General Rafael L. Trujillo

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General Rafael L. Trujillo

Post by » Fri Mar 17, 2006 3:01 pm

[quote]General Rafael Leónidas Trujillo Molina (October 24, 1891 - May 30, 1961)

Rafael Leonidas Trujillo Molina (1891-1961), gouverna la République dominicaine pendant 31 ans, soit comme président à part entière, soit dans les coulisses, en tenant le pouvoir derrière les chefs d'état marionettes qu'étaient Joaquin Balaguer et son propre frère, Hector. Assassiné en 1961 par d'anciens collègues mécontents (avec l'aide et l'assentiment des Etats-Unis), il continua à projeter son ombre sur la politique et la culture de son pays même apres la mort. Quatre ans d'instabilité amenèrent l'invasion et l'occupation américaine de 1965. (De 1916 a 1924, le corps d'élite des Marines avait joué le rôle d'un gouvernemnt de facto et entraîné Trujillo pour une nouvelle force de police nationale qui devint l'armée.

Trujillo représentait le dictateur d'Amérique Latine par excellence, souvent photographié en grand uniforme, avec médailles et fourragère. Il contrôlait non seulement la politique mais les companies, les institutions sociales, et la facon dont les gens pensaient. Il s'octroyait des titres tels "Bienfaiteur et père de la nouvelle nation" tout en rebaptisant Cité Trujillo la capitale, Saint Domingue. De sang mêlé cubain, dominicain et haitien, il poudrait son visage pour eviter qu'on ne le soupconne d'avoir du sang noir, et en 1937 ordonna l'attaque et l'assassinat de plus de 10 000 Haitiens en République Dominicaine.

Trujillo bénéficia d'une généreuse aide militaire et économique de la part des Etats-Unis. A cause de sa position anti-communiste (bien qu'il soit fort douteux qu'il ait eu la moindre idéologie sinon celle de se remplir les poches) Washington fermait les yeux sur ses abus des droits de l'homme. Il éprouvait une haine secrète et admirative pour Castro et son contrôle total de Cuba et, comme le Fulgencio Batista et l'Anastasio Somoza du Nicaragua, s'appuyait sur la répression et une force de police toujours présente pour étouffer toute opposition. Une remarque parfois attribuée à Cordell Hull, secrétaire d'état de Franklin Rossevelt, justifiait le soutien américain à Trujillo en disant de lui, "c'est peut-être un salaud mais c'est notre salaud.

Eventuellement, il présenta trop de risques pour le gouvernement américain qui, ne pouvant plus accepter les enlèvements, les meurtres, et la tentative d'assassinat du président Romulo Betancourt du Venezuela, facilita son élimination. Mario Vargas Llosa a écrit un roman prenant qui raconte en détail non seulement les faits concernant Trujillo (parfois appele "la chèvre") mais la psychologie individuelle et nationale des Dominicains qui le soutenaient. Racontée principalement à travers la vie de Urania Cabral, une femme d'un certain age qui a vécu la plus grande partie de sa vie comme avocat à New York, l'histoire est poignante, émouvante, et très intéressante. Urania est la fille du sénateur Augustin Cabral qui fut président du sénat et ministre de Trujillo. Après avoir, encore écolière, quitté la République dominicaine, elle est restée au loin pendant des décennies. Bien que n'ayant jamais répondu aux lettres de son père, elle retourne, sur un caprice, lui rendre visite dans la maison de son enfance quand il se trouve vieux et affaibli. Un torrent de souvenirs devient le ressort de ce livre engageant et pénétrant.

"Son nez enregistre une gamme d'odeurs aussi grande que la varieté infinie de bruits heurtant ses oreilles: l'huile que brûlent les moteurs des autobus . . Les langues de fumée qui se dispersent ou continuent à flotter au-dessus des piétons; les odeurs de graisse, et cet arôme dense, indéfinissable et tropical de résine et de broussailles se décomposant, de corps transpirants, un air saturé d'essences animales, végétales, et humaines.... Une odeur chaude qui touche une fibre intime de la mémoire et la ramène à son enfance et aux guirlandes multicolores accrochées aux toîts et aux balcons."

La famille Cabral est typique de ces classes aisées eduquées qui sallièrent avec Trujillo et prospérèrent en conséquence, mais le prix qu'elles paient en y perdant leur propre humanité est effarant. Urania est belle et sophistiquée mais distante. Glacée, elle exige de son père qu'il lui rende compte de sa vie. Elle est horrifiée qu'un être pensant ait pu suivre un dirigeant aussi mauvais et grossier que Trujillo qui, après quelques verres de Carlos I cognac espagnol...lui si raffiné, de langage si élégant, un charmeur de serpent quand il s'y mettait, utilisait soudain les mots les plus crus. Parlait comme on parle dans une plantation de sucre...dans un stade ou dans un bordel, parlait comme les homme parlent quand ils ont besoin de se sentir plus machos qu'ils ne le sont en realité.

Si la personalité de Trujillo avait été la seule cause de la froide colère d'Urania, nous n'éprouverions pour elle qu'une sympathie limitée, mais comme son histoire atteint les derniers moments, quand nous constatons la lâche trahison du sénateur Cabral bradant l'innocence de sa fille pour plaire au "Chef", nous sentons qu'elle a laissé son père s'en tirer à bon compte. Le livre amène le lecteur au bord de la terreur et le laisse plonger le regard au fond d'un gouffre de cruauté, posant la question (et fournissant la réponse): pourquoi les gens ne s'opposent-ils pas aux dictateurs? Pour certains, il s'agit d'apathie, pour d'autres de peur, pour beaucoup, d'avidité et de gain personnel. Vargas Llosa, pourtant, démontre brillamment une vérité plus perverse concernant la nature humaine: beaucoup de gens supportent ces tyrans parce qu'ils les admirent.

Les despotes apparaissent dans des périodes d'instabilité et promettent la securité, persécutent les minorités, expulsent les étrangers, emprisonnent les journalistes qui rapportent la vérité, et trouvent des personnes à blâmer pour les difficultés d'une nation. Aucune de ces souffrances ne gênent ceux qui n'en souffrent pas. Un nombre suffisant de gens constituant le "nous" parvient à éliminer les "eux".

Chaque année, Vargas Llosa est mentionné comme un possible lauréat du prix Nobel et il remplit toutes les conditions requises d'une grande figure littéraire: une vision unique, un style bien à lui, et le sérieux du sujet. Il n'est guère un penseur solitaire (il se porta candidats aux élections présidentielles de son Pérou natal en 1990) et mérite depuis longtemps d'être reconnu par l'académie suédoise. Mais même s'il ne reçoit pas cette récompense, son oeuvre lui assure déja une place parmi les plus grands écrivains de notre époque.


(*) Thomas Filbin est un écrivain qui vit à Westwood, dans le Massachusetts.
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The Feast of the Goat and The Terrible Winter of Trujillo

Post by » Fri Mar 17, 2006 4:28 pm

A book review

The terrible winter of Trujillo
By Thomas Filbin, 11/25/2001

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The Feast of the Goat
By Mario Vargas Llosa (translated, from the Spanish, by Edith Grossman) 
Farrar, Straus & Giroux, 404 pp., $25 
Rafael Leonidas Trujillo Molina (1891-1961) ruled the Dominican Republic for 31 years either as president in his own right, or as the power behind puppet heads of state Joaquin Balaguer and his own brother Hector. Assassinated by disgruntled former associates with the assent and assistance of the US government in 1961, he continued to cast a long shadow on the politics and culture of his country even after death. Four years of instability led to an invasion and occupation by the American military in 1965. (The Marine Corps was the de facto government in an occupation that lasted from 1916 to 1924, and trained Trujillo for a new national police force that became the army.)

Trujillo was the quintessential Latin American dictator, often photographed in full military dress with braid and medals. He controlled not only politics, but companies, social institutions, and the way people thought. He bestowed titles on himself such as ''Benefactor and Father of the New Nation,'' as well as renaming Santo Domingo, the capital, ''Ciudad Trujillo.'' Part Cuban, Dominican, and Haitian, he powdered his face to dismiss any notion that he might have black ancestors, and in 1937 ordered the attack and murder of more than 10,000 Haitians in the Dominican Republic.

Trujillo received generous US military and economic aid, and Washington overlooked his human-rights abuses because of his anti-Communist stance, although it is doubtful he had any ideology beyond self-enrichment. In a secret loathing way he admired Castro for his total control of Cuba, and, like that nation's Fulgencio Batista and Nicaragua's Anastasio Somoza, he relied on repression and an ever-present police force to stifle opposition. A remark sometimes attributed to Cordell Hull, Franklin Roosevelt's secretary of state, explained Trujillo as ''a son of a bitch, but he's our son of a bitch.'' Eventually he became even too much of a liability for the American government to stomach after such acts as kidnapping, murder, and the attempted assassination of President Romulo Betancourt of Venezuela, and so it encouraged his elimination.

Mario Vargas Llosa has written a gripping novel that details not only the facts about Trujillo, sometimes known as ''the Goat,'' but the personal and national psychology of the Dominicans who supported him. Told principally through the life of Urania Cabral, a middle-aged woman who has lived most of her life in New York as a lawyer, the story is poignant, moving, and immensely readable. Urania is the daughter of Senator Augustin Cabral, once president of the senate and Cabinet minister to Trujillo; she has stayed away from the Dominican Republic for decades after leaving as a schoolgirl. Although she never answered her father's letters, finally when he is old and feeble she returns on a whim and visits him at her childhood home. A torrent of recollection becomes the plot to this engaging and insightful book.

''Her nose registers a range of odors as great as the endless variety of noises hammering at her ears: the oil burned by the motors of buses ... tongues of smoke that dissipate or remain floating over the pedestrians; smells of grease ... and that dense, indefinable, tropical aroma of decomposing resins and underbrush, of perspiring bodies, an air saturated with animal, vegetable, and human essences. ... A hot odor that touches some intimate fibre of memory and returns her to her childhood, to multicolored heartsease hanging from roofs and balconies.''

The Cabral family is typical of the educated upper classes who fell in with Trujillo and prospered as a result, but the price they eventually pay in loss of their own humanity is staggering. Urania is beautiful and sophisticated but remote, and icily calls her father to account for his life. She is appalled that any thinking person could have followed a leader as vicious and crude as Trujillo, who, ''at night, after a few glasses of Carlos I Spanish brandy, ... so careful, refined, elegant in his speech - a snake charmer when he set his mind to it - would suddenly come out with the filthiest words. Talk the way they do on a sugar plantation ... in the stadiums and brothels, talk the way men talk when they need to feel more macho than they really are.''

If Trujillo's personality were the sole reason for Urania's cold anger, we would have limited sympathy for her, but as the story reaches its final moments, when we see Senator Cabral's craven betrayal of his daughter's innocence to please ''the Chief,'' we feel if anything that she has let her father off too lightly. The book brings readers to the precipice of terror and lets us look into the abyss of cruelty as it poses and answers the question: Why do people not oppose dictators? For some it is apathy, for some fear, for many others greed and personal gain. Vargas Llosa, however, brilliantly reveals a more depraved truth about human nature: Many people support these tyrants because they admire them. Despots rise up in times of instability and promise security, persecute minorities, expel foreigners, imprison journalists who report the truth, and create objects of blame for a nation's troubles. None of this suffering displeases those who do not suffer. Enough people constituting ''us'' can eliminate ''them.''

Vargas Llosa is mentioned every year as a possible Nobel Prize recipient, and he fits all the requirements for a great literary figure: unique vision, a distinctive style, and seriousness of subject. Not a secluded thinker, he is engaged and political (he ran for president of his native Peru in 1990). He is long overdue for recognition by the Swedish Academy, but if he never receives it, he has by his body of work already secured a place as one of the monumental writers of our time.


Thomas Filbin is a freelance writer who lives in Westwood. Last fall he was a visiting scholar at Oxford University.

This story ran on page D4 of the Boston Globe on 11/25/2001.
© Copyright 2001 Globe Newspaper Company.

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