HAITI-PRÉSIDENTIELLES 2010

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Jgpalmis
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HAITI-PRÉSIDENTIELLES 2010

Post by Jgpalmis » Fri Mar 13, 2009 10:52 am

Vous avez bien entendu/ You heard right !

Following an article by Marcus Garcia (Granmoun nan). He is on the field, he has the experience and he witnessed a lot on the political scene of Haiti. Pourquoi ne pas suivre son regard... ?

http://www.haitienmarche.com/

Présidentielles 2010: sont-ce les premières escarmouches?


[quote]PORT-AU-PRINCE, 8 Mars - Nous sommes déjà en pleine saison électorale. Tout désormais doit être interprété dans cette perspective. Aussi bien du côté de l'Exécutif que du Législatif. Et même de la Société civile (avec un grand S).

Seul manque l'essentiel pour de véritables élections: des leaders et des partis dignes de ce nom. De quelque côté que l'on se tourne, c'est soit le vide, soit la pagaille.

Et dans une dimension plus large, c'est que déjà il n'y a ni véritable pouvoir en place fonctionnant comme tel, ni opposition.

Commençons par les acteurs qui ont dominé toutes les dernières joutes depuis la chute de la dictature Duvalier en février 1986.

Même si la plupart d'entre eux aspirent encore et cela jusqu'au jour de leur dernier soupir, désormais ils n'ont plus les moyens de leur politique.

Ceux-là qu'une certaine terminologie appelait encore les grands partis - et ce jusqu'aux dernières présidentielles de 2006 - ne sont déjà plus que l'ombre d'eux-mêmes.

Vaincus par la " politique de réconciliation nationale " qui fonctionne aussi comme un puissant aspirateur et quand on n'est pas plus de deux ou trois représentants d'un parti, tous disparaissent dans la trappe.

Des blocs et des groupes...

C'est le cas aujourd'hui de plusieurs des partis dits de l'ex-opposition et tellement réduits à n'être plus que de nom, que leurs élus législatifs n'ont pas hésité à s'organiser différemment. C'est le Parlement des blocs et des groupes venu au monde ces deux dernières années.

Dans le cas de Fanmi Lavalas, le parti le plus proche des masses, c'est le cheminement inverse.Trop lourd à manier pour ses responsables sur le terrain (son chef matériel et spirituel, l'ex-président Aristide, ayant été forcé à l'exil après son brutal renversement en 2004), Fanmi Lavalas a fait implosion, c'est-à-dire s'est écrasé sous son propre poids, facilitant ainsi sa récente disqualification par un Conseil électoral provisoire (CEP) apparemment trop heureux de cette tâche.

Que les sénatoriales partielles du 19 avril prochain finissent par avoir lieu ou non, immédiatement après nous entrons de plain-pied dans les grandes manœuvres pour de nouvelles et bien plus importantes élections, vers fin 2009.

En effet, en janvier 2010 doivent prendre officiellement fonction le deuxième tiers (10 sièges) du Sénat, ainsi que de nouveaux élus pour toute la chambre des députés et pour toutes les municipalités communales et locales. Plusieurs centaines de postes à combler.

Aucun effet Obama...

Et cette fois le processus ne tolère aucun retard (comme ces sénatoriales du 19 avril prochain mais qui auraient dû avoir lieu depuis novembre 2007) car 2010 c'est aussi l'année des présidentielles. Novembre ou au plus tard décembre 2010. Le chiffre magique. L'unique objet de tous les sentiments et ressentiments enregistrés d'ores et déjà.

Si l'on en juge par le peu de temps qui reste et la masse de difficultés de toutes sortes dans lesquelles les organisations traditionnelles, y compris Fanmi Lavalas, se trouvent engluées, il se peut que toutes ces dernières soient déjà hors jeu... technique.

D'autant qu'il n'y a eu aucun renouvellement dans les rangs. Aucun effet Obama à prévoir.

Par conséquent pour la première fois depuis 1990 (accession de Jean-Bertrand Aristide porté par le mouvement Lavalas), il est possible que surgissent de nouveaux favoris.

Tout le monde le pressent et pour commencer les grands stratèges locaux.

Car l'ancienne opposition ayant disparu dans la trappe de la " réconciliation nationale ", les deux têtes les plus marquantes ont aujourd'hui encore pour nom, tenez-vous bien: René Préval et Jean-Bertrand Aristide.

L'actuel et le précédent.

Préval a désormais son propre parti. L'Espoir ou LESPWA.

Aristide garde jalousement son parti Fanmi Lavalas. Depuis son exil, il vient de rappeler qu'il en est le représentant national pour un temps indéfini, pour ne pas dire à vie, quitte à faciliter par ce contretemps la disqualification des candidats qui se sont placés sous son label.

Un remaniement de la Constitution...

Si les autres sont forcés d'attendre le signal du départ pour les présidentielles 2010, par contre pour Préval et Aristide, la course a déjà commencé.

Car vu sous cet angle, tout s'éclaire. Et quand les lavalas disent que l'élimination aujourd'hui de leurs candidats a pour but de faciliter la victoire à ceux de LESPWA, cela n'a pas l'air tout à fait faux. Ni tout à fait bête. Eh oui.

Vous me direz, Préval tout comme Aristide auront accompli les deux uniques mandats que permet la Constitution en vigueur.

N'oublions pas que tout le débat politique, doucement mais sûrement, est en train de converger dans une même direction: le remaniement constitutionnel.

Mais nous n'irons pas plus loin à ce niveau. En tout cas, pas aujourd'hui.

Car il reste d'autres alternatives. On n'est pas obligé d'être dans le " fauteuil bourré " pour gouverner. Ce qu'on appelle depuis Shakespeare le " pouvoir derrière le trône " et que l'Histoire d'Haiti dénomme plus simplement " politique de doublure. "

Et qui procure peut-être plus d'excitation (au sens psychique, pour ne pas dire psychotique du mot) que le pouvoir réel, quand celui-ci est beaucoup plus un portrait que toute autre chose. Photocopie, dit le bon peuple.

Le roi est mort, vive le roi...

Et comme le pouvoir, en Haiti comme ailleurs, ne se conçoit pas sans une certaine dose de sadisme, alors le roi est mort, mais vive le roi. Apre nou, se toujou nou .

Cela voudrait dire que entre les marasa (ou jumeaux) d'hier, on assisterait davantage aujourd'hui à une guerre de succession. D'autant que des successeurs de ce genre se bousculent toujours au portillon. Mais passons.

Car il se peut aussi que se dressent entre-temps d'autres pôles de compétition.

Par exemple, au Parlement. On dit que la Constitution en vigueur est parlementariste. Ce n'est pas totalement faux. En tout cas pour arriver à la réformer comme beaucoup (et pas seulement le chef de LESPWA) le souhaitent, c'est le Parlement qui a le dernier mot.

D'autre part, si le conflit " marasa " larvé semble devoir dominer l'année politique 2009, celle qui vient de s'écouler a vu la montée en puissance des blocs et groupes parlementaires.

C'est un groupe de sénateurs qui renvoya le Premier ministre Jacques Edouard Alexis (avril 2008) dès qu'on eut le moindre soupçon que ce dernier pouvait avoir des ambitions présidentielles. Et aujourd'hui le même groupe semble avoir aussi dans le collimateur son successeur, Mme Michèle Pierre-Louis.

C'est un bloc formé à la Chambre des députés, le CPP, qui cassa les reins aux deux premiers choix du président Préval après le renvoi du Premier ministre Alexis.

Nouvelle génération de politiciens...

L'année 2008 avait créé la surprise en transposant au Parlement le siège réel du pouvoir politique. Il suffit de se rappeler que la ratification de Michèle Pierre-Louis fut obtenue à l'arraché.

Mais cela aussi par-dessus la tête aux divers partis politiques auxquels appartiennent nominalement les membres de ces nouvelles entités (groupes ou blocs).

C'est la naissance d'une nouvelle génération de politiciens, aussi ambitieux que leurs aînés, mais aujourd'hui plus hardis car bénéficiant de l'avantage de la jeunesse. Et venant de tous les coins de la république. Vive la décentralisation!

La prochaine surprise peut venir de leur côté, qui sait.

Mais il reste aussi la Société civile. Minoritaire, mais plus compétente (technocratiquement parlant) et organisée. D'autre part, bénéficiant de passerelles avec les grandes chancelleries du monde capitaliste, il n'est pas dit que la Société civile ne puisse tirer parti de la pagaille générale. Des fois qu'elle se laisserait tenter.

Car aussi bien les maîtres (actuels et anciens) de l'Exécutif que les jeunes loups du Législatif, tous ont une même faiblesse: ils opèrent en pleine improvisation.

Marcus, 8 Mars 2009[/quote]

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