Fidel Castro au sommet de Monterrey: Un monde meilleur est possible

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Guysanto
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Fidel Castro au sommet de Monterrey: Un monde meilleur est possible

Post by Guysanto » Mon Feb 12, 2007 11:17 pm

La Havane, 21 mars 2002 (RHC) -- Le Chef de l'État cubain, Fidel Castro, a été le 13ème orateur du Sommet sur le financement du développement qui se tient à Monterrey au Mexique. Il a souligné « Ce que je vais dire ici ne sera pas partagé par tous, mais je vais dire ce que je pense et je vais le faire avec respect. L'ordre mondial actuel constitue un système de pillage et d'exploitation, jamais vu dans l'histoire. Les peuples croient de moins en moins aux déclarations et aux promesses. Le prestige des institutions financières internationales est en dessous de zéro. L'économie mondiale est aujourd'hui un gigantesque casino. Des analyses faites récemment révèlent que pour chaque dollar investi dans le commerce mondial, plus de 100 sont employés dans des opérations spéculatives qui n'ont rien à voir avec l'économie réelle.

Cet ordre économique a conduit 75% de la population mondiale au sous-développement. La pauvreté extrême dans le Tiers Monde atteint actuellement un milliard 200 millions de personnes. Le gouffre continue de se creuser. Il ne se réduit pas. Les revenus des pays les plus riches qui étaient 37 fois supérieurs à ceux des pays pauvres en 1960 leur sont aujourd'hui 74 fois supérieurs. On est arrivé à de tels extrêmes que les trois personnes les plus riches du monde possèdent des actifs équivalant au PIB des 48 pays les plus pauvres pris dans leur ensemble.

« En 2001, le nombre de personnes qui souffraient de la faim a atteint le chiffre de 826 millions. Celui des adultes analphabètes, 854 millions. Celui des enfants qui ne vont pas à l'école, 325 millions. Celui des personnes manquant des médicaments essentiels peu coûteux, 2 milliards. Celui des personnes ne disposant pas des conditions d'hygiène minimum, 2 milliards 400 millions. Pas moins de 11 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent tous les ans de causes évitables et 500 mille se retrouvent aveugles à jamais faute de vitamine A. Les habitants du monde développé vivent 30 ans de plus que ceux de l'Afrique subsaharienne. C'est là un véritable génocide.

On ne peut accuser les pays pauvres d'être responsables de cette tragédie. Ils n'ont pas conquis et pillé pendant des siècles des continents entiers. Ils n'ont pas établi le colonialisme, ni implanté l'esclavage, ni créé l'impérialisme moderne, ils en ont été les victimes.

La responsabilité principale du financement de leur développement incombe aux États qui aujourd'hui, pour des raisons historiques évidentes, jouissent des privilèges qui découlent de ces atrocités.

Le monde riche doit annuler la dette extérieure et attribuer de nouveaux crédits souples pour financer le développement. Les offres traditionnelles d'aide qui sont toujours rachitiques et souvent ridicules, sont insuffisantes ou ne sont pas respectées. Ce qui est nécessaire pour un développement économique et social soutenable est bien plus que ce que l'on dit. Des mesures telles que celles qu'a avancées James Tobin, décédé il y a peu, pour freiner le torrent irrépressible de la spéculation financière, bien son but n'ait pas été d'aider au développement, seraient peut-être aujourd'hui les seules qui pourraient fournir des fonds suffisants. Ces fonds dans les mains des organes des Nations Unies et non de funestes institutions comme le FMI, pourraient apporter une aide directe au développement avec la participation démocratique de tous sans que l'indépendance et la souveraineté des peuples ne soient sacrifiés.

Le projet de "Consensus" que les maîtres du monde nous imposent à cette conférence, suppose que nous nous contentions d'une aumône humiliante assortie de conditions et d'ingérence.

Il faut repenser tout ce qui a été créé depuis Bretton Woods jusqu'à maintenant. Il n'y a pas eu alors de véritable vision d'avenir. Les privilèges et les intérêts du plus puissant l'ont emporté.

Face à la profonde crise actuelle, on nous offre un avenir encore pire dans lequel la tragédie économique, sociale et écologique d'un monde qui sera chaque jour plus ingouvernable et où les pauvres et ceux qui souffrent de la faim seront chaque jour plus nombreux, comme si une grande part de l'humanité était de trop.

Il est temps pour les hommes politiques et les hommes d'État de réfléchir de manière sereine. La croyance selon laquelle un ordre économique et social qui s'est avéré être insoutenable, peut être imposé par la force, est une idée folle. Les armes, chaque jour plus sophistiquées qui s'accumulent dans les arsenaux des plus puissants et des plus riches - comme je l'ai déjà dit une fois – pourront tuer les analphabètes, les malades, les pauvres et les affamés mais elles ne pourront tuer l'ignorance, les maladies, la pauvreté et la faim.

Une fois pour tous, il faudrait dire adieu aux armes. Il faut faire quelque chose pour sauver l'humanité. Un monde meilleur est possible.

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