Quand Reynold Georges fait des révélations sur le coup d’état de 1991

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Guysanto
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Quand Reynold Georges fait des révélations sur le coup d'état de 1991

Post by Guysanto » Tue Oct 02, 2007 3:00 pm

Infohaiti.net

Quand Reynold Georges fait des révélations sur la période du coup d'état de 1991

A l'émission ‘'Ranmase'' samedi dernier sur radio Caraibes, Me Reynold Georges, dirigeant politique (ALAH) et candidat malheureux à la dernière présidentielle a dit des choses qu'on a sans doute jamais entendues sur la période du coup d'Etat de Septembre 91 qui avait renversé Jean Bertrand Aristide (1ère version) du pouvoir. Le juriste a reconnu d'abord qu'il était un fervent supporteur des putschistes (les militaires) parce qu'il ne supportait pas les dérives démocratiques de l'ancien prêtre président et qu'il était tout naturellement devenu conseiller de premier ordre des nouveaux maîtres de Port-au-Prince (Raoul Cédras et Michel François). ‘'J'ai été par la suite récupéré par Aristide qui m'avait parlé par téléphone depuis sa terre d'exil et je suis allé à Radio Nationale expliquer au pays que je me désolidarisais des militaires et que j'allais désormais travailler pour le retour d'Aristide'', a encore révélé l'ancien constituant qui est toutefois resté flou sur le pourquoi de ce revirement tout aussi spectaculaire qu'inattendu.

Reynold George confie qu'il était tellement puissant sous le règne des militaires qu'il avait choisi plusieurs ministres du gouvernement Nerette-Honorat et que c'est pas pure stratégie qu'il avait décidé de ne pas occuper de poste en vue dans ce gouvernement. ‘'Même Himmler Rébu, je l'avais fait ministre de la défense et de l'Intérieur et l'arrêté était en route pour le ministère de l'Information et dans les salles de rédaction des médias de la capitale quand j'ai fait stopper net la nomination parce que l'intéressé m'avait confié qu'il ne voulait plus occuper le poste'', a dit Me George en présence de l'ancien officier et dirigeant du GREH qui se trouvait au studio de Caraibes avec lui pour l'émission. ‘'C'est vrai que Reynold était l'homme « à tout faire », sauf que j'avais refusé le job sans réfléchir'', corrige M. Rébu, même quand Me George n'est pas très certain que les choses s'étaient passées comme l'a prétendu son ami. L'ancien sénateur de la République (Centre) a poursuivi en disant qu'il a facilité le retour de Jean Bertrand Aristide au pays et qu'il était allé voir le défunt président dominicain Joaquim Balaguer qui lui a aidé dans cette tâche.

Himmler Rébu qui, apparemment est au courant de certaines vérités concernant cette période mouvementée de l'histoire politique récente haitienne, a demandé à son ami de se taire un peu, gâchant ainsi la satisfaction de l'auditoire qui était très intéressé à savoir le rôle que le vieux dirigeant dominicain aurait joué dans cette affaire. Raoul Cédras : ‘'Ceux qui prétendent que le général Raoul Cédras avait perpétré le putsch se trompent grandement et ils connaissent très mal l'homme'', déclare par ailleurs Me George appuyé par le colonel Rébu. ‘'L'intéressé s'était vu confié la responsabilité de gérer un coup qu'il n'avait ni préparé, ni perpétré et « en intelligent », il a d'abord tenté de remettre J.B Aristide en selle mais, quand il a constaté que sa propre vie était en danger, il a accepté de faire la volonté des putschistes en ‘'larguant'' Aristide.

Marc Louis Bazin : ‘'Voilà l'homme qui est le vrai responsable du retour d'Aristide parce qu'il a essayé de tromper tout le monde'', s'est emporté Me Reynold George qui a accusé le dirigeant du MIDH (Mouvement pour l'Instauration de la démocratie en Haiti) de tous les maux. ‘'Rusé, M. Bazin qu'on avait surnommé Mr Clean du temps de son passage au ministère des Finances sous Jean Claude Duvalier s'est présenté aux militaires et au président provisoire de l'époque (Me Joseph Nerette) avec des textes en anglais sous prétexte que c'étaient des fax du département d'Etat (USA) qui lui étaient destinés et qu'il aurait une certaine mission de gérer l'après coup d'Etat en pacifiant le pays et en faisant disparaître le nom d'Aristide progressivement dans l'imagination de ses nombreux fanatiques'', confie Reynold George qui indique avoir mis en garde la présidence provisoire et le général Cédras contre les mensonges de M. Bazin et que personne ne l'avait pris au sérieux, pour leur malheur d'ailleurs.

Quand il était question que Marc Bazin remplace le président Joseph Nerette comme premier ministre de consensus, l'ancien juge de la Cour de Cassation était d'abord réticent et avait fait remarquer qu'il n'avait pas de résidence propre et qu'il ne pouvait retourner dans la modeste maison qu'il occupait avant à Delmas 31. Mr Clean avait alors demandé à M. Nerette de faire chercher une maison décente qu'il paierait pour lui. Naif, le président l'a cru et il est parti avec une première tranche de 60.000 dollars américains sur un montant global de 300.000 dollars qui était le coût approximatif de la maison trouvée. ‘'Quelques mois après, révèle Reynold George, je suis allé voir Me Nerette dans une maison à Canape-Vert ; il m'a dit que Bazin ne lui avait toujours pas donné l'autre tranche du montant. Je lui ai alors fait remarquer qu'il n'aura jamais cette somme car, en tant que président provisoire de l'époque c'est lui qui pouvait acheter une maison à Bazin, pas le contraire''.

Le dirigeant du MIDH parlait à Aristide et lui disait qu'il préparait son retour en même temps qu'il continuait à bafouer les militaires en leur faisant croire qu'il travaillait à éliminer toutes les chances d'un retour d'Aristide au pays et au pouvoir. ‘'On connaît la suite. Fatigués des tours de valse de Mr Clean qui se croyait plus intelligent que le monde entier, les soldats du palais national lui avaient finalement interdit l'accès à ses bureaux et c'était la fin de la désastreuse expérience Bazin comme premier ministre de consensus'', se souvient-on.

Infohaiti.net espère convaincre Me Reynold George de nous dire davantage sur cette tranche d'histoire dont le récit jusqu'à présent diffère d'une source à une autre. A la prochaine.

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