COMMUNAUTE HAITIENNE EN RD

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Edwin Paraison
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COMMUNAUTE HAITIENNE EN RD

Post by Edwin Paraison » Wed Aug 22, 2007 8:28 pm

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CANADA / HAÏTI / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / BATEYS / «Marraine»: pour dénoncer l'esclavage dans les bateys


La jeune retraitée ontarienne, Hélène Koscielniak, n'avait jamais cru que des talents d'écrivain sommeillaient en elle. Pourtant, intarissable a été son inspiration au vu de l'horreur des Haitiens en République dominicaine.

Un paradis cauchemardesque
«En tant que touriste, je suis allée visiter un paradis et non pas l'horreur que j'ai constatée là-bas», a déclaré l'auteur de «Marraine» dans une entrevue à l'agence de presse «Média Mosaique».
De retour au Canada après ce périple qui s'est révélé plutôt cauchemardesque, la Francoontarienne, pour se sentir en paix avec sa conscience, n'a senti nul autre besoin que celui d'extérioriser son vécu.

Un stylo pour se défouler
Pour outiller sa démarche, Hélène Koscielniak raconte avoir tout de suite eu l'envie d'effectuer des recherches supplémentaires sur la situation dans laquelle vivent les braceros haitiens en République dominicaine, laquelle lui était tout à fait inconnue.
De cet exercice inédit est partie finalement l'idée de rédiger un roman. «Marraine», a-t-elle précisé au micro de Mediamosaique.com, est le fruit d'innombrables heures de recherche.
«J'ai lu beaucoup, j'ai regardé des documentaires à la télé, j'ai fait des comparaisons», a-t-elle ajouté en indiquant avoir auditionné également des élèves de l'école secondaire de sa ville qui, à chaque année, envoie un groupe d'élèves en République dominicaine pour aider les gens dans les bateys.

« Marraine » met l'accent sur quoi?
À en croire celle qui a désormais pris le goût d'écrire, ce roman a surtout levé le voile sur «la situation des enfants d'Haitiens nés dans les bateys qui sont, comme on les appelle, les sans papiers».
Elle dit dénoncer «le calvaire quotidien de ces enfants qui naissent et qui grandissent en République dominicaine et qui n'ont pas accès à l'école, à l'éducation, aux soins de santé».
« Marraine » change déjà les habitudes de bon nombre de Canadiens.
Parlant des commentaires reçus suite à la publication en juin 2007 de son ouvrage, elle déclare que «les nombreuses réactions que j'ai reçues à date laissent entendre que le livre est assez touchant ».
«Les gens sont estomaqués de lire autant d'abus auxquels font face ces pauvres petits-là en République dominicaine», a-t-elle poursuivi en soutenant que même si les personnages sont fictifs, comme c'est le propre d'un roman, en revanche, dit-elle, «tout le background politique, culturel, géographique est de la réalité».
«Certains m'ont dit qu'ils n'étaient jamais au courant de cette situation-là. Une autre personne m'a dit, qu'à la lecture de mon roman, elle a décidé de parrainer un enfant là-bas.»
«Un autre lecteur m'a dit : je ne verrai plus jamais le sucre de la même façon. Il m'a dit, le matin quand je prends deux cuillères à thé de sucre, je retourne à ton roman et je me dis: ça vient de loin ce sucre-là; ça a dû faire énormément de peine à des gens avant d'arriver jusqu'à moi».
Hélène Koscielniak se dit persuadée que «définitivement, le roman « Marraine » a changé les habitudes de beaucoup de gens et posé plein de questionnements au Canada».

Un bouquin conçu pour «conscientiser»
En écrivant ce bouquin, elle confie ne pas avoir la prétention que son plaidoyer puisse accoucher des solutions. Hélène Koscielniak dit avoir tout simplement exposé ce qu'elle a vu là-bas et appris au cours de ses recherches.
«Je ne peux pas prétendre comment solutionner ce problème. Moi, tout ce que je me dis, c'est que : plus les gens sont conscientisés face à ce problème, peut-être qu'à ce moment-là qu'il y aura plus de personnes aptes à en trouver des solutions», a-t-elle renchéri.

La République dominicaine coupable
Invitée à dire lequel des deux États se partageant l'île d'Hispaniola (Haiti/République Dominicaine) a sa plus grosse part de responsabilités dans cette situation, Mme
Koscielniak répond sans hésiter : la République dominicaine.
Elle assoit son point de vue sur le fait, dit-elle, que «la milice dominicaine s'assure que les travailleurs ou les braceros, comme on les appelle, ces gens qui travaillent dans les champs de canne jusqu'à 15h/jour, ne pourront pas retourner chez eux».
«Je le dis même dans mon livre. Parfois, on les paye avec des coupons de sorte que ces travailleurs reçoivent la valeur en argent de leur travail dans les bateys même, ils ne peuvent pas magasiner ailleurs, ils ne peuvent pas sortir, ils sont littéralement prisonniers comme les esclaves d'antan.»
Elle conclut en estimant que la République dominicaine joue avec le feu et se tire dans les pieds, car son image risque d'en pâtir à l'échelle internationale. «C'est d'autant plus vulnérable pour ce pays quand on sait que son économie repose essentiellement sur le tourisme!», a averti Hélène Koscielniak.
Source : Media Mosaique
mercredi 22 août 2007


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