Un autre type d'experts pour Haiti

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Gelin_

Un autre type d'experts pour Haiti

Post by Gelin_ » Tue Aug 08, 2006 1:18 pm

From AlterPresse: http://www.alterpresse.org/article.php3?id_article=5023

Haiti : un homme d'affaires assassiné et son épouse kidnappée

P-au-P., 07 août 06 [AlterPresse] --- Un homme d'affaires bien connu a été assassiné dans la matinée du 7 août, à Port-au-Prince.

Guy Vittiello, qui est d'origine italienne, a été mortellement battu par des inconnus à l'intérieur de son domicile à Musseau, à l'Est de la capitale.

Les assaillants sont par la suite partis avec son épouse dont on était encore sans nouvelle jusque dans l'après-midi (du 7 août).

Le couple Vittiello, qui est assez âgé, vivait paisiblement à Musseau, apparemment seul, leurs enfants étant à l'extérieur du pays.

Les Vitiello étaient rentrés en Haiti au début du vingtième siècle. Cette famille s'est taillée un nom notamment dans la vente de chaussures.

Le mythique magasin Vitiello était établi depuis de nombreuses années au boulevard Jean Jacques Dessalines dénommée couramment « Grand'rue ».

La réputation des Vitiello dans ce domaine s'est d'ailleurs illustrée par un proverbe créole bien connu laissé à la postérité « Mache sou 2 vityelo w ». Ce qui signifie en français : « Faire la route à pied ».

Des hommes d'affaires, qui se sont confiés à AlterPresse, se montrent inquiets de la persistance du climat d'insécurité qui n'épargne aucune couche de la société. « Cette détérioration de la situation sécuritaire gène considérablement les activités dans le pays et annihile toutes éventuelles initiatives susceptibles de faciliter les investissements et le développement du pays », commente un dirigeant d'une association patronale.

Des dizaines de personnes ont péri ces dernières semaines dans des violences à Port-au-Prince alors que les cas d'enlèvements contre rançon ne se comptent plus.

Le secrétaire général des Nations unies a suggéré le 5 août, en République Dominicaine, <u>l'envoi de cinquante-quatre experts en criminalité</u> pour affronter la violence qui ne faiblit pas en Haiti.</b>

Quelques jours auparavant, Kofi Annan avait, lors d'une visite en Haiti, fait savoir qu'il allait recommander une prolongation pour un an, au lieu de six mois, du mandat de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haiti (MINUSTAH). [vs apr 07/08/06 19:55]

Tidodo_

Post by Tidodo_ » Wed Aug 09, 2006 1:31 pm

Le problème d'insecurité est un problème très malheureux en Haiti. Il n'y a rien de nouveau dans ce que je viens de dire. Mais, en ecoutant Victor Benoit commenter sur ce problème hier à la radio, je me souviens comment il est perçu en Haiti, comme tout autre problème en Haiti, "il suffit d'avoir un "bon" et nouveau gouvernement et un problème disparaitra du jour au lendemain."

Il y a deux gros problèmes en Haiti. Le premier est que l'haitien, en general, [peut-être que je regretterai d'avoir generalisé] parait comprendre que le gouvernement est la solution de tous ces problèmes et qu'il n'a pas de role, sinon aucun, qu'il doit jouer là dedans. Le deuxième est que, "avec un bon gouvernement, les problèmes, y inclus l'insecurite, se resoudront du jour au lendemain."

Certainement, le premier problème a ete debattu sur plusieurs forums sans personellement avoir obtenu satisfaction que le gouvernement sera le "panacea" de la majorite des problemes en Haiti. Mais mon focus ici etait sur le 2eme problème. Même avec une administration competente et de bonne foi, il prendra des années avant que le taux de criminalite en Haiti, particulierement le kidnapping, s'abaisse à un plus ou moins similaire que ce qu'il etait dans les annees 80. Naturellement, je fais des speculations ici, car je regarde le problème par une fenêtre de l'exterieur. Mais les defis qui se posent à toute authorité pour combattre ce problème prendront du temps à surmonter.

A mon avis, il y a deux approches qui devront être necessaires pour une solution. L'un sera l'enforcement de la loi, l'approche sur qui tout le monde se concentre. L'autre sera le renforcement social de bon voisinage. Le premier sera la prerogative d'une administration publique. Le deuxième sera celle des voisins de ne plus tolerer les kidnappeurs dans leur sein.

Le premier piège qu'il faudra gérer pour un enforcement de la loi par un gouvernement sera d'eviter d'utiliser des mesures non-democratiques, à -la-Duvalier. Mais, utiliser des mesures democratiques prend du temps, d'où mon analyse. La première chose à faire est de rendre très couteuse, en termes de perte de liberté et autre penalite, la commission d'un crime. Cela necessitera un systéme de justice qui fonctionne. Presentement, il n'existe pas en Haiti. Les efforts dans les dix dernières années pour l'instaurer ont échoué. La deuxième sera de pouvoir identifier les criminels courants et les criminels potentiels pour pouvoir les traduire en justice. Il n'y a pas de personnel preparé, non seulement quantitativement mais aussi qualitativement, pour cette tache en Haiti. Ca prendra du temps pour arriver à ce point là. Même si on y arrive, il faudra maintenant pouvoir reformer ces criminels là dans des facilités de detention qui sont non seulement inadequates presentement, mais aussi insuffisantes. En d'autres termes, arrêter les gens, mais quoi faire avec une fois arrêtés! Si on doit les relacher, on recommence a zero. Batir de nouveaux penitentiers prendra au moins une année ou deux même si on a les fonds necessaires pour financer leur construction. Trouver et entrainner le personnel adequat pour les gerer prendra encore beaucoup plus de temps, sans mentionner les fonds necessaires pour les payer.

Remarque que jusqu'à present je n'ai même pas mentionné l'appareil judiciare qui devra se prononcer sur leur sort. Ca aussi est dans le même piteux etat qui necessitera des années à réformer. Une fois l'appareil judiciare et le systeme d'enforcement en place, il prendra du temps avant de convaincre le criminel que son crime ne paiera plus et ainsi le decourager. Tout ceci c'est sans même pouvoir etablir la capacite, la competence et les resources d'une administration publique qui peut faire fonctionner un système d'emforcement qu'elle aura mis sur pied.

La presence d'un système d'enforcement de lois à lui-même ne sera pas suffisante pour decourager la criminalite. Il faudra du temps pour convaincre le criminel qu'il ne vaut pas la peine. Toute societe est toujours remplie de recidivistes. Il faudra plusieurs repetitions d'enforcement pour certains avant de les convaincre qu'il y a un appareil judiciaire en place qui rendra leurs efforts non-fructueux. Ici, on parle de plusieurs periodes de sentence non-commuée. Par faute de temps, je ne pourrai pas etablir tout le parcours que devra passer un système de restitution d'ordre social avant d'arriver à une certaine periode de calme. Mais je pense que ce n'est pas necessaire pour un esprit discipliné de suivre le cours de cette idée.

Le deuxième approche est la desapprobation sociale combinée avec la vigilance sociale. Une fois l'haitien moyen se sentira à part entière dans sa communauté, elle ne sera plus dans une position de tolerance envers un voisin qui est un kidnappeur. Il sera prêt à le denoncer à la police judiciare, une fois suspect d'une activité louche dans son voisinage. Cet haitien ne le fera seulement quand il sentira une certaine mesure de justice appliquée à ceux qui sont coupables. Aussi, il le fera seulement quand il est convaincu que son effort ne sera pas en vain. Tout ceci, encore, demandera du temps, que même une administration entière, comme celle de Préval, n'en aura pas suffisamment pour pouvoir arreter cette pratique de kidnapping. Ce qui veut dire qu'une deuxième administration devra continuer les oeuvres d'un prédécesseur, historiquement affaire très difficile en Haiti.

Ce qui nous retourne à la declaration hier de notre politicien en haut qui continue de s'etonner que le nouveau gouvernement n'ait pas encore resolu le problème de kidnapping. En partie, la raison de cette impatience - bon Dieu bon - était la croyance dans la bienveillance des kidnappeurs. En d'autres termes, tout le monde esperait que les kidnappeurs allaient suspendre leurs activités, aussitôt un gouvernement democratique aurait été etabli. La naiveté de cette perception était que les gens n'avaient aucune idee pourquoi le kidnapping faisait rage. Moi aussi, je n'en ai encore aucune idee. Mais, je ne vois rien qui s'est passé recemment pour me convaincre qu'il allait decourager quelqu'un qui etait prêt à violer la loi et les droits humains d'autrui, sans souci de leurs consequences negatives, de le suspendre. Ce genre de choses ne se produisent pas sans qu'il y ait une force fondamentale en-dessous. Quand à notre politicien, on se demande quel genre de solutions il peut apporter à un problème qui semble lui avoir echappé dans toute sa profondeur.

J-M.

Tidodo_

Post by Tidodo_ » Fri Aug 11, 2006 5:17 am

Dans sa declaration aux kidnappeurs, "le dialogue par le DDN ou la mort," President Preval semble avoir été forçé la main par l'opposition. Le danger pour lui dans le "tough talk" est sa crédibilité. On ne peut pas blamer le president pour ne pas vouloir paraitre comme un "paper tiger," un tigre en papier pour prêter le fameux proverbe chinois. Parler dur avec les kidnappeurs est une chose. "Backing up the talk" [pouvoir faire respecter sa parole] est une autre chose. Comme j'ai essayé de plaider en haut, le gouvernement haitien n'a pas la capacite d'empêcher le kidnapping maintenant. Haiti est un état dans la banqueroute. Je suppose si le gouvernement de Latortue pouvait, il aurait empêché le kidnapping. Le problême pour un gouvernement haitien, quel qu'il soit, est qu'il n'a pas les moyens de combattre la criminalité efficacement à court terme. Avec de la plannification ça viendra. Il faudra du temps. La vraie mesure de l'efficacité d'un gouvernement haitien dans ce domaine est l'évaluation des mesures prises pour projeter si elles parviendront à une solution à moyen ou long terme. Pour le moment, Preval semble patauger dans la première crise politique de sa deuxième presidence.

J-M.

Tidodo_

Post by Tidodo_ » Wed Aug 16, 2006 7:37 am

En ecoutant l'émission "Carrefour" de Radio AM 1020 de Miami, animée par Alex St Surin à 3:00 p.m. hier, les propos de Stanley Lucas ont attiré mon attention. Il était l'invité d'honneur de l'emission. Etant donné que c'était publique, je suppose que je peux reproduire et commenter ici sur ce qu'il a dit. Je ne peux pas reporter mots par mots ce qu'il a dit, mais je vais faire un effort pour reproduire les idées qu'il a émises le plus exactement que possible. Tout ce qui est dit en bas représente son opinion ET NON LA MIENNE

CRIMES EN HAITI

Il pense que le problème de crime en Haiti peut se resoudre en un mois. Ce qui manque c'est la volonté d'une administration pour le faire.

Les moyens pour resoudre le problème de criminalité sont faciles. Il suffit d'identifier les criminels. D'ailleurs tout le monde en Haiti connait qui sont les criminels et leur adresse, où ils vivent, à San-Fil, Martissant, etc. Là où il est à Washington, il sait qui a tué Jacques Roche. Son nom est Amaral (j'espère que j'ai retenu et écrit le nom qu'il a donné correctement).

Le concept de negotiation avec les criminels est mauvais et inefficace. La seule solution est la force.

L'ARMEE

Le problème de l'armée est un faux problème. La raison est que Haiti n'a pas les fonds necessaires dans son budget pour supporter une armée. D'ailleurs, après plus de 15 ans, depuis leur dissolution, les anciens de l'armée sont trop vieux maintenant et en aucune condition physique et tactique pour constituer une force efficace.

REPONSE à Question sur Ministères non-necessaires et inutiles: Feminine, Diaspora et Parlement

La question était s'il pense il serait moeux d'utiliser leur budget pour financer l'armée? Ministère de L'Agriculture a 280 agronomes dont ils n'en n'ont pas besoin et coutent le budget beaucoup d'argent. Une soixantaine suffiront. Le reste devra être donné aux magistrats des régions qui peuvent mieux les utiliser en même temps et alleger le budget du gouvernement national. La même chose pour le Ministère des Travaux Publics. La majorite des 60 ingenieurs qu'il utilise pourrait aussi être alloué aux magistrats des régions qui en ont un plus grand besoin.

Il a répété la même chose dite en haut, que la question de l'armée est un faux problème et que les anciens militaires ne sont plus en condition physiques pour répliquer ce que l'armée était avant.

Evaluation du Gouvernement de Preval jusqu'à Présent

Il utilise le terme américain qu'il est dans une période de "lune de miel." Cependant, on devra periodiquement - 3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans, 5 ans - voir si les situations du kidnapping, manque d'eau, electricité, routes, l'Hopital Général sont résolues. [Je pense ce dernier commentaire etait resonable, excepté que pour la criminalité, ça se contredit avec sa declaration qu'elle peut être résolue dans un mois].

Je me demande ce que les autres membres du forum pensent de ses declarations!

J-M

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