Nos compliments à notre cher ami et contributeur à Ann Pale!

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Guysanto
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Nos compliments à notre cher ami et contributeur à Ann Pale!

Post by Guysanto » Sat Nov 14, 2009 9:07 pm

Edwin est un ami de longue date. Je tiens à lui adresser mes compliments et j'ose espérer qu'il pourra faire de ce poste plutôt honorifique jusqu'à date un ministère valable et effectif, valorisant ainsi les aspirations légitimes de tous nos frères et soeurs vivant à l'extérieur du pays... pour le moins qu'il commence cette noble tâche (je n'en connais pas de mieux qualifiés) et d'ores et déjà je m'avise de le seconder dans la mesure du possible.

Sans vouloir nullement m'engager dans la politique trop triste de notre pays d'origine, j'aurais préféré voir Edwin en tête de la diplomatie haitienne en République Dominicaine, où il réside depuis bien des années, pour qu'un nouveau langage (et surtout une nouvelle attitude de l'Etat Haitien) soit tenu vis-à-vis des infractions criminelles perpétrées régulièrement contre nos compatriotes les plus démunis vivant en République Dominicaine depuis des jours, des mois, des années, des décennies, voire même des générations. Nous avons toujours pensé les gouvernements haitiens trop faibles à cet égard et ceci depuis le gouvernment de Sténio Vincent (au bas mot) qui a dû se soumettre à la plus ignoble promesse de réparations envers les familles affligées par le massacre de plus de trente mille de nos compatriotes, notre 9/11 à nous mais amplifié par un facteur de dix, au su de nos puissants voisins. Depuis lors, une menace de répétition pèse sur la main d'oeuvre haitienne en République Dominicaine qui pourtant a joué un rôle essentiel dans le développement de ce pays tandis que chez nous, cela a été une misère crasse et apparemment perpétuelle d'où notre faiblesse gouvernementale chronique dès qu'il s'agit de valoriser les droits de tous citoyens si miséreux qu'ils soient, et de notre quasi-absence sur le stage diplomatique.

Je le rappelle parce que si un homme tel que Edwin Paraison ne pourrait et ne pourra rien changer à cette équation sans une volonté politique extraordinaire réelle émanant du chef de gouvernement haitien, au moins lui il a lutté pour le respect des droits de nos plus misérables compatriotes travaillant laborieusement sur les bateys dominicains sans compensation adéquate. Il a été décerné, je le rappelle, la grande estime du prix de la société "Anti-Slavery", ce qui lui a valu par son acceptation d'irriter la hiérarchie de son ordre épiscopalien en République Dominicaine et de perdre l'exercice de son sacerdoce. Mais ce sacerdoce, il l'a continué dans la pratique bien que sous d'autres formes dans sa vie privée tant que publique comme consul haitien de la région de Baharona pendant bien des années. Des années où il a soutenu une association étroite avec les défenseurs des droits humains, dont je ne citerai pas les noms en ce moment pour ne pas leur causer de soucis inutiles, vu qu'ils en sont déjà accablés outre-mesure.

Oui, il est vrai que beaucoup souhaiteraient voir Edwin Paraison encore plus militant en paroles, alors qu'il s'évertue ces dernières années à promouvoir de façon pragmatique les liens culturels et intérêts d'échanges, type commerce et industrie, entre les deux pays, se partageant (très malaisément) une petite île et qui n'arrivent pas à se défaire de leur héritage colonial, de leurs suspicions, de leurs divisions, de leurs préjugés surchauffés et semblablement justifiés en maintes occasions par des actes tant arbitraires que déplorables, répétitifs et aussi prédictibles que profondément immoraux. Des actes odieux qui n'arrivent jamais à ébranler l'acharnement de certains politiciens dominicains contre la présence parfois illégale, il faut l'admettre, de nos compatriotes victimes d'une politique migratoire qui ferme les yeux à souhait... ou l'aveuglement ahurissant du prélat en tête de l'Eglise catholique dominicaine... ou la surdité de gouvernments homologues, de leurs chancelleries et ambassades, d'institutions civiques et entités politiques au civisme douteux qui préfèrent tout dénier comme l'autruche qui s'enfonce la tête dans le sable, dans l'idée de promouvoir leurs intérêts particuliers au lieu de ceux de tout un peuple.

Face à ces intérêts mesquins et souvent nocifs, Edwin Paraison a su préserver son intégrité morale mais aussi sa survie. Il s'est rangé fermement du côté des défenseurs des droits haitiens avec tempérance et grande lucidité à travers les médias, bien que mettant surtout l'accent sur l'idéal d'une alternative à ce cheminement infernal que sont nos relations de peuples, une entreprise qui serait pourtant possible avec tant soit peu de bonne volonté de la part de nos gouvernments et sociétés civiles.

Au delà de ces espoirs nourris en vertu d'un changement éventuel des relations dominico-haitiennes, nous espérons également, Edwin, que tu sauras encourager des relations franches et respectueuses entre l'Etat haitien et les fils et filles d'Haiti qui le soutiennent, où qu'ils/elles aient choisi de vivre et cela en dépit de vagues, tempêtes et marées.


Guy S. Antoine
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Discours d' Installation au MHAVE, 12/11/09

Post by Guysanto » Sat Nov 14, 2009 9:12 pm

[quote]Monsieur le Ministre MANIGAT,
Monsieur le Directeur Général,
Messieurs les Directeurs et Chefs de Service,
Cadres et employés du Ministère,
Chers parents et amis,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d'abord remercier le Président de la République et le Premier Ministre pour la confiance qu'ils ont placée en moi en faisant choix de ma personne à la tête du Ministère des Haitiens vivant à l'étranger (MHAVE).

Cet engagement est un nouveau défi de ma trajectoire, en termes de résultats à produire dans un délai relativement court, tenant compte du fait que, l'actuel gouvernement arrivera à la fin de son mandat dans 15 mois.

Comme l'a souligné le Ministre Manigat que je remercie pour les propos chaleureux à mon endroit, ce choix tient, sans doute compte des luttes menées pour une réponse adéquate et juste aux aspirations et revendications des haitiens et haitiennes en diaspora.

Le MHAVE créé en 1995 a déjà 14 ans d'existence comme principal pont entre les haitiens vivant à l'étranger et la mère patrie dans divers domaines. En ce sens, sa juridiction et son action s'étendent à toutes les communautés haitiennes des différents pays d'accueil de nos émigrants. Evidemment, dans les pays riches, l'intégration sociale et politique est institutionnellement encouragée. Nos compatriotes, devenus citoyens de ces différentes nations d'adoption, constituent donc, un bassin important de professionnels et de techniciens dont les connaissances et expertises doivent être massivement canalisées à travers du MHAVE vers le développement national.

Dans les pays du sud, particulièrement les Antilles, pour la majorité de nos ressortissants, la réalité n'est pas la même. Ils font face à de sérieuses difficultés provenant de la croissance de l'immigration irrégulière, dans le cadre d'un phénomène global accentue par les restrictions d'ordre socio-économique là où ils s'établissent. Cette réalité reflète à la fois la tendance des pays du nord, à restreindre la mobilité humaine par la voie de l'immigration sélective.

Dans cet ordre d'idées, les 12 interventions relatives à la question haitienne en République Dominicaine, dans les deux séances de ratification de la politique générale du gouvernement, ainsi que la minute de recueillement observée dans les deux chambres législatives à la mémoire de citoyens haitiens ayant trouvé la mort dans des circonstances connues par tous, en territoire dominicain, illustrent la gravité des problèmes qui doivent être gérés en grande partie par notre ministère, dont ce dossier particulier de la communauté doyenne de la diaspora et la plus proche d'Haiti. Un dossier qui sera tout naturellement prioritaire dans ma gestion et, sur la base des déclarations du premier ministre au sénat et la chambre basse, pour le gouvernement Préval-Bellerive.

En ce qui concerne les autres axes prioritaires retenus durant mon passage à la Direction du MHAVE, j'en citerai cinq :

1. Promouvoir le droit au vote des haitiens et haitiennes de la diaspora et la double nationalité;

2. Contribuer résolument à l'élaboration d'une politique vis-à-vis de la question migratoire et en particulier de la migration de la main d'œuvre ;

3. Organiser le transfert de compétences vers Haiti de concert avec les instances concernées des haitiens et haitiennes résidant à l'étranger ;

4. Mettre en place avec les institutions concernées les mécanismes conduisant à l'organisation de la coopération inter-haitienne dans le cadre du co-développement, du développement local et d'une formule haitienne s'inspirant du programme mexicain connu sous le nom de « Tres por uno » (trois pour un) en vue de faciliter la contribution des migrants haitiens à l'édification dans leurs régions d'origine d'œuvres d'intérêt public ;

5. Développer une politique de proximité et d'échanges permanents avec la diaspora.


A travers ces mots, les liens entre migration et développement, migration et droits humains, surgissent comme des champs d'interventions obligés du ministère, qui mettent en exergue, dans le contexte régional et international actuel, et la conjoncture haitienne, la nécessité d'une redynamisation du travail du MHAVE par un appui financier rendant possible l'atteinte de ses objectifs définis par sa mission et son mandat.

Il reste entendu que, conformément à la continuité de l'Etat, les activités actuellement en cours au MHAVE, seront, après évaluation, poursuivies.

Pour terminer, je sollicite la collaboration de tout le personnel du MHAVE afin de répondre aux attentes légitimes de nos frères et sœurs de la diaspora.


Merci
Edwin Paraison[/quote]

Discours d' Installation au MHAVE, 12/11/09

Serge
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Post by Serge » Mon Nov 16, 2009 2:29 pm

Guy,

Avec beaucoup de retard, je viens de lire ton texte en réaction à la désignation d'Edwin Paraison au poste de Ministre des haitiens vivant à l'étranger. Comme toi, j'adresse mes félicitations à Edwin Paraison dont les activités en faveur de la défense des droits sont connues de tous.

Tu as su, par l'éloquence de ton texte, rehaussser les faits marquants de la carrière de Paraison, et nous en diaspora, souhaitons tous, bien que prudemment, qu'il disposera des moyens nécessaires l'habilitant à accomplir sa tâche avec efficacité et surtout à obtenir des résultats concrets. Il faut être réaliste: en dépit du grand potentiel de ce ministère, on doit admettre que jusqu'à présent, la diaspora a été beaucoup plus déçue qu'encouragée. C'est pourquoi, précisément en raison de la trajectoire d'Edwin Paraison, nous sommes en droit d'être optimistes, non pas parce que nous nous attendons à des miracles, mais parce qu'il a démontré son engagement envers la protection des Haitiens tout au long de sa carrière, tandis que d'autres les foulaient aux pieds, comme tu l'as dit dans ton message.

Le discours d'installation d'Edwin Paraison permet d'espérer des jours très encourageants et si je devais ajouter un autre objectif à ceux qu'il a énumérés, je le formulerais dans ces termes:

" Essayer de mettre en place dans chacune des représentations haitiennes à l'étranger une structure ou un fonctionnaire qui se consacrerait, entre autres tâches, à consolider les liens avec la communauté haitienne locale et à faciliter les échanges, partage d'expériences et assistance technique avec leurs communautés en Haiti."

Il est plus que temps que des structures d'accueil soient mises en place dans le cadre d'un programme gouvernemental systématique pour mettre à profit les compétences de la diaspora haitienne.


Serge

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Guysanto
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Post by Guysanto » Sat Jan 09, 2010 11:25 pm

Haiti-MHAVE-HPN : Le ministre Edwin Paraison rend visite à Haiti Press Network
Posté le 9 janvier 2010

Le ministre des Haitiens vivant à l'étranger (MHAVE) a rendu une visite de courtoisie le 8 janvier à Haiti Press Network. L'occasion pour Edwin Paraison de fournir plus de détails sur certains points d'actualité et de définir sa mission.

Le vote des Haitiens de la diaspora, la question de la double nationalité, les rapports haitiano-dominicains, faire connaitre le MHAVE aux Haitiens de l'extérieur, doter ce ministère d'une loi organique sont parmi les préoccupations du ministre Edwin Paraison qui s'est confié à Haiti Press Network (HPN) lors d'un long entretien le vendredi 8 janvier 2010. Nous vous proposons un extrait.


Haiti Press Network: M. Paraison, vous avez annoncé récemment un projet pilote devant permettre aux Haitiens de la diaspora de voter lors des prochaines élections présidentielles en novembre 2010. Concrètement, qu'est-ce qui a été fait pour respecter cette échéance ?

Ministre Edwin Paraison : Nous avons d'abord lancé des consultations avec tous les acteurs impliqués dans le processus, que ce soit l'Exécutif, le Conseil électoral provisoire (CEP), les partis politiques, les organisations de la diaspora. D'ailleurs, il se profile même un projet de reforme à la loi électorale que le MHAVE a initié pour permettre l'inclusion des Haitiens de l'étranger. Nous avons entamé tout un plan stratégique pour arriver, dans certaines grandes concentrations de la diaspora, comme New-York, Miami, Montréal, Santo-Domingo, à rendre possible le vote des Haitiens vivant à l'étranger, un droit pour lequel ils luttent depuis longtemps. Jusqu'à présent tous ceux qu'on a abordés nous ont répondu positivement et nous avons confiance. Le seul obstacle qu'on pourrait avoir serait au niveau de la finance.


HPN : Pour ce vote expérimental, visez-vous un nombre de personnes en diaspora ?

Ministre Edwin Paraison : Nous prévoyons d'inscrire de 100 à 150 000 personnes pour commencer.. C'est vrai que c'est peu par rapport au nombre d'Haitiens vivant en diaspora. Mais quand on regarde la République dominicaine, par exemple, leur nombre de votants est toujours plus faible par rapport au nombre de leurs nationaux en diaspora. Pour Haiti, un fort pourcentage peut être issu des Etats-Unis et du Canada. Dans le cas de la république dominicaine, le problème se pose au niveau des pièces d'identité que ne possède pas la majorité de nos compatriotes installés là-bas. On négocie avec l'OEA la relance d'un programme d'octroi de document qu'ils ont eux-mêmes initié il y a quelques temps mais qui s'est arrêté en raison de l'incompréhension des uns et des autres.


HPN : Le problème de la double nationalité ne va-t-il pas se poser dans ce vote?

Ministre Edwin Paraison : Pour le vote, il est question de personnes ayant conservé jusqu'à présent leur nationalité haitienne. Si la personne peut prouver sa citoyenneté haitienne à l'aide d'un document, il sera apte à s'inscrire et à voter. C'est tout une logistique à mettre en place avec le CEP, les consulats, les ambassades. Dans ce cadre-là, on étudie la possibilité de signer un accord de partenariat avec le ministère des Affaires étrangères. Ces deux ministères, le MHAVE et le MEA, ont des zones d'embranchement et souvent se rencontrent. Il s'agit de montrer une certaine cohésion dans l'action gouvernementale en ce qui a trait à l'encadrement de nos compatriotes en diaspora.


HPN : En parlant de la question de la double nationalité, je crois que c'était l'un des points qui avait fait débat en août dernier au Congrès de Haitian League, à Miami. Comment vous comptez, pendant que vous êtes en poste, gérer ce dossier épineux ?

Ministre Edwin Paraison : En diaspora il y a deux dossiers politiques très fort : La double nationalité et le vote de la diaspora. Pour l'instant, nous nous concentrons sur le vote, mais nous oeuvrons aussi à ce que la question de la double nationalité avance, car c'est important. Avant, étant un membre actif de la société civile, j'avais pour mission de faire pression sur les autorités pour faire avancer ce genre de dossier, sans me douter que j'allais moi-même être à un poste de décision. Maintenant, que je représente l'autorité gouvernementale en la matière, il me faut faire pression sur moi-même. J'ai donc un double engagement, personnel et officiel, pour que les choses avancent.


HPN : Comment le MHAVE compte-t-il faciliter un retour des Haitiens de la diaspora dans les affaires en Haiti?

Ministre Edwin Paraison : C'est que l'on appelle le transfert de compétence vers Haiti. Beaucoup d'Haitiens établis là-bas, particulièrement au Canada, par exemple des anciens professeurs d'universités retraités qui souhaitent donner de leur temps dans l'éducation et dans d'autres domaines. Le MHAVE, ministère à caractère transversal, veut les recevoir. C'est notre devoir de recevoir des demandes en ce sens et les acheminer vers les ministères ou ces gens peuvent exercer leur expertise et voir comment ces ministères peuvent incorporer ces ressources humaines de la diaspora. Pour les investisseurs, il n'y a encore rien de précis et c'est l'un des objectifs du MHAVE, de convaincre des partenaires comme le Centre de Facilitation des Investissements, CFI, de faire un travail conjoint de promotion des investissement des la diaspora, particulièrement en Amérique du nord et en Europe. Mais nous considérerons aussi les investisseurs de la diaspora dans les Antilles ou encore en République dominicaine où l'investissement haitien s'élève à près de 1 milliard de dollars, selon un ancien ambassadeur dominicain.


HPN : Puisque nous sommes en République dominicaine, restons-y. 2009 a été une année particulièrement éprouvante pour les relations entre les deux pays. Que comptez-vous faire pour réduire les tensions entre les deux peuples en 2010 ?

Ministre Edwin Paraison : J'en viens à mon premier voyage à l'étranger en tant que ministre qui s'est effectué en République dominicaine. Ceci pour deux raisons : la première est d'ordre politique. Le président Préval, dans les deux occasions de son arrivée au pouvoir, s'est rendu d'abord en République voisine pour démontrer l'importance des relations haitiano-domincaines. C'est l'Etat le plus proche avec lequel nous devons développer des opérations d'échanges et de dialogue. Je me suis dit qu'il n'est pas normal qu'aucune action du MHAVE, ni d'une autre autorité gouvernementale en République dominicaine, n'ait été prise malgré tous les événements tragiques qu'il y a eu, alors que c'est la communauté de la diaspora la plus proche d'Haiti, la doyenne de la diaspora ayant 130 ans d'existence. J'ai donc fait ma première sortie chez nos voisins et la première chose que j'ai pu constater est que des Haitiens en République dominicaine ne connaissent même pas l'existence d'un ministère créé pour eux, qui est le MHAVE… J'ai effectué ce voyage pour plusieurs raisons : nous devons porter notre solidarité de façon formelle et officielle vers la communauté haitienne et démontrer aux autorités dominicaines que nous donnons une grande importance aux dossiers des Haitiens vivant dans ce pays. J'ai rencontré des dirigeants communautaires, des prêtres, des pasteurs, des dirigeants d'ONG et des officiels dominicains, comme mon homologue, le ministre des Dominicains vivant à l'étranger. Il dit s'être engagé à faire tout son possible pour améliorer les conditions de travail de nos compatriotes en République dominicaine. Autre pas important, le président Préval prépare actuellement une visite en République voisine. L'équipe du MHAVE est aussi impliquée dans la préparation de ce voyage. Le président Préval aura l'occasion de partager avec son homologue dominicain les inquiétudes que nous avons par rapport aux conditions de vie de nos compatriotes. Le MHAVE pour sa part veut proposer un accord migratoire bilatéral qui couvre les grands aspects de la problématique migratoire comme le fait qu'en République dominicaine, pour une communauté estimée à 700 000 personnes, seulement 5 000 aient une résidence légale. Il y aussi la situation les enfants nés d'Haitiens en République dominicaine et celle des Dominicains d'origine haitienne. Nous allons également réévaluer le mécanisme de rapatriement des Haitiens car les conditions dans lesquelles cela se fait sont souvent dénoncées par des instances internationales comme Amnesty International ou nationales comme le Garr.


HPN : Vous avez dit que peu de compatriotes de la diaspora connaissent l'existence d'un Ministère des Haitiens vivant à l'étranger. Qu'est-ce qui sera fait au niveau du MHAVE pour y remédier et aider à faire mieux connaître ce ministère en Haiti et dans la diaspora ?

Ministre Edwin Paraison : Le MHAVE est un ministère qui a été mal connu ou mal compris, depuis sa création, il y a 15 ans. Depuis mon arrivée en novembre 2009, on fait un travail de divulgation de l'information. Nous avons eu l'appui des medias qui nous ont permis d'expliquer le rôle de ce ministère, ce qu'il est, ses priorités. On œuvre à améliorer l'image de l'institution, lui donner plus de visibilité. Sur le plan interne, des actions sont entamées, comme une évaluation du personnel. Sur le plan externe, le MHAVE ne disposait pas de grands moyens de communication de la diaspora. La juridiction du ministère est à l'étranger, mais force est de constater que bon nombre de nos compatriotes ne le connaissent pas. Donc, on a d'abord réaménagé notre site web, on a visité plusieurs radios de la diaspora. On pense également à installer des lignes internationales pour que la diaspora puisse enter en contact avec le ministère. Tout ceci dans le cadre du développement d'une politique de proximité avec la diaspora.


Propos recueillis par Haiti Press Network

Retranscrits par Jonel Juste

Serge
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Post by Serge » Sun Jan 10, 2010 3:04 pm

Guy,

Dans ma réponse au discours d'installation du Ministre Paraison, j'avais dit ce qui suit: "Le discours d'installation d'Edwin Paraison permet d'espérer des jours très encourageants...".

Après avoir lu cette interview, je suis encore plus encouragé, non pas parce que le Ministre Paraison va faire des miracles, mais parce qu''il est évident qu'il a des objectifs bien arrêtés, une feuille de route. Autrement dit, il n'est pas en train de tatonner comme ce fut le cas dans le passé. C'est absolument vrai qu'il y a plusieurs Haitiens à l'étranger qui n'ont aucune idée du rôle de ce ministère. Le Ministre Paraison semble être bien conscient de sa tâche et des moyens dont il dispose pour atteindre son objectif. Puisse-t-il bénéficier de l'appui et de la volonté politique du gouvernement qu'il représente!

Kenbe la! Minis Paraison

Serge

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