproché de "m'être servi", mais d'avoir
fait des augmentations de salaires et d'avoir utilisé et rémunéré les services de trois consultants pour des tâches précises, sans consulter le MAE.

Ma réponse a été que le MAE envoyait une somme globale absolument sans aucune indication de salaire ou de frais de fonctionnement. On appelait seulement le secrétariat au téléphone pour dire que telle somme avait été transférée; c'est tout. J'ai géré cette somme globale en "bon père de famille", payant ceux qui avaient travaillé, selon leur rang et leurs mérites et ne payant rien à ceux qui n'avaient rien fait: "Ou pa travaille ou pap touché." J'ai augmenté tous ceux qui le méritaient: je ne me suis jamais augmenté d'un centime. Je trouvais proprement scandaleux que, par exemple, deux fonctionnaires de haut calibre, deux doctorants, reçoivent des appointements de beaucoup inférieurs à celui d'un Yves Marcello, un homme sans qualification aucune, dont le seul mérite était de partager un bureau séparé de la mission avec Jeannot Hilaire. Dans ce bur
eau folklorique appelé "Consulat", créé par Jeannot Hilaire à un étage séparé de celui de la Mission, le seul instrument de travail réellement performant était, comme je l'ai déjà dit, une dodine (oui, je n'invente rien), à côté de deux ordinateurs antédiluviens. Cette dodine doit se trouver encore dans le local en question. Que faisaient ces deux fonctionnaires les mieux payés de la Mission? Tenez-vous bien: en moyenne un passeport par semaine (une cinquantaine par an) et parfois un visa par semaine. Aux époques de vaches grasses il y a avait en plus pour les seconder dans ce travail d'Hercule une secrétaire, théoriquement à plein temps, fort bien rémunérée.

Yves Marcello, l'assistant de Jeannot Hilaire dans ce "Consulat", a tenu à signer pour dégager sa responsabilité dans cette pétaudière, une attestation certifiant que Jeannot Hilaire gérait tout seul la comptabilité de la mission et que, contrairement à ce que Hilaire prétend, il n'était au courant d'aucun détail de la comptabilité d'Hi
laire

Le cas de Jeannot Hilaire était tout à fait spécial. Il a été révoqué pour rébellion et, je souligne encore, absolument sans aucune intervention de ma part. Selon toute apparence il ne voulait pas qu'on aille fourrer le nez dans sa comptabilité. Les relevés que j'avais pu avoir de la banque suisse indiquaient de très nombreuses sommes parfois de plusieurs milliers de dollars, prélevées en liquide. Devant cette situation tout à fait exceptionnelle j'ai jugé bon d'ajourner (et non de supprimer) le paiement de son salaire, en attendant qu'un contrôle comptable (un "audit") puisse établir la vérité sur ce cas lui aussi exceptionnel dans une Mission au passé des plus ténébreux. J'attendais mon accréditation pour faire cet audit. Je tiens à souligner ici que je ne porte pas sur Jeannot Hilaire une accusation formelle. Je ne puis pas certifier qu'il ait détourné quelque argent que ce soit. Je dis seulement que sa comptabilité, qu'il était absolument seul à gérer, était opaque. C'est pour cela
qu'il était depuis très longtemps dans le collimateur du MAE.

Pour finir je tiens à faire remarquer que ma mission était de mettre de l'ordre. J'ai mis de l'ordre, mettant fin aux injustices et aux abus (sans avoir moi-même jamais révoqué personne (contrairement à ce que prétend le Premier Ministre qui a dû regarder le dossier à l'heure de la sieste), et je n'avais jusqu'ici reçu pour cela que des approbations voire des compliments. C'est seulement lorsque je suis arrivé au sommet de la pyramide de la corruption qu'on s'est retourné contre moi. Aurais-je dû comprendre que celui qui est assis au sommet de la pyramide a le droit de "virer son bonda" comme il veut, fut-ce comme un ventilateur? Désolé, messieurs, d'avoir ici une "comprenure" plutôt limitée.

Je me proposais de faire de la mission de Genève une mission exemplaire. Je travaillais sur place pour cela avec une excellente équipe: capable et consciencieuse. Malheureusement ce qui est extraordinaire aujourd'hui c'est l'am
pleur du "scandale Alexandre père et fils". Puissent les éléments sains de la nation avoir les réflexes sains qui leur permettent d'apporter une solution exemplaire à ce scandale. Que plus jamais demain aucun président n'ait envie de donner un job et un chèque zombi à sa progéniture. Que ce soit définitivement fini. "Ou pa travaille ou pap touché."


Gérard Bissainthe
26 décembre 2004
bissaint@bellsouth.net

Lemane Vaillant

Post by Lemane Vaillant » Tue Dec 28, 2004 1:05 am

Laissez-moi vous dire que j'ai résisté pour ne pas intervenir dans le conflit qui oppose mon Ainé Capois Gérard Bissainthe qui est aussi mon correspondant , et le Président Boniface Alexandre ( ainsi que Fiston Boni et Latorte ) ..

Quand Leslie Manigat et Louis Noisin ont fait connaitre publiquement qu'ils ont mal traités par Gérard Latortue , je n'ai pas non plus aimé voir ce spectacle public entre de vieux Amis ou Associés politiques , des Septuagénaires montrant peu de sagesse ..

Entre Boniface Alexandre, Gérard Latortue et Gérard Bissainthe aujourd'hui exposés dans un conflit public , ma réaction est identique : Ce spectacle est déplaisant pour la Jeunesse d'Haiti , à un tel point qu'on ne cherche pas à savoir Qui a tort ou raison dans cette affaire ..

Haiti est déjà confronté à tant de gros problèmes d'état urgents et sans solution apparente , tandis que des échéances avancent et qu'on semble foncer tout droit v
ers une plus grande catastrophe politique nationale en 2005 .

Proportionnellement , le cas présent apparait comme une mauvaise diversion nationale ( nonobstant notre considération pour Gérard Bissainthe )

Enfin,
Lemane

Lemane Vaillant

Post by Lemane Vaillant » Wed Dec 29, 2004 9:17 am

From: Haiti-Update
To: lvaillant@sympatico.ca
Sent: Wednesday, December 29, 2004

Bissainthe répond à Lemane Vaillant
qui pense qu'il fait de la diversion

[quote]Pour empêcher que le scandale de Genève
"ALEXANDRE PERE ET FILS"
ne passe aux oubliettes
comme n'importe quel fait divers
de la rubrique des chiens écrasés

par Gérard Bissainthe


J'ai fait mon devoir, à chacun de faire le sien maintenant.

Lemane Vaillant, ce Capois comme moi, dont j'admire la grande sagesse, qui a un art unique de voir en chaque Haitien le bien même le plus caché qui s'y trouve et qui prêche en paroles et en acte la réconciliation nationale, celle que moi aussi j'appelle depuis 1986, Lemane Vaillant m'a quelque peu déçu lorsqu'il a écrit dernièrement sur le forum d'Internet (lemane.vaillant@globalpay.com) qu'il dirige,
cette réflexion désabusée:

Entre Boniface Alexandre, Gérard Latortue et Gérard Bissainthe aujourd'hui exposés dans un conflit public, ma réaction est identique : Ce spectacle est déplaisant pour la Jeunesse d'Haiti, à un tel point qu'on ne cherche pas à savoir Qui a tort ou raison dans cette affaire..

Je ne serais pas étonné qu'un très grand nombre d'Haitiens partagent le point de vue de Lemane et préfèrent dans cette affaire garder leur neutralité. D'autres évidemment préféreront s'en prendre à moi.

Qu'on me permette à propos de neutralité de citer Dante dans La Divine Comédie:
"La place la plus chaude de l'Enfer est réservée à ceux qui aux périodes de crise ont gardé leur neutralité."
Je cite aussi l'Apocalypse:
"Je connais tes œuvres, tu n'es ni chaud ni froid. Plût au ciel que tu fusses chaud ou froid. Mais parce que tu es neutre, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche."

Mais revenons sur notre plancher des vaches appelé aussi notre "vallée
de larmes".

Tout d'abord il ne s'agit pas de déterminer qui a tort ou qui a raison: Bissainthe ou les autres. Il s'agit, sans qu'il soit question de culpablité ou non de Bissainthe, de constater tout simplement l'existence d'un scandale. Un scandale tel que jamais jusqu'ici les autorités du pays n'ont essayé de nier ce fait que Jean Boni Alexandre n'a jamais fourni aucune prestation à la Mission Permanente d'Haiti aupres des Natiuons Unies et qu'il a quand même reçu au moins un soi-disant salaire de 9000 (neuf mille) US dollars. Voilà le fond du problème.

Dans ce cas je demande à Lemane: quel est le spectacle le déplaisant: celui de ma dénonciation d'une scandaleuse sinécure ou celui d'hommes (peu importe leur âge) qui savent fort bien maintenant que le président de la République a, de connivence avec le Ministre des Affaires Étrangères, donné un emploi fictif à son fils, ce que ni le Président ni le Ministre des Affaires Étrangères ni le Premier Ministre n'ont jamais nié, et
qui n'ont pas le courage de demander qu'à tout prix cette affaire soit tirée au clair et que les sanctions adéquates soient prises afin que plus jamais un président de la république n'ait envie de payer un membre de sa progéniture à ne rien faire avec l'argent de l'État.

J'ai bien peur que l'irénisme, la recherche de la paix à tout prix, de Lemane ne le pousse aujourd'hui à souhaiter que cette affaire soit vite étouffée et que la vie reprenne son cours dans notre belle Haiti. Mais, Lemane, est-ce la vie qui va reprendre son cours ou la mort? On devrait s'atteler à d'autres tâches plus pressantes, plus utiles ? Lesquelles? La machine descend une pente infernale et rien ne peut l'arrêter. Dites-moi donc un peu, Lemane, quelle est l'urgence aujourd'hui? Dites aux jeunes exactement ce qu'ils doivent faire. Si la tête est pourrie, lui conseillez-vous de fermer les yeux, de ne pas le constater pour continuer leur chemin. Continuer leur chemin vers quoi? Vers les lendemains qui chantent? Vous
voyez, vous, à l'horizon des lendemains qui vont chanter? Les élections? Vous voyez, vous, des élections avec une insécurité qui augmente chaque jour à une progression géométrique?

Dans n'importe quel pays avec le minimum de démocratie, le dixième du "scandale Alexandre père et fils" aurait déjà tout fait voler en éclats et tous les coupables directs (le Président dont les Affaires Étrangères sont le domaine réservé et le Ministre des affaires Étrangères qui nomme et révoque) auraient déjà démissionné dans la honte. Quant au Premier Ministre on ne voit pâs trop ce qu'il gagne à faire le zouave en essayant de défendre un Ministre des Affaires Etrangères et un Président dans un dossier qui ne relève pas de la primature. Il dit avoir diligenté une enquête. Il aurait fallu faire cette enquête avant la sarabande des révocations, ce qui aurait évité à nos trois hauts dignitaires, ce qui aurait évité au groupe S.A.L. (Siméon, Alexandre, Latortue) de se présenter sur la scène en marchandes de poisson p
our lancer des zins et des tripotages qu'ils sont incapables de documenter.

Je demande qu'on n'oublie pas dans cette affaire qu'il y a un honnête homme, un excellent serviteur de l'Etat, un fonctionnaire sans reproche, un certain M. Chenet St Vil qui a été révoqué parce que (tout le monde le sait à Geneve)il a eu à reprendre au fils du président un appartement de fonction auquel ce dernier n'avait absolument pas droit. Je l'ai vu à mon bureau. Il avait les yeux rouges d'émotion et il se mordait les lèvres. Jamais une plainte cependant. Quand on a affaire à une certaine maffia gouvernementale c'est toujours motus et bouche cousue, car gare aux represailles! Ce spectacle, je ne l'ai pas inventé et je ne vois pas comment je pourrais l'épargner à nos jeunes, en attendant qu'ils ne deviennent eux-mêmes les victimes de ce système mafieux, si nous, les aînés, nous ne faisons rien de concret pour combattre un scandale dès qu'il se présente.

Alors, Lemane, le "scandale Alexandre père
et fils" n'est, comme vous le dites, qu'une "mauvaise diversion nationale" ? Si c'est le cas, ramenez-nous donc à l'essentiel et quel est l'essentiel? Quel est l'essentiel, lorsque la sagesse populaire nous dit que "le poisson pourrit par la tête" et que devant notre gabegie, nos Écuries d'Augias, notre bordel n'importe quel médecin ou n'importe quel "docteu feuille" nous dirait: "Mais donnons-nous donc la peine d'ausculter la tête. Et s'il s'avère que la tête est pourrie, il faut la soigner et enlever la pourriture."

Vous ou quelqu'un d'autre a mieux à proposer, de manière précise, pour sortir de la crise? La parole est à vous. Ou à lui.

Pour moi, je suis tout oreille.

Gérard Bissainthe
29 décembre 2004
gerarbis@att.net[/quote]

Professeur Bissainthe,

La chose essentielle pour tout Haitien conscient aujourd'hui est de parvenir à comprendre pourquoi toutes les Élites Haitiennes confondues (dont un grand nombre ont lutté pour renverser to
ur à tour le régime de François Duvalier et celui de JBA) n'arrivent même à simplement esquisser une approche de solution globale nationale pour les problèmes de toutes sortes posés en Haiti .. (18 ans après la chûte du régime duvaliériste et 10 mois après le départ d'Haiti de JBA) ..

Salut et Bonne Année,

Lemane Vaillant
Toronto, le 29 Décembre 2004

Lemane Vaillant

Post by Lemane Vaillant » Thu Dec 30, 2004 2:24 am

[quote]je partage votre indignation et surtout la colere et la frustration qui en sortent a travers vos lignes. je connais ce sentiment d'etre la victime pour avoir ose denonce. je connais ce sentiment, cette douleur frustrante pour avoir ose faire selon sa conscience. Aussi n'ai-je pas de voeux pieux a formuler aux yeux de cette liste qui defile! Que peut-on esperer d'un pays ou les jeunes sont aujourd'hui plus decourages, plus desabuses que nous les adultes? Que peut-on attendre d'un pays ou les jeunes anticipent deja des scandales et sont peu surpris de leurs auteurs? Qqu peut-on attendre d'un pays ou 45%des medecins formes a l'UEH quittent apres avoir passe leur"matching", des 55% restant, 2% s'intallent a moins de 100-200km de la capitale? Nous n'avons aucune lecon a donner a nos jeunes. Pourtant, il nous reste le devoir de faire e t d'agir selon notre conscience. Ce pays n'atend plus rien de
nous. Nous sommes devenus trop conciliants, trop complaisants, trop peureux et laches. C'est la "marque de fabrique" des societes claniques, tribales et retrogrades, par surcroit. Nous avons trop de connaissances par-ci et par-la, trop soucieux de preserver les amities, les susceptibilites, j'en passe.

je m'excuse de reagir a chaud. mais je ne pouvais m'empecher de reagir devant ce courrier qui montre bien combien les fondements de nos maux/betises ne sont et ne seront jamais adresses comme il faut. Quand on perd le sens de l'Etat, quand on tend a excuser trop vite ceux qui sont responsables, on est en droit d'esperer cette chute aux enfers du pays. Car inalement, a bien osbserver, qu'est-ce qui a change de 1986 a date?

Sans adverbe,
Marie Carmel Paul-Austin[/quote]

Chère Marie-Carmel ,

Le Professeur Gérard Bissainthe et moi , nous nous connaissons mutuellement dialectiquement parlant suffisamment depuis un bout de temps . C'est pourquoi vous verrez que nous
ne polémiquerons pas sur cette affaire , ni ne chercherons point à nous y défouler un peu ..

Mais à toi Marie-Carmel , en ta qualité d'ancienne Ministre de l'Éducation Nationale d'Haiti , je dois bien un reply sur ce sujet .

Je ne me rappelle pas combien de temps Bissainthe est resté au Rectorat de l'UEH, mais la vérité est que Bissainthe n'a pas une grande expérience de l'Administration Publique Haitienne ( Gérard Latortue non plus d'ailleurs ) .

Marie-Carmel , tu dois savoir que c'est tout récemment qu'on est parvenu à bloquer et éliminer un grand nombre de chèques de Professeurs Absentéistes à l'Université d'État d'Haiti où Bissainthe fut Recteur .

Oui , des soi-disant Professeurs , de grands théoriciens du Pouvoir , envoyaient prendre leurs chèques ici et là dans nos Facultés sans la moindre prestation de cours dispensés …., comme dans toutes nos administrations en Haiti où beaucoup de diasporiens ont un chèque avec un certificat perpétuel de traitement médical complaisant é
mis à l'étranger .

Sans compter les absentéistes en Haiti même qui ne passent que prendre leurs chèques une fois par mois dans nos Ministères ..

Il faut aussi tenir compter des postes de Consultants qui n'ont pas à signer des feuilles de présence , ni à être présents chaque jour .

Alors Marie-Carmel Austin et Gérard Bissainthe , vous tous les deux , 2 grands Universitaires : Franchement , dans un système pareil au pays , connu du Juge Boniface Alexandre , est-ce un si grand mal vraiment , un si grand scandale vraiment que le Président du pays place son fils vivant en Europe , dans un bureau d'outre mer avec un salaire ?

Ne faut-il pas viser le général pour réformer patiemment l'État d'Haiti ? Ou faut-il s'arrêter sur un cas ciblé médiatiquement avec force Tollé ?

Marie Carmel Austin et Gérard Bissainthe : vous devez savoir que durant son assez long ministère à l'Éducation Nationale , le Ministre Émérite Joseph Bernard fut hautement performant .. Croyez-vous qu'il n'y
avait pas d'absentéistes budgétivores à l'Éducation Nationale sous Joseph Bernard ?

Oui il faut assainir , réformer et institutionnaliser massivement en Haiti . Ainsi , l'affaire Bissainthe aurait dû être posée et réglée à l'instance d'appel : La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif , et non dans la rue ..

Mais il faudrait réformer aussi la Cour des Comptes ..

Alors vous voyez qu'il nous faut viser des changements globaux dans notre Société pour éviter des pertes de temps en fait au pays , et des diversions tapageuses , passagères et inutiles .

Les Réformateurs Haitiens devront chercher à être efficaces et faire œuvre globale , fructueuse et durable ..

Si Boniface Alexandre casait son Fiston vivant en Europe à la TELECO ou à l'APN à Port-au-Prince , ce serait déjà plus grave et retentissant ..

Non Prof Bissainthe : je ne peux dire que vous avez tort dans cette affaire , mais avez-vous raison en votre âme et conscience administrative ?



Bonne Année 2005 à vous deux , Bissainthe et Marie Carmel …., ainsi qu'à vous tous et toutes ..

D'autres Haitiens Diasporiens peuvent ne rien comprendre à ces choses-là de l'Administration Publique et peuvent dire n'importe quoi inocemment sur le net , mais pas vous : Gérard Bissainthe et Marie Carmel Austin ( Anciens Recteur et Ministre d'Éducation Nationale en Haiti )

Lemane Vaillant
Toronto, le 30 Décembre 2004

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Post by admin » Wed Jan 05, 2005 12:31 am

Et toujours sur ce même sujet...
[quote]
Date: Mon, 3 Jan 2005
Objet: YVON SIMÉON EST UN MENTEUR

Une accusation très grave du Ministre Yvon Siméon, reproduite dans de nombreux forums, a paru contre moi. Je n'ai aucun plaisir à le faire; mais je me vois dans l'obligation d'utiliser ici mon droit de réponse. Je prie ceux que ces querelles importunent de seulement considérer que la réfutation des mensonges, indispensable pour le triomphe de la vérité, fait partie des tâches pénibles qui incombent aux citoyens dans une démocratie.

Gérard Bissainthe


Monsieur Yvon Siméon, vous êtes un haut fonctionnaire de la république, si vous ne vous respectez pas, Respectez au moins votre fonction ! Cessez de vous deshonorer, de vous encanailler en jetant dans la presse des déclarations qui sont de purs mensonges ! vous êtes en train de devenir tout simplement un imposteur !

Voici
, par exemple, trois mensonges, chacun gros comme le palais national, que vous avez éructés dans votre dernière interview à Haiti-Observateur


Premier gros mensonge

Le Ministre prétend dans cette interview (Haiti-Observateur, 22- 29 décembre 2004) que "M. Bissainthe entra en poste à la mi-septembre et dès son arrivée il a procédé au changement de toutes les serrures."

C'est entièrement faux. Pur mensonge, pure imposture. Je suis arrivé à Genève le 13 septembre 2004. Les serrures n'ont pas jamais été changées, mais le 27 octobre une serrure supplémentaire a été ajoutée au système de sécurité du 1er étage où se trouve le bureau de la Mission, et aussi le même jour une serrure supplémentaire a été ajoutée au système de sécurité du 4e étage où se trouvait un soi-disant Consulat, dans lequel deux fonctionnaires, l'un Jeannot Hilaire payé 4500 (quatre mille cinq cents) US dollars pour trois jours de travail par semaine et l'autre Yves Marcello, lui à plein t
emps, payé 3400 (trois mille quatre cents) US dollars, les deux pour faire en équipe, en moyenne, un passeport et un visa par semaine dans un bureau où l'instrument de travail le plus performant était une dodine (sic!). Le même jour (27 octobre) j'ai fermé ce consulat-sinécure qui était un refuge de fainéants, parce que la veille Jeannot Hilaire s'était rebellé, déclarant qu'il ne voulait pas recevoir d'ordre de moi, refusant formellement de mettre un membre de la Mission par moi désigné, au courant des détails compliqués et opaques de sa comptabilité. Le 27 octobre après la rébellion de Hilaire, je fermai donc le consulat-à-dodine du 4e étage. Hilaire, en pleine rébellion, choisit de rester chez lui. Les archives, meubles et équipements du consulat-à-dodine furent transportés dan une pièce du 1er étage, qui devint le bureau de l'acolyte de Hilaire, Yves Marcello. Tous les employés de la Mission, y compris Jean Boni Alexandre, reçurent le jour même ou au plus tard le lendemain une copie de la nouvelle c
lé du 1er étage, sauf Marcello qui reçut la sienne quelques jours plus tard. Je voulais m'assurer que l'équipe de fainéants du consulat-à-dodine dont le meneur était en rébellion, ne concoctait rien de grave. Concernant les dates d'installation des nouvelles clés, les factures du serrurier pourront la prouver dans le cas d'une enquête.



Deuxième gros mensonge

Le ministre prétend aussi que l'un des membres du personnel, cardiaque, n'avait pu trouver son médicament qui se trouvait dans son tiroir, alors que l'ambassadeur était absent. Tombé en syncope, il avait dû être transporté d'urgence à l'hôpital.

C'est de la haute fiction. Jamais cela ou rien qui ressemble à cela n'est arrivé. Une enquête pourrait facilement le prouver, en consultant les archives de la salle d'urgence de l'hopital en question.



Troisième gros mensonge

Le Ministre prétend enfin qu'il "a tenté en diverses occasions de
contacter l'ambassadeur par téléphone sans pouvoir le contacter. En outre il [entendez Bissainthe] ne répond aux lettres à lui adressées." Encore faux, archi faux. Le ministre Siméon ment comme il respire. La vérité est que les archives de la Mission ne contiennent aucune lettre du Ministre adressée à moi, pendant que j'étais en poste à Genève, sinon ma lettre de révocation datée du 7 décembre et qui me fut remise à l'aéroport de Genève le 12 décembre 2004. Le Ministre n'a jamais au grand jamais essayé de me joindre par téléphone. Au contraire j'avais beau lui demander, en particulier par le truchement d'un haut diplomate haitien en poste à Paris, de prendre contact avec moi, parce que je n'arrivais pas à le joindre, jamais il ne le fit, alors qu'il est passé très souvent à Paris.


Que doivent faire maintenant les trois membres du gouvernement impliqués dans cette affaire?

Etant donné qu'aucune institution officielle, dans le tohubohu actuel ne peut rien
faire, la responsabilité revient aux médias (journaux, radios, internet surtout), "ultima ratio" de la non-violence démocratique aux époques de chaos, d'aller forcer ces dirigeants de la nation à faire leur devoir.

Les médias doivent se donner pour tâche impérative de forcer le Gouvernement à se démasquer, à se prononcer sur le fond du problème qui se résume à quelques questions essentielles:

--Premièrement: est-ce que oui ou non le fils du Président de la République, Jean Boni Alexandre, a occupé un poste de Ministre Conseiller à la Mission Permanente d'Haiti auprès des Nations Unies?

--Deuxièmement: si la réponse est affirmative, est-ce que oui ou non Jean Boni Alexandre a été présent régulièrement à son bureau pour fournir les prestations normales attachées à cette fonction?

--Troisièmement: si la réponse est négative, ce qu'affirme son supérieur hiérarchique, Gérard Bissainthe, chef de la Mission Permanente d'Haiti auprès des Nations Unies, qu'est-ce qui justifie qu'il
ait reçu la somme de 9000 (neuf mille) US dollars qui ont été versés sur son compte en Suisse par Jeannot Hilaire le 13 septembre 2004?

--Quatrièmement: Si aucun travail ne justifie ce salaire, est-ce que Jean Boni Alexandre ne doit pas rembourser à l'État haitien les sommes reçues illicitement?

--Cinquièmement: Et dans ce cas est-ce que les trois dirigeants de l'État impliqués dans cette affaire, à savoir le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Étrangères ne doivent pas au moins présenter des excuses au peuple haitien ou pour complicité dans cette concussion ou pour négligence, en attendant d'autres mesures?


En ce qui concerne maintenant les griefs et les reproches que l'on me fait, griefs et reproches qui ne sont pas le fond de la question, voici ce que j'ai à dire:

Premièrement: il est de notoriété publique que les représentations diplomatiques haitiennes à l'étranger sont de vrais Écuries d'Augia
s. Un trop grand nombre d'entre elles, en dehors des structures pour faire entrer de l'argent et pour produire des documents (passeports, visas, équivalences, etc) n'ont aucune administration sérieuse et n'ont que des comptabilités opaques. Les instructions, consignes du Ministère des Affaires Étrangères (MAE) sont pratiquement presque toujours inexistantes. Chaque Chef de Mission est acculé à improviser. Les "chèque zombi", les emplois fictifs sont pratiques courantes dans nos missions à l'étranger Lorsque j'ai parlé du cas de l'emploi fictif et du salaire que dans ma mission touchait le fils du Président à ne rien faire, un haut diplomate de mes amis dans une autre mission m'a simplement répondu: "Tu n'as qu'un seul chèque zombi chez toi, ici nous en avons plus de dix!"

Je tiens à signaler que la gabegie ne vient pas en général de l'incompétence des fonctionnaires, mais de la négligence ou de l'irresponsabilité ou même parfois de la corruption des personnes en charge; le problème est tou
jours la tête. Dans les différentes fonctions publiques que j'ai exercées j'ai pu constater que, d'une manière générale, les fonctionnaires haitiens sont compétents; quand le travail est mal fait, ce sont en général les chefs qui font mal leur travail, c'est en général l'impulsion qui manque. A ce propos je tiens à dire que si, comme Recteur, je ne me suis pas occupé de la question des "absentéistes" qui, parait-il, existent dans l'Université d'État d'Haiti, c'est parce que d'une part personne ne me l'avais signalée et d'autre part les chèques des absentéistes, émis directement par le Ministère des Finances, allaient directement aux facultés et ne transitaient pas par mon bureau. A Genève par contre c'est moi qui signais les ordres de paiement et qui ainsi devenais directement complice d'un chèque zombi. Lorsque Siméon parle de "fautes administratives graves" de ma part, il se gargarise. Pour qu'il y ait faute administrative, il faudrait d'abord qu'il y ait administration. Or Siméon a toujour
s été trop occupé à l'étranger (le record, parait-il, de temps de séjour à l'étranger pour un Ministre des Affaires Étrangères), pour s'occuper efficacement de son Ministère de
Port-au-Prince.

On (en fait plus les services du MAE que le Ministre lui-même qui ne m'a donné aucune consigne) on m'avait demandé de mettre de l'ordre à Genève. J'ai mis de l'ordre. Qu'on aille faire une enquête sur place et on s'en rendra compte. Je suis certain que Jean Boni Alexandre, s'il est toujours en poste, doit venir maintenant régulièrement à son bureau et doit travailler sur ses dossiers, ce qu'il n'avait jamais fait avant. Le consulat-à-dodine est supprimé. Hilaire qui percevait le meilleur salaire de la Mission pour trois jours de travail par semaine dans le consulat-à-dodine n'est plus en place. Je comptais mettre Marcello (un homme sans qualification spéciale) à mi-temps (et encore c'était beaucoup) et à mi-salaire; car pour ce qu'il faisait, il ne méritait pas de toucher, comme c'était le ca
s, un salaire plus important que celui des trois autres fonctionnaires (dont deux doctorants) beaucoup plus méritants, beaucoup plus compétents, beaucoup plus performants que lui.

Surtout avec ces trois fonctionnaires qui n'attendaient qu'une impulsion, la Mission était devenue une ruche.

Alors, Siméon, arrête de te gargariser avec ton histoire de fautes administratives et surtout arrête tes accusations que tu ne peux pas prouver. Tu sais très bien, mieux que personne, que je n'ai pas détourné un seul centime de l'argent de la Mission. Si mon but était de faire de l'argent, j'aurais fermé les yeux sur le chèque zombi du fils du président et me serais créé mes propres petites pompes aspirantes des deniers de l'État. Tu sais bien que je ne l'ai pas fait et que je ne l'ai jamais fait de ma vie. Alors un peu décence!

Président Boniface, je tiens à vous dire une dernière chose. On parle beaucoup de la promotion de la classe moyenne, je le sais. Pour la faire moi je pense plutôt à u
ne sorte de "Affirmative Action" qui fera qu'au lieu de donner à Jean Boni Alexandre un emploi fictif, on lui offrira ou on lui trouvera, par exemple, une bourse pour des études post-doctorales qui lui permettront de gagner à la force de ses poignets (et non comme un parasite) un salaire normal qui serait bien autre chose à Genève que 4500 (quatre mille cinq cents) US dollars qui ne sont même pas à Genève le salaire d'un chauffeur de bus. Boniface, si j'ai refusé de donner à votre fils un chèque zombi, c'est parce que je suis bien plus ambitieux que vous pour lui. Je veux qu'il soit un homme et non pas une lavette et un pauvre fils-à-papa. Vous les trois Gribouilles Alexandre, Latortue, Siméon, si vous m'aviez laissé faire, j'aurais tiré cette pauvre "victime" (c'est lui-même qui l'a dit) de la merde où vous l'avez mis. Vous êtes, messieurs, les fossoyeurs de la classe moyenne!

Gérard Bissainthe
1er janvier 2005, an 201e de l'Indépendance[/quote]

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Post by admin » Tue Jan 11, 2005 3:16 pm

Et toujours sur ce même sujet...
[quote]Pour arrêter le bluff et l'irresponsabilité
par Gérard Bissainthe

Jusques à quand les dirigeants haitiens continueront-ils à abuser de notre patience?

Une note de Radio Kiskeya datée du vendredi 7 janvier 2005 nous annonce:

"Le Premier Ministre Gérard Latortue et le ministre des affaires étrangères Yvon Siméon participeront le 12 janvier prochain à une réunion spéciale qu'organise le Conseil de Sécurité sur Haiti au siège des Nations-Unies à New York, a annoncé le ministère des affaires étrangères, dans un communiqué daté du 7 janvier 2005. "

Pour commencer, les deux ministres Latortue et Siméon n'ont jamais donné suite à leurs rodomontades d'aller enquêter sur le scandale "Alexandre père et fils" de Genève, que j'ai dénoncé, et de publier les résultats de l'enquête. Il est plus facile de plastron
ner que d'agir. Et puis une enquête pour chercher quoi? La vérité? Mais elle est contenue limpide et claire dans la déclaration que j'ai rendue publique depuis le 12 décembre 2004 sur cette lamentable affaire d'emploi fictif donné au fils du président et que Siméon a voulu couvrir et protéger à coups de révocations, qu'il m'a bien dit avoir été exigées par le président de la République en personne. Je tiens à répéter que dans cette affaire je n'ai pas été "victime": j'avais pris mes risques et j'avais fait mon choix. Une fois que je me mettais au travers de ces combinaisons mafieuses, je savais qu'ils allaient frapper; et lorsque je suis allé à la rencontre de l'envoyé du gouvernement à l'aéroport de Genève, je savais si bien de quoi il était porteur, que j'avais déjà enlevé toutes mes affaires du bureau de la Mission. Je n'ai pas été "victime", car j'avais choisi. Il n'y a eu qu'une seule victime dans cette sale histoire et c'est Jean-Boni Alexandre qui l'a lui-même reconnu devant moi dans
mon bureau. Victime de la débilité, de la sottise, de la veulerie et de l'irresponsabilité d'une bande de Gribouilles. Il n'arrêtait pas de me dire: "C'est le ministre qui m'a dit."

Siméon, grand bluffeur devant l'éternel, a parlé de "documents accablants". Mais peut-être au fond ne ment-il pas tellement: c'est peut-être une restriction mentale pour dire "accablants pour le gouvernement" et cela expliquerait qu'il les garde "top secret". C'est qu'il n'y a pas eu que l'emploi fictif, les "chèques zombis" du fils du président. N'oublions pas que Genève a été jusqu'à mon arrivée la plaque tournante des magouilles gouvernementales haitiennes. Quand on commence à tirer sur un fil, tout l'écheveau peut venir. (*) On avait donc peur que je découvre quoi encore?

Et dire que tout ce boucan aurait pu être évité et tout aurait pu être réglé avec doigté. Cela nous aurait épargné le spectacle indécent de toute cette cavalcade ministérielle de rhinocéros dans un magasin de porcelaine. Le f
onctionnaire victime m'a dit lui-même que son rêve serait de trouver un poste dans l'Organisation Mondiale de la Santé. Voulant le tirer de cette connerie d'emploi fictif concoctée par des mazettes d'autant plus maladroitement que ce fonctionnaire, de son propre aveu, avait un emploi salarié dans la région parisienne, j'avais déjà entamé les démarches pour lui faciliter les choses. Avec un peu d'intelligence, c'eut été un jeu d'enfant. Mais quand on est gros soulier, on est gros soulier. Siméon se serait donné la peine ou de faire un petit tour à Genève ou de me proposer de le rencontrer à Paris, au cours d'un de ces nombreux voyages qu'il a faits en Europe, qu'en un tournemain nous aurions pu tout régler au mieux des intérêts de l'État haitien et en même temps des vrais intérêts de ce citoyen haitien qui pour moi mérite certainement qu'on l'aide. Siméon qui a pris sa cause en main lui a tout simplement asséné le pavé de l'ours; avec des amis comme Siméon, il pourra aisément pour le reste de
sa vie se passer d'ennemis. On a appelé le fils de François Mitterrand impliqué dernièrement dans de sombres affaires: "papa-m'a-dit". J'ai bien peur que le fils de notre président ne passe à l'histoire sous le nom de "Siméon-m'a-dit".

Et voilà que Latortue et le lièvre Siméon s'en vont bientôt cahin-caha à l'ONU. Bras dessus bras dessous. Les deux compères sont inséparables, dès qu'il s'agit d'aller déconner devant une instance internationale. On les avait vus il n'y a pas trop longtemps à Ouagadougou pour cette grand-messe (mais était-ce une grand-messe ou le Dies Irae ?) de la Francophonie. Ils y brillèrent de mille feux. C'est en tout cas ce qu'ils ont prétendu. A tel point qu'ils ont dit être repartis avec je ne sais quelle distinction (un truc comme "vice-président", je crois). Le Quai d'Orsay a vite démenti. Il ne suffit pas ou plus d'aller lécher les bottes de Chirac pour avoir droit aux honneurs. Il faut monter plus haut, jusqu'à la ceinture. Vous ferez mieux la prochaine f
ois, messieurs.

Et Gégé et Sisi s'en vont donc demain matin cahin-caha, bras dessus bras dessous, à l'eau nus. Grand bien leur fasse. Après, ils iront sans doute, aussi légèrement vêtus, à l'eau Heuha, une eau que l'on dit miraculeuse. Que d'eau! Que d'eau! Qu'est-ce que notre pays va tirer de tout cela, sinon peut-être d'avoir les deux ministres les mieux lavés des Amériques ?

Mais qu'est-ce que nos dirigeants ont ainsi à courir le monde, pendant que le pays est dans la gadouille la plus cauchemardesque de son histoire ? Est-ce une manière de prendre périodiquement de la distance pour mieux voir nos problèmes? Ou simplement vouloir démontrer qu'avec ou sans eux le pays ne se porte ni mieux ni plus mal. Finalement un bon ordinateur ferait peut-être encore bien mieux le travail.

Tokay, cher Tokay, il est temps d'arrêter les frais. J'avais répondu à ton appel, c'était pour t'aider. Très sincèrement. Et si tu m'avais écouté, tu serais sorti de cette mélasse, où tu es, où t
u tiens le pays. Il est vrai que Tonton François prenait la peine, tu me l'as dit, de t'écrire pour t'avertir que tu te mordrais les doigts d'inviter à la primature ce baril de poudre, qu'il pense que je suis (tout en me disant à moi parlant: "Surtout ne laisse pas tomber ton vieil ami!"). Sacré François! Mes amis s'interrogeaient aussi: "Mais qu'est-ce que diable! il est allé faire dans cette galère?" Mettre de l'ordre, mes chers amis; mettre de l'ordre! Et j'en ai mis. Vous avez entendu les cris des compères que j'ai pris la main dans la sac! Et j'en mettrai demain encore, partout où je pourrai mettre les pieds. Y en marre du bordel! Surtout que nous avons, en général, comme je n'arrête de le répéter, tous les inconvénients de cette institution, sans aucun des avantages.

Arrête les frais, Tokay. Et sors de l'impasse. Combien de fois devrai-je te répéter qu'il faut à tout prix te donner une base populaire que tu n'as pas (je t'en ai indiqué les moyens) et que, si tu ne mets pas s
ur pied l'Armée, nous n'aurons jamais de sécurité dans le pays, cette sécurité sans laquelle il n'y aura jamais d'élections? Ils sont invraisemblables tous ces gens qui disent que l'Armée est "incontournable" et qui, dès qu'ils ont le dos tourné, essaient de contourner l'Armée ou même de la supprimer. Et quand on a supprimé l'Armée de Ti-Zoreilles, on la remplace par quoi? Par des échantillons disparates d'hommes d'armes prélevés dans tous les régiments ou escouades de la planète, étant entendu que toute armée est bonne et sainte, sauf celle des Ti-Zoreilles. Remarquez que le moindre spadassin venu d'ailleurs, dès qu'il met les pieds sur le sol haitien, devient automatiquement un chevalier sans peur et sans reproche rémunéré dix ou même vingt fois plus que nos pauvres hommes d'armes "pays" dont le seul tort est d'avoir leurs "nombritt" enterrés quelque part sur la terre de Dessalines.

Tokay, arrête ces frais. Rejoins le camp souverainiste. Il y a longtemps que je t'en conjure. Disons en
semble à l'étranger: "Merci. Now you can go home. Peacefully. Nous allons maintenant prendre notre sort en main." Arrête cette farce d'Occupation-Club-Med de zigotos internationaux qui te disent bien qu'ils ne sont pas chez nous pour courir des risques, pour se faire tuer pour une bande de nègres irresponsables, tous ces Micha Gaillard, ces Victor Benoît, tous ces droit-de-lhommistes pharisiens incapables de s'assumer, qui dès 1994 nous ont valu cette plaie difficile à guérir qui s'appelle l'occupation.

Et alors battons le rappel de toutes nos forces vives. Quant aux autres, eh bien, laissons les morts enterrer leurs morts!

Arrête les frais, Tokay. Redeviens ce jeune frère que tu as été, qui savais être fier, qui savais se battre. Sur le béton depuis un peu plus longtemps que toi, je ne me crois pourtant pas obligé de sucrer moralement et intellectuellement les fraises. Deviens ce que tu es. Crois dans le pays, parce c'est aussi croire en toi. Haiti peut être sauvée, sera sauvée. Jus
t decide to stand up and be counted!

Si tu le fais, le train ne te laissera pas sur le quai.

J'aurais bien des choses à dire encore, mais je m'arrête ici. Il paraît que je suis parfois trop long et que je rappellerais même Leslie Manigat. Non, c'est faux! Il peut m'arriver de tomber quelquefois, sans doute, dans la prolixité; mais je m'arrête là.

Et que je n'oublie pas: meilleurs vœux à tous. Et que cette année soit la bonne; pour le salut et le renouveau d'Haiti.

Gérard Bissainthe
Lundi 10 janvier 2004


P.S. Dernière heure.
Le Premier Ministre restera en Haiti le 12, annonce-t-on. Cela doit faire partie des bonnes résolutions de l'année. Mais que l'argent épargné ne serve surtout pas à payer des emplois fictifs.

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NOTE

(*) Le gouvernement m'a fait rire récemment, lorsqu'il disait vouloir aller enquêter sur les fonds de Jean-Claude Duvalier dont on soupçonne l'existence dans les banqu
es suisses, entre autres. Quel beau rideau de fumée! En 1986, une enquête fut lancée sur ces fonds, et l'affaire, autant que je me rappelle, avait été confiée à François Latortue. Il n'y eut jamais de suite. Des dizaines ou même des centaines de milliers de dollars, de l'argent non de Duvalier mais du contribuable, s'envolèrent en fumée. Tout le monde revint (mais personne était-il jamais parti?) bredouille. Je fus quelque peu mêlé à cette saga: je reçus, au nom du Ministre des Affaires Étrangères dont j'étais le premier conseiller, la visite d'un éminent homme d'affaires de Paris dont j'ai oublié le nom, mais dont le prénom était Philippe. Il fit au gouvernement haitien la proposition suivante: Jean-Claude Duvalier offrait de donner cinquante millions de dollars à l'État haitien pour qu'il laisse tomber toutes les poursuites. Ma recommandation fut d'accepter l'offre. Pragmatique, comme je l'ai toujours été, je me disais: "C'est toujours ça de pris sur l'ennemi." Le gouvernement de Namphy ref
usa. Leur raison, qui avait une certaine logique, était: si nous acceptons cet argent pour l'État, le public dira toujours que 50 millions de dollars n'étaient qu'une partie de la somme et que le gouvernement a empoché le reste. Personnellement j'aurais laissé courir le bruit et j'aurais utilisé cet argent pour le pays. Quoi que vous fassiez, il y aura toujours de sublimes imbéciles pour dire que vous avez mangé l'argent de l'État. On a bien vu l'autre jour cette sainte vierge Marie de je ne sais pas trop quoi confondre le vide de son cerveau avec le vide des caisses du rectorat.

De toute façon, dès qu'on est dans la fonction publique on est censé voler ou avoir volé les deniers publics, même si, comme ce fut le cas pour moi, aussitôt sorti d'une fonction, je me suis toujours retrouvé à prendre des tap-taps dans la rue comme tout le monde. Dans une des fonctions que j'avais occupées, comme j'avais commandé pour le département quatre voitures neuves de fonction, je m'étais vu offrir en p
lus par la compagnie une voiture neuve "pour mon usage personnel". Je refusai. On me dit pourtant que c'était pratique courante. Peut-être, mais je n'avais pas fait vingt-quatre d'exil pour recommencer à faire ce qui s'était toujours fait.

Ce ne fut toutefois pas la pire de mes aventures "financières". En 1986, comme je n'avais rien de matériel à offrir à mon pays, je dis au Doyen de l'École Normale Supérieure que je voulais donner un cours de stylistique française sans salaire; il accepta bien qu'avec beaucoup de réticences. Évidemment un matin arriva l'accusation publique invraisemblable d'un étudiant dans le hall de l'école: "Professeur Bissainthe, nous avons appris que vous ne touchez pas ici. C'est une preuve que vous touchez ailleurs, de la CIA!" Comment aurais-je jamais pu penser à une telle logique? Je dus m'expliquer devant un grand groupe d'étudiants et l'étudiant accusateur me présenta des excuses. [/quote]

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