Haiti En Marche Interview with Preval + Elections

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T-dodo

Haiti En Marche Interview with Preval + Elections

Post by T-dodo » Tue Feb 07, 2006 6:27 am

[quote]PORT-AU-PRINCE, 5 Février - Le candidat René Préval a accordé une interview à Haiti en Marche presqu'à la veille du premier tour des élections présidentielles et législatives ce mardi 7 février 2006.

Nous en avons profité pour essayer d'éclaircir certains points de son approche pour une solution à la crise politique et sociale haitienne, dont la phase actuelle a démarré sous son premier mandat présidentiel (1996-2001).

Préval met fin à sa campagne électorale qui l'a conduit en 1 mois environ aux quatre coins de la république. Deux mots ont dominé son message à la population : sécurité et investissements.

Pour la sécurité, il compte sur la Mission de l'ONU pour la Stabilisation en Haiti pour renforcer la police nationale et la justice. La Minustah peut rester dans le pays aussi longtemps que cela sera nécessaire pour rétablir la stabil
ité, car Haiti a droit à cette assistance " en tant que membre des Nations Unies. "

Le candidat dit ne pas verser dans aucun nationalisme étroit qui appelle au départ des casques bleus sans proposer aucune solution de rechange, et où il croit même percevoir l'influence des trafiquants de drogue, contrebandiers et autres groupes qui ont pu profiter directement des années d'instabilité que nous venons de traverser.

" Posez, posez ! "...

Mais Préval dit compter avant tout sur la population pour donner l'exemple par son civisme, son calme et son pacifisme naturel, utilisant le principal slogan de sa campagne : " Posez, posez, déposez ! "

Du fait que c'est aussi la population qui profitera la première de la restauration de la sécurité qui ramènera le tourisme, en premier lieu nos compatriotes de la diaspora, ainsi que les investissements.

Selon l'ex-président, Haiti n'a pas vraiment un problème politique. Haiti
a un problème de chômage, de pauvreté, de misère.

Tout comme il suggère que Haiti n'est pas seulement un pays divisé entre une minorité riche et une majorité pauvre. C'est tout le pays qui est aujourd'hui " acculé ", possédants aussi bien que non possédants. Tout le monde s'entoure de barbelés, matériels ou mentaux, mais personne ne voit une issue.

L'issue, d'après Préval, c'est le développement. Mais il avertit son auditoire - les dizaines de milliers qui l'ont acclamé à chacune de ses apparitions à travers tout le pays : l'Etat ne peut créer du travail pour tout le monde, c'est au secteur privé qu'il revient de le faire. L'Etat a pour devoir de créer les conditions à ce sujet. Et le peuple aussi. S'il y a des caoutchoucs qui brûlent à longueur de journée dans les rues, est-ce ce qui va faire revenir les touristes, les investissements ?

" Pôles de développement "...

Le rôle de l'Etat est de mettre en place les meil
leures conditions pour susciter le développement. En encourageant le micro-crédit, en mettant en place les infrastructures (routes, électricité...), en appliquant une taxation équitable mais rigoureuse, en luttant efficacement contre la corruption. Cela afin de pouvoir augmenter les investissements dans la santé publique et l'éducation sur une échelle aussi large que possible.

Il a soulevé également la perspective de " pôles de développement ", comme il a su le faire de son village natal, Marmelade, pays de café et d'une nouvelle culture, le bambou, grâce à la coopération taiwanaise. Il a cité comme exemples le Môle Saint Nicolas, et Fort Liberté pour leur baie en eau profonde.

En même temps qu'il semble indiquer que le secteur privé ne se limite pas, selon lui, au seul secteur dit des affaires, Préval rappelle que lors de son premier mandat, il avait fait baisser pour l'agriculteur le prix du sac d'engrais de 80 dollars et plus, à environ 35 dollars.

Les k
idnappeurs doivent être appréhendés et jugés...

Revenant à la sécurité, le candidat de la Plate-forme l'Espoir a indiqué que la solution à Cité Soleil n'est pas militaire, elle est sociale. Vous avez d'un côté, dit-il, la force internationale et ses nombreux blindés, secondée par la police nationale, et de l'autre côté beaucoup d'armes de tout calibre qui seraient, semble-t-il, entre les mains d'habitants du bidonville, cela ne pourrait finir que dans un terrible massacre.

Mais il n'en considère pas moins que force doit rester à la loi et que ceux qui sèment la mort et pratiquent le kidnapping doivent être appréhendés et jugés avec toute la rigueur de la loi.

On a parlé aussi des relations internationales. Préval considère que Haiti se trouve aujourd'hui dans une position privilégiée étant donné l'engagement de la communauté internationale à la reconstruction du pays (Etats-Unis, Union Européenne, Canada, Brésil, Chili, Taiwan etc), mais aussi ses relations pers
onnelles avec les dirigeants cubain, vénézuélien et aussi le président dominicain Leonel Fernandez avec lequel il avait su mettre au point lors de son premier mandat des moyens de gérer les problèmes les plus aigus comme celui de la migration clandestine haitienne.

Le candidat n'a reculé devant aucune question : la campagne de diffamation dont il s'estime victime de la part de certains de ses compétiteurs, disant que lui-même se ne sent nullement affecté, mais que ses proches en ont passablement souffert.

Il ne veut pas rendre insulte pour insulte, dit-il, mais il ne considère pas moins que les diffamateurs devraient rendre compte eux aussi devant les tribunaux pour le mal qu'ils font.

La question Aristide !...

On en vient alors à évoquer une autre préoccupation et qui n'est pas seulement soulevée par des adversaires mais aussi dans les cercles internationaux, c'est qu'une fois au pouvoir, comme ex-dauphin d'Aristide, son premier geste ne soi
t de faciliter le retour de ce dernier qui vit en exil en Afrique du sud depuis son brutal renversement en février 2004.

Préval répond en invoquant les articles 41.1 et l'article 42 de la constitution haitienne en vigueur. Le premier bannit l'exil, et le second dit : nul ne peut se soustraire à la justice.

A partir de là, conclut-il, c'est à Aristide de décider si un retour aujourd'hui en Haiti est dans son intérêt. Et si ce serait aussi dans l'intérêt d'Haiti !

Pour finir, le candidat juge que le prochain gouvernement élu ne pourra être au mieux qu'un gouvernement de transition, mais un pour de vrai, avec pour mission de mettre en place les institutions qui doivent servir de fondations à une nouvelle Haiti, basée sur la décentralisation des centres décisionnels et des ressources, la concertation et la discussion, et non comme traditionnellement sur le pouvoir d'un seul homme. Bref tel que le stipule la constitution qui a été ratifiée par le peuple en 1987.

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5]Seul le dialogue...

Mais la même constitution établit une distribution rigoureuse du pouvoir entre l'exécutif et le législatif, qui ne peut fonctionner qu'en harmonie sinon c'est le blocage. Or sa coalition Lespwa n'a aucune chance, avoue Préval, de détenir la majorité au prochain Parlement étant entrée trop tard dans la course.

L'ex-président qui a déjà eu deux expériences malheureuses avec le Parlement (en 1991, en tant que premier ministre d'Aristide menacé d'un vote de non confiance par le Parlement à dominante FNCD ; et en 1996, la crise avec la majorité parlementaire OPL qui va culminer dans la crise politique de 2000-2004) René Préval veut aujourd'hui miser sur la prise de conscience de toute la classe politique face aux dommages presque irrémédiables faits au pays par cette crise interminable et fratricide, pour réaliser que seul le dialogue peut nous sauver.

Haiti en Marche, 5 Février 2006


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Une fin de campagne sans chaleur mais pas sans passion





ANALYSE

PORT-AU-PRINCE, 4 Février - La campagne s'achève sur un ton morne. Aucun rally, ni grand enthousiasme, ni intervention particulière d'aucun des acteurs.

La manifestation projetée pour le samedi 4 février au Champ de Mars par les partisans de la Plate-forme L'Espoir soutenant la candidature de l'ex-président René Préval, a été annulée pour raisons de sécurité.

Seuls signes que des élections sont proches, les grandes affiches des principaux candidats qui ont été renouvelées et aussi placées à des points encore plus stratégiques de la capitale et de ses faubourgs.

Observateurs internationaux et journalistes étrangers débarquant aussi en nombre imposant.

Mais de leur côté, beaucoup d'Haitiens semblent avoir attendu le dernier moment pour réaliser que les élections vont bien avoir lieu effectivement ce mardi 7 février
et ne seront pas reportées comme déjà auparavant 4 fois.

On s'étonne que les autres candidats n'aient rien prévu non plus comme démonstration publique en cette avant veille des présidentielles et législatives devant élire un nouveau pouvoir pour remplacer celui de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide embarqué pour l'exil le 29 février 2004.

D'autant plus quand leur rival commun, et favori de la course, René Préval, a dû annuler la sienne dont les organisateurs avaient prévu qu'elle drainerait des dizaines de milliers de partisans de tous les coins de la zone métropolitaine.

Des résidents de quartiers populaires (Bel-air, Cité Soleil, Grand Ravine, Martissant) ont affirmé avoir reçu des informations selon lesquelles des provocateurs seraient infiltrés pour créer des actes de violence au sein de la manifestation.

51% nécessaires pour être élu au premier tour...

De son côté, Préval a indiqué qu'ayant terminé une campagne à travers tout le pays sans avoir enregistr
é une seule victime, il préfère s'en tenir là, également pour ne pas mettre en danger le processus électoral.

Cependant il a pour la première fois accordé des interviews à plusieurs médias de la capitale (radio et télévision) et de l'étranger, en profitant pour soigner son profil dans l'opinion et lever le voile sur quelques aspects de sa politique s'il était élu (économie, insécurité, affaires étrangères etc).

En outre, répondant (sans y répondre) à ceux de ses adversaires qui ont choisi l'arme de la diffamation, disant qu'il refuse d'utiliser l'insulte contre l'insulte. Mais ne cachant pas que ce genre d'arguments au rabais a pu faire mal à beaucoup de ses proches.

Cette dernière semaine, lesdits adversaires semblaient miser leur chance sur un point: que le candidat de Lespwa ne fera pas les 51% de voix nécessaires pour être élu au premier tour. Tandis qu'au second tour, il sera placé devant un front commun de tous les autres candidats ou presque réunis derrière un seul dentre eux.

Dans une interview accordée samedi à la radio privée Mélodie FM, Préval a semblé confiant qu'il n'y aura pas de second tour des présidentielles, mais que même en pareil cas, les reports de voix ne seraient pas aussi automatiques qu'on veut le faire croire.

La saga Siméus...

La campagne électorale longue de six mois (ouverte le 4 juillet 2005) aura eu deux moments forts : le débarquement au pays du candidat haitiano-américain Dumarsais Siméus. Après une longue saga, où il fit preuve d'endurance et d'un rare charisme, l'ex-président de la Siméus Food Inc. (brassant un chiffre d'affaires de $150 millions) finira par être écarté par les autorités gouvernementales et électorales pour cause de double nationalité (non reconnue par la constitution haitienne en vigueur).

L'autre phénomène a été incontestablement la popularité soulevée par la candidature de l'ex-président Préval (1996-2001), successeur de Jean-Bertrand Aristide, mais qui
recherche un second mandat cette fois sous la bannière d'une coalition dénommée la Plate-forme de l'Espoir, mais qui n'en mobilise pas moins la majorité de l'électorat populaire Lavalas.

Tout naturellement, le candidat Préval déclenche dans les secteurs anti-Lavalas, dont les classes possédantes, les mêmes hostilités et le même jusqu'au-boutisme qui avaient forcé Aristide à la démission le 29 février 2004.

La campagne la plus pacifique...

N'était la présence d'une force internationale d'environ 9.000 hommes (militaires et policiers) sous l'égide des Nations Unies, la campagne ne se serait pas déroulée de manière aussi pacifique. La plus tranquille qu'Haiti ait connue depuis plus d'un demi-siècle. On a relevé peu de violences liées directement aux élections. Malgré que la capitale ait connu ces deux dernières années une criminalité absolument inouie.

A ce propos, le nombre d'enlèvements a brusquement chuté à la veille des élections, les c
asques bleus de l'ONU et la police nationale (4.000 hommes) occupant chaque coin de rue de la capitale et des environs.

D'autre part, le gouvernement de transition (président Boniface Alexandre et premier ministre Gérard Latortue) n'a manifesté aucune tentative de garder le pouvoir. Cela aussi n'est pas tout à fait dans les mœurs politiques du pays.

Aux derniers jours, la lutte a semblé se circonscrire entre les candidats René Préval et Charles Henri Baker, industriel appartenant à la minorité mulâtre et ex-membre de la coalition qui avait chassé Aristide du pouvoir, le Groupe des 184.

Baker fait aussi partie de ceux qui ont utilisé toute la panoplie anti-Aristide pour combattre le nouveau candidat bénéficiant des faveurs du Lavalas, sans reculer devant aucune outrance.

Préval toujours en tête...

Mais tout cela ne semble avoir ébranlé le moins du monde la popularité de Préval que tous les sondages, officiels et officieux, continuent de p
lacer très loin devant tout le peloton.

D'autre part, Charles Henri Baker serait aussi combattu subrepticement sur sa droite par d'autres candidats qui chassent également sur les mêmes terres des classes possédantes et de la classe moyenne. Ce sont principalement l'ex-président Leslie Manigat (RDNP) et Evans Paul (Alyans), dont les affiches dans les rues ont redoublé en quantité, d'autre part Evans Paul bénéficiant de la part de ses amis en République dominicaine voisine d'un hélicoptère pour arroser le pays de ses photos.

Enfin, pour tous, mais surtout le candidat de Lespwa dont l'électorat compte le plus grand nombre de paysans et d'habitants des quartiers populaires, analphabètes en majorité, une nouvelle préoccupation est apparue au dernier jour : la complexité du processus de vote, de plus partiellement informatisé, alors qu'aucun effort sérieux n'a été fait par les organisateurs des élections (nationaux et étrangers) pour en informer et former l'électeur moyen.

[b:00506
d5235]Menace de pagaille...

D'autre part, la répartition des bureaux de vote, qui forcera des compatriotes partout dans le pays à parcourir de nombreux kilomètres, bien entendu à pied...

Enfin, last but not the least, de nombreux bureaux de vote ont été déplacés à la dernière minute et sans en avoir suffisamment à temps averti les électeurs. Apparemment parce que des propriétaires de locaux privés ont changé d'avis au dernier moment, probablement pour raisons de sécurité.

Pour tout cela, on continue de craindre que les élections de ce mardi ne donnent lieu à un immense cafouillage, une grande pagaille au niveau organisationnel.

Mais serait-ce tellement étonnant, vu qu'elles ont été marquées d'un bout à l'autre par le désordre bureaucratique local joint à la lourdeur de la bureaucratie internationale, mais aussi et surtout cette mentalité incroyablement attardée dont notre classe politique n'arrive définitivement pas à se défaire.

Haiti en Marche, 4
Février 2006 [/quote]

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Post by admin » Tue Feb 07, 2006 7:32 am

Jean-Marie, elabore sou pwen sa (Baccalauréat, 1ère partie) :

Sa "posez, posez, déposez" vle di?

Si ou pa reponn kesyon an byen, ou pap kab ale nan Inivèsite non!

T-dodo

Post by T-dodo » Tue Feb 07, 2006 8:22 am

Bon, se premye fwa m gen lè pap pase lan "Baccalaureat!" Paske, se premye fwa mwen li sa Preval di sou ki jan li pral mennen peyi an. Daprè sa mwen konprann, ki baze sou sa li di aprè ke li di "Posez" lan entèvyou an - calme, pacifisme et civisme - li vle di sispann violans, ann mete peyi a avan tout lòt bagay. Men se espekile ma p espekile, paske mwen pat swiv eleksyon an e kanpay kandida yo anpil. Mwen te tande Baker yon fwa Miyami, pi gwo tèm lan sa mwen te tande an, se te anti-Aristid lan. Rès sa lite di yo te tèlman vag - sekirite, agrikilti, travay - ke mwen pat kap fè yon jigman sou yo ot ke si li monte prezidan ap gen anpil divizyon lan peyi a. Tandiske lan entèvyou sa, se premye fwa mwen te li ki jan Preval gen entansyon dirije.

Jean-Marie

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Post by admin » Tue Feb 07, 2006 9:02 am

Ou remèt premye fèy la, men map tann dezyèm lan: sa "déposez" vle di? Paske se lè tou le 2 fèy yo remèt, wap kapab resevwa yon nòt.

Pou kreyòl la an pasan, mwen wè nan anpil nòt sou fowòm lan, ou toujou ekri "jigman" pou "jijman". Sonje, nan ekriti Kreyòl la, tout son TOUJOU ekri menm jan. Kidonk, ou pa kapab ekri "j" yon lè, epi ekri "g" yon lòt lè. Gade 2 mo sa yo: lajè (largeur), lagè (la guerre), epi pran son "j" ak "g" nan kontèks sa, epi aplike yo alawonnbadè nan TOUT SA ou ekri nan kreyòl la.

Se Pwofesè Pistach ki te ban mwen poul sa pou ou.

T-dodo

Post by T-dodo » Tue Feb 07, 2006 10:05 am

Tankou Leonel toujou di, gen lè mwen dèyè nèt lan klas la. Sepandan, ma p mande Pwofesè Pistach pou li poko voye m "remis à ses parents." Mèsi pou koreksyon an. Elèv lan parese lan afè Kreyol lan. Fò ke li etidye plis.

Pou afè "deposez" an mwen bwè pwa. M ta sigjere Pwofesé Pistach mete l lan "curriculum" "baccalaureat" dezyèm pati an (philo).

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