RENCONTRE DE SANTO DOMINGO / DEBATS

Post Reply
Edwin Paraison
Posts: 84
Joined: Sun Jun 03, 2007 7:32 pm

RENCONTRE DE SANTO DOMINGO / DEBATS

Post by Edwin Paraison » Tue Oct 13, 2009 5:49 pm

CONFLITS DE DEVOIR AUTOUR DE LA RENCONTRE DE SANTO DOMINGO
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8874

LA REUNION DE SANTO DOMINGO ET LA QUESTION HAITIANO DOMINICAINE (1ere partie)


LA REUNION DE SANTO DOMINGO ET LA QUESTION HAITIANO DOMINICAINE (suite et fin)


MISE AU POINT DU COORDONATEUR
RENCONTRE PATRIOTIQUE DE SANTO DOMINGO : EN GUISE DE REPONSE À MES DÉTRACTEURS ET AUX JUSTES PRÉOCUPATIONS DES FEMMES ET DES HOMMES DE BONNE VOLONTÉ



Depuis la réalisation des Assises de Santo-Domingo, les réactions ont fusé de toutes parts sur l'Internet, de citoyen(e)s animés de diverses intentions, des plus nobles aux plus obscures, des plus spontanées aux plus commanditées.

J'avais décidé de garder un silence introspectif, parce que rien ne rivalise le recul lorsqu'on veut agir dans la sérénité. Dans le cadre de ma réflexion, j'ai considéré toutes les critiques et tous les compliments adressés à l'initiative avec la même ouverture d'esprit. Je n'entends nullement me défendre auprès de ceux qui pensent détenir un supplément de citoyenneté sur la base de laquelle, et avec une arrogance à peine voilée, je dois justifier les actions que je pose dans le cadre du redressement d'une Nation qui a connu des jours meilleurs. J'entends surtout m'adresser aux citoyens de bonne volonté qui initialement ont supporté l'initiative, et qui, noyés par la vague des critiques stériles et commanditées par Port-au-Prince, auraient perdu de vue la portée et l'importance de l'événement.



LA RENCONTRE PATRIOTIQUE DE SAUVETAGE NATIONAL DE SANTO DOMINGO est le résultat d'un simple constat : aucun pays ne se développe sans une base théorique forte, une réflexion structurante, et une vision claire de ses élites partagée par le reste du corps social. Notre histoire nous enseigne que l'action dépourvue de base théorique conceptuelle est plus susceptible de déboucher sur des insurrections utopiques que sur un développement et une démocratisation irréversibles. LA RENCONTRE DE SANTO DOMINGO était donc un moyen d'engager certaines des plus belles têtes de l'intelligentsia haitienne dans une réflexion exploratoire fertile que d'autres secteurs enrichiraient, en vue de déboucher sur un nouveau paradigme de l'État, une consolidation de la Nation, et un engagement civique dans la promotion de notions telles : la responsabilité (accountability), la libre entreprise, la sécurité des vies et des biens, la promotion des investissements, l'assainissement des finances publiques, et aussi —quoi qu'on dise— une résolution sur le long terme de la situation des Haitiens vivant en République Dominicaine.



On me reproche de m'être intéressé de manière soudaine au dossier des Haitiens vivant dans les bateys. Une telle critique ne peut être que l'expression de la mauvaise foi ou de la myopie intellectuelle, ou d'un mélange des deux. Il y a plusieurs façons de s'attaquer au problème de nos compatriotes vivant en République Dominicaine. En tant que sénateur du Nord-Est, j'ai investi plus de temps à promouvoir la création d'emplois qu'à légiférer en tant que tel. Pourquoi les Haitiens, en dépit des conditions infrahumaines sévissant dans les bateys, continuent-ils de s'y rendre ? Parce que chez nous la situation est encore pire pour eux. La réponse est difficile à digérer, mais elle n'en est pas moins vraie. Fort de ce constat, tout citoyen pragmatique admettra que la résolution du problème sur le long terme passe par la création d'emplois en Haiti, ce à quoi je m'étais attelé d'abord en tant que citoyen privé et capitaine d'industrie, puis en tant qu'entrepreneur politique et sénateur de la République impliqué dans le développement.



À côté de la stratégie à long terme, il nous faut une stratégie portant sur les court et moyen termes. Les approches peuvent diverger. Certains pensent que la dénonciation dépourvue de toute vision claire résoudra le problème. Je ne suis pas de cet avis. La dénonciation ponctuelle d'actes inhumains peut aider à attirer l'attention sur le dossier, mais ne saurait constituer une stratégie intelligente en soi. Le dialogue franc et sincère, sans tricherie, est, à mon sens, la meilleure voie que nous puissions emprunter. Maintenant, on me reproche la présence de certains Dominicains aux Assises de Santo-Domingo. En dépit de la précarité de leurs rapports, de leurs guerres constantes, Israéliens et Palestiniens ne se parlent-ils pas ? Le président Obama, en dépit du fait que 15 Musulmans sont derrière l'attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, ne s'est-il pas rendu en Égypte pour solliciter un nouveau départ dans les relations de l'Amérique avec le monde Musulmans ? En dépit du fait que le Shérif Joe Arpaio inflige un traitement inhumain aux immigrants Mexicains qu'il traque systématiquement dans son Comté du Maricopa, les oblige à porter des sous-vêtements roses et se flatte de n'allouer qu'un dollar par jour par prisonnier à la cantine de la prison, à un tel point qu'il fait actuellement l'objet d'une investigation fédérale pour abus, les responsables Mexicains ne dialoguent-ils pas régulièrement avec leurs homologues Américains en vue d'une amélioration des conditions de leurs ressortissants ?

Les relations haitiano-dominicaines ont toujours été négativement influencées par des préjugés de part et d'autre de la frontière. Les Dominicains se font une idée négative de nous, ce qui s'est aggravé avec le récent développement économique qu'ils ont connu parallèlement à notre chute abyssale vers les ténèbres du sous-développement. De notre côté, nous assimilons a priori la femme Dominicaine à une prostituée. Dans sa théorie sur la réduction des préjugés (L'hypothèse du contact) —théorie considérée jusqu'aujourd'hui comme unique dans le domaine par les meilleurs sociologues du monde— Allport (1954) recommande que les groupes nourrissant des préjugés les uns envers les autres échangent des relations sur une base régulière dans un cadre social égalitaire. Le fait par des membres de ces groupes de nourrir des rapports réguliers contribue progressivement à combattre les préjugés et, par ricochet, les attitudes négatives. L'Haitien qui côtoie des femmes Dominicaines professionnelles ne peut que chasser le stéréotype de la prostitution de son esprit. Dans la même lignée, le fait de réunir dans une même enceinte des étudiants Haitiens, des intellectuels de grand acabit produisant une réflexion de choix sur Haiti et des officiels Dominicains, a contribué à véhiculer une meilleure image d'Haiti. Mais comment cela a-t-il aidé l'ouvrier des bateys, me demandera-t-on ? Je répondrai qu'il en profite sur tous les fronts. D'abord, étant donné que nous avons priorisé la démarche du dialogue aux dépends de la confrontation, le fait d'associer des Dominicains à la réflexion nous permet d'établir des liens que nous pourrons utiliser dans le futur, lorsqu'il faudra négocier de meilleures conditions pour nos frères et sœurs des bateys, en attendant l'étape idéale de leur retour au bercail. En ce sens, les officiels Dominicains nous percevront comme des partenaires en train de réfléchir sur un problème commun. Parce qu'il ne faut jamais oublier que l'immigration haitienne en République Dominicaine pose aussi des problèmes aux Dominicains, vu qu'ils n'ont pas le contrôle absolu du flux d'Haitiens traversant la frontière. D'autre part, le fait d'organiser la rencontre à Santo-Domingo contribue à sensibiliser la société civile Dominicaine sur la nécessité pour les deux pays de résoudre leurs problèmes en commun. Tout rapprochement des deux peuples, à quelque niveau que ce soit, sans compromission, profite à l'Haitien des bateys et aux étudiants Haitiens de là-bas.

On me reproche le fait de vouloir qu'Haiti s'inspire du modèle dominicain pour résoudre ses problèmes. Cette critique est risible. Aucun pays n'est arrivé à se développer en réinventant la roue. La République Dominicaine s'est inspirée du modèle Américain pour emprunter la voie du développement. C'est le concept du transfert de technologie. Il est de loin plus facile de transférer le savoir-faire de la République Dominicaine à Haiti, qu'il ne l'est d'aucun autre pays, exception faite de l'implication directe d'un nombre élevé de techniciens et d'experts Haitiens de la diaspora dans le développement d'Haiti, ce qui n'est pas possible dans l'immédiat. Certains nationalistes sentimentaux et masochistes préféreraient qu'Haiti périsse au lieu que nous nous inspirions des Dominicains qui eux se sont inspirés des Américains, pour lancer le pays sur la voie du développement. Mon nationalisme est pragmatique. Je pense qu'Haiti et la République Dominicaine ont un passé douloureux ; mais tout développement réel des deux pays passera par l'harmonisation de nos relations. Par exemple, pourquoi ne profiterions-nous pas de la logistique Dominicaine pour, à travers le tourisme multi-destination, attirer les touristes que reçoivent nos voisins vers la Citadelle ? Malheureusement, certains compatriotes ne conçoivent les relations haitiano-dominicaines que dans un cadre conflictuel stérile. Ils son t confortablement installés à l'opposition là-bas, et n'aimeraient pas que leurs amis de l'opposition Dominicaine les voient en train de dialoguer avec ceux qu'ils perçoivent comme l'ennemi à abattre. Pour ces gens, une résolution de la situation des Haitiens de là-bas signifierait la fin de leur croisade. Ces individus trouvent normal et moral de s'associer étroitement à des régimes scélérats et criminels (qui tuent les citoyens grâce au terrorisme d'État), mais me reprochent de dialoguer avec des Officiels Dominicains. Selon cette logique, il est seulement immoral de maltraiter les Haitiens lorsque les bourreaux sont des étrangers. Ces individus ferment les yeux sur les atrocités infligées aux citoyens Haitiens par leurs dirigeants, en vertu d'une moralité sélective et démagogique. Moi, je fais la Realpolitik d'Haiti, et je suis prêt à m'asseoir avec tous ceux qui veulent discuter de la question haitienne.



On reproche toujours aux élites intellectuelle et économique de ne pas s'impliquer dans le développement du pays. J'espère qu'on comprendra, à travers les méchantes critiques adressées à notre initiative, pourquoi certains citoyens hésitent à sacrifier leur tranquillité sur l'autel de la méchanceté de certains individus. Certains, en panne d'arguments, sont allés jusqu'à nous accuser d'avoir coopté la ligue des pasteurs Haitiens de la République Dominicaine. Cette critique est symptomatique d'un grave déficit de bon sens. Qui d'autre est mieux qualifié pour dénoncer une telle récupération que la ligue elle-même ? Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait ?



Pour finir, je tiens à remercier tous ceux qui ont participé à la Rencontre, et qui ont contribué à son enrichissement par leur contribution intellectuelle de qualité. Je remercie aussi ceux qui sur l'Internet, ont supporté l'initiative et m'ont demandé d'apporter des éléments d'éclaircissement sur le dossier. Je me suis tu jusqu'ici pour laisser le temps à ceux qui crachaient en l'air que leur crachat leur retombe sur le nez. Tout le monde a identifié les commanditaires des attaques adressées contre l'initiative. Il y a eu aussi des compatriotes de bonne foi à émettre des réserves ou des questions légitimes. J'espère que ma note aura répondu à leurs préoccupations.



Maintenant, la réflexion est lancée. Il faudra l'approfondir, et nous ne prétendons nullement détenir un quelconque monopole sur la question, contrairement à ceux qui considèrent le dossier des bateys comme leur chasse gardée, et qui entendent prévenir toute interférence d'autres citoyens dans leur basse-cour, fût-il au dam de ceux-là mêmes qu'ils prétendent vouloir émanciper.



Cela dit, je n'entends nullement m'engager dans les échanges épistolaires stériles que certains semblent particulièrement aimer à des fins de publicité. Je suis un homme d'action, et je m'engage à travailler au suivi de la Rencontre, en vue de l'élaboration du PLAN DE SAUVETAGE NATIONAL, conformément à la déclaration finale en date du 31 août 2009.



Santo Domingo, le 12 octobre 2009,

Patriotiquement, Rudolph H. Boulos, entrepreneur politique et sénateur de la République d'Haiti

LE BLOW BACK DE LA RENCONTRE DE SANTO DOMINGO
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8837

Post Reply