Pote mak sonje

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Edwin Paraison
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Pote mak sonje

Post by Edwin Paraison » Sat Oct 06, 2007 8:27 am

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1937-2007 : soixante-dix ans après le massacre « perejil »
Par Sabine Manigat
sabine.manigat@lematinhaiti.com

Ils ne sont pas tous morts, mais tous étaient visés. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1937 a débuté, en l'absence de conflit déclaré, l'un des plus grands massacres perpétrés par un gouvernement de la région contre une population étrangère. Durant des mois, l'armée dominicaine a poursuivi, assassiné, refoulé brutalement, dans le meilleur des cas, des milliers d'Haitiens qui vivaient le long de la frontière ou en d'autres points du territoire de la république voisine.

L'horreur silencieuse, les méthodes, l'usage prépondérant, voire exclusif, de l'arme blanche, le folklore même de la chose (la vie ou la mort accrochée à la prononciation d'un mot: « perejil ») paraissent sortir tout droit d'un film d'horreur dont on a peine à imaginer la matérialité aujourd'hui. Les raisons ? On a parlé d'allégations d'invasion pacifique le long de la frontière. À noter que cette question de frontières mal définies ou objet historique de contestations n'est pas originale.

Dans bien de pays nés de délimitations postcoloniales, ce genre de différends a donné lieu à des disputes, voire à des conflits ouverts comme pour le Chili avec la Bolivie ou El Salvador avec le Honduras. On a aussi parlé d'hystérie anti-haitienne, d'où la sélection des victimes selon la couleur de la peau et l'accent ; et « perejil » est demeuré comme le symbole de cette stigmatisation. Ici encore, le dictateur dominicain n'a guère innové ; tout au plus a-t-il devancé de quelques années celui qui allait devenir le champion du monde de la chose, le nazisme allemand.

On a encore évoqué une solution criminelle à la pression migratoire des travailleurs du sucre, les braceros. Mais il est aujourd'hui avéré, depuis les travaux d'historiens tant haitiens que dominicains, que les braceros, résidant dans les bateys, furent précisément la seule catégorie d'Haitiens à être épargnée par le massacre.

Car, à bien y réfléchir, au-delà du sentiment anti-haitien diffus, mais répandu, tous n'étaient pas visés. La population frontalière était de loin la plus exposée de par sa visibilité, mais aussi parce que sa présence en République dominicaine n'était pas fonctionnelle à l'économie dominicaine au même titre que celle des coupeurs de canne, il s'en faut. Le capital a parfois ses raisons que le racisme ne connaît pas et les intérêts du sucre n'avaient pas à sacrifier à la démence d'un tyran.

Le bilan : 12 000? 20 000 victimes? De toute façon, aucun débat de chiffre ne saurait minimiser l'horreur et le prix fort payé pour ce délire identitaire d'un dictateur aux prises avec une histoire aussi inéluctable que la géographie qui la porte. Et pour ce qui est de la réaction de l'État haitien, le gouvernement de l'époque se contenta d'adopter un profil bas et négocia des « dédommagements » dont une partie servit à réinsérer quelques-uns des rescapés rapatriés. À la fin des années 1980, il existait encore à Colonie, une bourgade proche de la frontière nord-est, quelques-uns de ces rescapés arrivés enfants avec (ou sans) leurs parents après 1937.

Décidément, on ne gagne rien à supprimer l'autre. Mieux, on ne le supprime jamais vraiment. Les résultats de la shoah sont là pour le démontrer, de même que ceux de l'obsession de certaines élites latino-américaines. Alors? Alors, il faut vivre avec l'autre. Mais pas n'importe comment. Pas comme une simple fatalité, car des choix historiques ont, de part et d'autre, produit ce présent de coexistence nécessaire. Pas en ressassant la haine ou le complexe de persécution, car, hier comme aujourd'hui, la recherche de la justice et du respect de l'autre doit être une boussole pour établir clairement les responsabilités et exiger, chaque fois que cela s'avère nécessaire, les explications, excuses et réparations exigibles.

Pour nous autres Haitiens, le devoir de mémoire est incontournable. Les circonstances difficiles, qui définissent actuellement les relations entre nous et nos voisins, rendent ce devoir encore bien plus nécessaire. Mais, par-là même, il nous faut répondre aussi à l'exigence du dépassement. L'intelligence bien comprise, les intérêts combien divers des deux peuples, la nouvelle donne internationale qui commande des solidarités et des regroupements régionaux, tout concourt à convaincre les deux peuples qu'ils ont tout à gagner dans la mesure, le respect de l'autre et l'observance des règles internationalement établies de relations entre les Etats et les peuples.

Mais, aujourd'hui, nous nous souvenons. Pote mak sonje.

vendredi 5 octobre 2007[/quote]


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Edwin Paraison
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DES INTELLECTUELS DOMINICAINS SUR LE MASSACRE

Post by Edwin Paraison » Mon Oct 08, 2007 3:16 pm

Haiti-R.Dominicaine: Le racisme, principal motif du massacre des Haitiens en 1937, selon des intellectuels dominicains

lundi 8 octobre 2007

P-au-P., 8 oct. 07 [AlterPresse] --- « De toutes les influences bâtardes que nous a laissées Rafael Leonidas Trujillo (dictateur dominicain au pouvoir de 1930 à 1961), le préjugé racial est devenu l'une des plus nocives éraillures infligées à l'âme des Dominicains », affirme l'historien dominicain Hugo Tolentino Dipp dans un texte récemment publié par l'agence en ligne Clave Digital.

« Il n'est pas vrai que nous sommes plus Dominicains dans la mesure où nous sommes anti-haitiens. Oui, nous serons plus patriotes et meilleurs Dominicains quand nous pourrons vaincre ces traces idéologiques que nous ont laissées, dans notre culture, ceux qui ne respectent pas le principe de l'égalité de tous les êtres humains », ajoute l'intellectuel dominicain dans le même texte, en guise de commentaire du dernier livre de Bernardo Vega, intitulé « La agresión contra Lescot : de 1942 à 1946 ».

Tolentino rappelle toutefois que si « avec Trujillo et dans le contexte politique d'alors, le racisme s'est transformé en fer de lance de toute une croisade xénophobe », cependant, cela « ne signifie pas que le dictateur dominicain ait été son créateur original et historique », précise-t-il.

« Il suffit seulement de scruter notre passé depuis la colonie jusqu'à la fondation de la République pour rencontrer des énoncés et des déductions qui peuvent bien être considérés comme antécédents de cette dépréciation du noir », avance-t-il.

La propagation de l'anti-haitianisme a-t-elle été la politique officielle durant les 31 années de la dictature de Trujillo ?

Dans le troisième volume de sa trilogie consacrée au thème « Trujillo et Haiti », l'une des thèses soutenues par l'historien et économiste dominicain, Bernardo Vega, prend le contrepied de ce que « le Dominicain généralement croit », à savoir que « durant les trente et une années de la dictature de Trujillo la politique officielle a été celle de propager l'anti-haitianisme ».

L'actuel directeur du journal dominicain El Caribe, Bernardo Vega, soutient dans le prologue de son livre commenté par Hugo Tolenino Dipp que « en réalité, cela (la propagation de l'anti-haitianisme) eut lieu seulement entre 1942 et 1946, ce qui coincide avec la haine que Trujillo cultiva contre son ancien ami et protégé, Élie Lescot, qui devint président d'Haiti en 1941. Ni avant ni après cette période qui a duré quatre ans, Trujillo n'a permis que des arguments anti-haitiens soient publiés ».

À cette époque (de 1942 à 1946), des intellectuels du pouvoir, dont l'ex président Joaquín Balaguer, se sont attelés à la tâche, ordonnée par Trujillo, de dénigrer le peuple haitien en le taxant de « barbare », « indolent », « inférieur »…

Cependant, l'une des personnalités les plus brillantes et humanistes que la République Dominicaine ait connue, Juan Bosch, a fustigé cette campagne de dénigrement.

Dans une lettre adressée en 1943 à Emilio Rodríguez Demorizi, Hector Inchaustegui et Ramón Marrero Aristy, l'écrivain dominicain, et par la suite homme d'état malheureux, a réprimandé ces intellectuels anti-haitiens tout en revendiquant le droit fondamental des Haitiens d'être traités comme des être humains et surtout leur droit à la vie.

« Je vous ai entendu vous exprimer, principalement Emilio et Marrero, avec haine contre les Haitiens et je me suis demandé comment est-il possible d'aimer son propre peuple tout en méprisant un autre, comment est-il possible d'aimer ses propres fils et de hair en même temps ceux du voisin seulement parce qu'ils sont les enfants des autres. Je crois que vous n'avez pas médité sur le droit de tout être humain, qu'il soit haitien ou chinois, de vivre avec un minimum de bien-être indispensable pour que la vie ne soit pas une charge insupportable ; vous traitez les Haitiens pires que des animaux parce qu'aux porcs, aux bœufs et aux chiens vous ne leur nieriez pas le droit de vivre ».


La vraie raison du massacre de 1937

Bernardo Vega a aussi fait le point dans sa dernière publication sur la vraie raison ayant poussé le dictateur dominicain à ordonner le massacre des Haitiens et des Dominicains d'origine haitienne et à la peau noire.

L'ancien ambassadeur dominicain réfute l'argument que Trujillo lui-même avait évoqué pour justifier ce « génocide », à savoir, la lutte contre le trafic illégal des migrants.

« Vingt ans après le massacre, Trujillo décida d'investir dans le négoce de la canne-à-sucre, en devenant propriétaire de 10 des 14 ingenios (plantations sucrières) du pays. L'assassin des Haitiens devint alors leur principal employeur, et même quand il était propriétaire d'ingenios il ne promouvait non plus la dominicanisation de la coupe de la canne », argumente l'historien dominicain, tout en pointant du doigt l'ambigüité de l'homme d'État et de tous les gouvernements dominicains postérieurs par rapport au thème de la présence et la migration des travailleurs haitiens dans le pays.

Pour l'écrivain, le massacre de 1937 qui a été initié depuis La Cumbre, Bonao, La Vega, Puerto Plata, Samaná, en passant par la zone frontalière jusqu'à Restauración et toute la ligne du Nord-Est (de la République Dominicaine) répond tout simplement au « concept de blanchir les Dominicains (qui) fut une aspiration séculaire nationale depuis l'indépendance de la République ».

[wel gp apr 08/10/2007 11:10]

Edwin Paraison
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UN EVEQUE RD DEMANDE PARDON AU PEUPLE HAITIEN

Post by Edwin Paraison » Mon Oct 08, 2007 3:22 pm

Article en espagnol du journal Hoy
L´Eveque dominicain Diomedes Espinal de la zone ou avait commence le massacre demande pardon au peuple haitien

http://www.hoy.com.do/article.aspx?id=127808

Le prof. Universitaire Guercy Antoine (de la communaute haitienne de la RD) qualifie de "crime contre l´humanite" le massacre de nos compatriotes en 1937
Un article en espagnol de EspacInsular
http://www.espacinsular.org/spip.php?article4272

Le texte de Guercy en francais:
http://espacinsular.org/spip.php?article4273

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