Notre Responsabilité sur l'Education et Jeunesse diasporique

Post Reply
Nekita Lamour
Posts: 20
Joined: Mon Feb 12, 2007 6:35 am

Notre Responsabilité sur l'Education et Jeunesse diasporique

Post by Nekita Lamour » Mon Mar 24, 2008 12:12 am

Cher(e)s camarades,

C'est une longue réponse à l'email que Guy a envoyé pour nous rappeller de l'anniversaire de la décennie de windows. Je ne peux pas croire que j'ai passé 10 ans à ecrire dans Windows. Pendant que j'observe les débats et les échanges sur le futur d'Haiti dans un yahoogroup haitien, je me demande s'il vaut la peine de continuer à écrire dans les lignes haitiennes. Je peux dire à part de Windows, les sujets que j'apporte ne reçoivent presque pas de commentaires. Même dans Windows, il n'y a pas beacoup de commentaires aux contributions sur l'éducation et les jeunes qui sont ma passion. C'est vraiment décourageant. J'écris et je communique à l'oral et à l'écrit mon inquiétude sur l'éducation à plusieurs “stakeholders” dont je crois devraient être en mesure de prendre la situation de la jeunesse et de l'éducation haitienne de la diaspora en main. Mais cela n'arrive pas.

Je partage ces inquiétudes étant quelqu'une qui a quasiment grandi aux Etats Unis particulièrement à Boston. Je remarque que les problèmes d'Haiti ont été transportés aux Etats-Unis. Pendant qu'une géneration d'Haitien(ne)s né(e)s à l'étranger gémit en prison ou dans le système judiciare, notre emphase est sur Haiti dont je n'ai pas d'objection, notre attention est sur les nouveaux(elles) venu(e)s. Cependant, je crois que nous devons avoir un environment aux Etats-Unis ou nous pouvons partager le passé des Haitiens aux Etats-Unis et planifier l'avenir ensemble.

Personnellement, j'étudie la présence historique des Haitiens aux Etats Unis depuis 1998. J'ai beaucoup appris. En bref les haitiens sont aux Etats Unis comme esclaves depuis que les Pilgrims du Massachusetts allaient acheter les esclaves dans les îles Caribes depuis les mi-années 1630. Les Haitiens ont plus de 350 années à Boston. Parmi les haitiens libres à Boston, on revoit le papa de W.E. B Dubois qui était dans les Berkshires dans les années 1825, ou il a donné naissance en 1868 à l'un des grands penseurs américains noirs contemporains. On trouve les haitiens libres à New Orleans depuis 1720. Ma première présentation en 1998 était avec les transparencies et un overhead projecteur. Dix ans plus tard en 2008, j'ai presenté sur les power points en couleur. Il ya eu une évolution technologiquement remarquable dans ces 10 dernieres années, pendant qu'un grand nombre d'Haitiens n'utilise pas encore l'ordinateur.

Pendant que les Haitiens ont eu de grandes positions dans le mainstream America, le niveau social, éducatif, et économique des Haitiens à l'étranger s'est diminué. Le rapport par CIS (Center for Immigration Studies) rapporté par Charles Arthur dans "Eye on the Caribbean" en décembre 2005 est l'un des recherches fait au niveau national qui devrait aboutir à des “Town Meetings” partout dans le diaspora. A Boston, une recherche par le Boston Redevelopment Authority publié en Mars 2007 est méprisé aussi par la communauté haitienne. Pour bien vous dire, il n'y a pas une atmosphère pour présenter ces faits, ces statistiques dans la communauté haitienne. Ces statistiques qui pourraient nous aider à réfléchir sur le présent et planifier pour le futur. Pour écrire un ou des livres, comme tout Haitien créatif, on doit passer du temps à chercher des grants, on doit faire des efforts herculistes si je peux dire pour écrire, étudier, et faire des recherches qui peuvent aider la communauté haitienne à grandir. Pour faire tous ces efforts pendant qu'on donne le blanc ses 40 heures de temps et si on a une famille, c'est pas une chose facile. Alors l'internet permet de communiquer plus rapidement.

D'après mes experiences depuis presque 35 ans à Boston, les affaires érudites et artistiques ne sont pas tellement appréciées. Les bals, les églises sont pleins à craquer tandis que les gens ne participent pas dans des séminaires éducatifs sur la musique ou la religion, voire les présentations pédagogiques, artistisques ou d'autres sujets. Miami où il y a une forte quantité de boat people a plus d'appréciation pour les Arts, les aspects culturels, l'éducation qu'ici à Boston.

Par ailleurs, cela me fait un plaisir de voir les discussions sur le futur la semaine dernière dans ce yahoogroup. Une participante a fait ces mêmes remarques. Elle a écrit que les sujets sur le futur ne se discutent presque pas dans les échanges internauts. J'ai fait ces même remarques aussi depuis les 10 ans que je contribue dans les lignes haitiennes. J'ai remarqué que les recherches sur l'éducation et l'effet du peu d'éducation sur le niveau social et économique des Haitiens n'a reçu presqu'aucun commentaire.

Je pense aux textes que le professeur Amary avait partagé sur l'éducation en Haiti. Les problèmes sont les mêmes dans les grandes villes de l'Amérique. Le niveau de l'éducation de cette présente génération est très bas aussi aux Etats Unis et diminue de jours en jours.

Je crois que dans les années à venir, nous aurons moins de professionels Haitien(nes) que cette génération a eus. On peut prendre Montréal comme exemple. Il fut un temps que nous disions que Montréal avait plus de médecins haitiens qu'il y avait de médecins haitiens en Haiti. Les médecins qui étaient venus à la fin des années '60 jusque dans les années '70 sont en train de prendre leur retraite.

A part des infirmières qui je peux dire en moyenne sont dans leur 40aines, 50aines, nous ne voyons pas une génération de jeunes haitien(nes) né(es) à Montréal, même aux Etats Unis dans les branches médicales. Les nurses' assistants ne sont pas de professionels.

Je peux parler étant une pédagogue qui a débuté une carrière d'enseignement en 1980. Je ne connais pas 10 , voire 15, 20 haitien(ne)s entre 25 et 35 ans dans l'enseignement. Quand cette première génération prend ses retraites dans 10, 15, 20 ans si c'est pas plus tôt, il n'y aura presque plus de professeurs haitien(ne)s dans les grandes villes aux Etats Unis comme Boston, New York, Miami. Nous ne communiquons pas entre nous juste pour sauvegarder la prostérité haitienne, la culture haitienne et l'avenir haitien dans les villes de l'occident. Nos enfants ne parlent pas Créole. Nous n'avons pas une ou des écoles communautaires comme les autres nations- les Juifs, Arabes, et Asiatiques par exemple.

J'observe les mêmes problèmes structurels aux Etats Unis. Nous travaillons certes et nous sommes des employé(e)s, des consommateurs(rices). Oui nous avons besoin de travailler pour survivre. Mais nous ne construisons pas notre avenir, l'avenir de notre existence étant peuple même dans les pays adoptifs. Si notre niveau d'éducation diminue dans une société, l'avenir de notre génération à venir est en question.


Merci, à tous et toutes pour vos interventions et commentaires.

J'espère que vous avez eu de Joyeuses Pâques,

Nekita

Post Reply