INTERVENTION DE MME RAMA YADE

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Guysanto
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INTERVENTION DE MME RAMA YADE

Post by Guysanto » Sat Sep 22, 2007 8:22 am

INTERVENTION DE MME RAMA YADE,
SECRETAIRE D'ETAT AUX AFFAIRES ETRANGERES ET AUX DROITS DE L'HOMME


Port-au-Prince, le 15 septembre 2007

[quote]Mesdames, Messieurs,

Il est peut-être des amitiés sans heurts, sans ombres, sans drames: la relation qui unit la France et Haiti n'est pas, en tous cas, de celles-là. Elle s'est nouée dans la douleur et le déchirement. Mais, peut-être en est-elle plus profonde. Elle a résisté à la distance et au temps. Je voudrais vous parler de cette amitié, rappeler notre mémoire commune, sans oublier ses blessures, mais aussi, et surtout, évoquer ce que pourrait être son avenir.

La colonie de Saint-Domingue était riche. Alors, il fallait en tirer un maximum pour enrichir la métropole engagée dans la traite et le commerce triangulaire. Que le XVIIIème siècle soit celui de la liberté n'empêchait pas tel philosophe éclairé, Voltaire, de placer son argent dans cet épouvantable commerce. C'était sans compter la Révolution française qui est venue poser les fondements d'un nouvel ordre politique, celui de la démocratie et des droits de l'Homme.

Les Haitiens se sont alors emparés du discours des maîtres. Ils les ont pris au mot. Ils ont exigé pour eux-mêmes cette liberté et ces droits. Comme le dirait Brière «Cinq siècles vous ont vu les armes à la main et vous avez appris aux races exploitantes la passion de la liberté». L'universalité seulement verbale était mise à l'épreuve des faits en Haiti d'où, «la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu'elle croyait à son humanité», comme l'a écrit Aimé Césaire. Oh, bien sûr, ceux qui allaient bientôt s'appeler Haitiens n'avaient pas attendu la déclaration des droits de l'homme pour fuir les chaînes, marronner, encore et toujours, le plus loin possible, à n'importe quel prix. Mais, quand même, la déclaration de 1789 tonnait ces mots révolutionnaires : «Tous les hommes naissent égaux…» et pas seulement sur les rives de la Seine ou de la Tamise, à Berlin ou à Madrid, mais aussi, et tout autant, sous les Tropiques.

L'indépendance d'Haiti viendra le 1er janvier 1804. La veille, le 31 décembre, les généraux s'étaient réunis aux Gonaives, pour entendre lire l'Acte de cette indépendance. Dessalines l'écrivit la nuit, à sa table de travail, avec fièvre. Le lendemain, de grand matin, toujours aux Gonaives, clairons et tambours résonnèrent de tous côtés. Soldats et civils, enthousiastes, bruyants, remplirent les rues en un clin d'œil. Le peuple afflua des campagnes. Une foule immense, où femmes et jeunes filles richement parées coudoyaient les soldats, se pressa sur la place d'armes. A sept heures, tandis qu'un soleil radieux illuminait la Cité, Dessalines, entouré du brillant cortège des généraux, fendit la foule, gravit les marches de l'autel de la patrie et rappela, dans un véhément discours en créole, tous les tourments que les indigènes avaient endurés sous la domination française. En terminant, il s'écria le bras tendu : «Jurons de combattre jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance de notre pays». Ce jour-là, de toutes les poitrines, jaillit, formidable, accentué par la voix sèche et rageuse des canons, le serment, mille fois répété, de «vivre libre ou de mourir». Un nouvel Etat était né.

L'esclavage ne résistera pas à cette secousse. Il a chancelé sur sa base. Exilien Heurtelou, le rédacteur en chef d'un fameux journal de Port-au-Prince, écrira plus tard : «Nous, tous fils de l'Afrique, répandus dans cette vaste Amérique, nous avons l'oreille tendue, le cœur ouvert, attendant le premier bruit de la chute de l'esclavage pour pousser vers le ciel le plus vaste cri de joie qui, de la vallée terrestre y soit jamais monté ».

L'irruption sur la scène de l'Histoire mondiale de ces esclaves vainqueurs des troupes napoléoniennes, le triomphe de cette révolte devaient valoir à Haiti une renommée et un prestige qui demeurent aujourd'hui encore d'une exceptionnelle vivacité à travers les Amériques. Mais pas seulement. Aujourd'hui, chaque ville, chaque bourg, chaque localité d'ici chante l'épopée d'Haiti : Gonaives, Cap-Haitien, Jacmel, Les Cayes, Pétionville, Jérémie, Saint-Marc. A l'évocation de ces noms, les peuples noirs de tous pays en ont encore le vertige.

Mais, dans votre histoire, la gloire le dispute au tragique. Voici Haiti martyr… Votre pays a souffert pendant deux siècles de régimes autoritaires, de dictatures sanglantes et d'une longue liste de coups d'Etat dont la série précipitée contraste avec l'immuable et désespérante misère du peuple… comme si un destin jaloux de cet éclat trop vif s'était acharné contre vous. Il revient aux historiens de se prononcer sur les raisons de cette évolution. Constatons, simplement, que rien ne préparait cette société écrasée par l'esclavage aux risques de la liberté. Le poids de l'oppression ne s'est pas évanoui avec le départ des colons. Il a continué à peser lourdement sur les esprits, à façonner les âmes et les comportements.

Léon Laleau l'avait dit en termes forts:

[quote]Ce cœur obsédant, qui ne correspond
Pas avec mon langage et mes coutumes,
Et sur lequel mordent, comme un crampon,
Des sentiments d'emprunt et des coutumes.
D'Europe, sentez-vous cette souffrance
Et ce désespoir à nul autre égal
D'apprivoiser, avec des mots de France,
Ce cœur qui m'est venu du Sénégal?[/quote]

Ce fut aussi difficile pour la France. Aujourd'hui, elle ne fuit plus ce passé. De la même manière qu'elle fut le premier Etat à édicter un code noir, elle a été la première à qualifier la traite et l'esclavage de crimes contre l'humanité, par la loi. C'est à l'honneur de notre pays de l'avoir fait.

Maintenant, il faut donc, il faudrait, tourner la page du passé, non pas pour oublier mais pour dépasser. Aujourd'hui, le défi pour Haiti est d'avancer, de se donner les moyens d'inventer un avenir, de s'approprier la démocratie et la justice, après la liberté. Pour préparer ce voyage, j'ai beaucoup consulté. De Paris à Pointe-à-Pitre, je n'ai vu que des gens attachés à votre pays et soucieux de son bien-être, attendant depuis des décennies parfois un décollage économique et une stabilité politique. Car, Haiti avait commencé si fort, en 1804, qu'on attendait d'elle le meilleur. Qu'elle soit à la hauteur de son glorieux commencement. Victor Hugo l'avait prédit : « l'enfant a secoué ce qui l'enserrait et il est actuellement en vol. Il finira par arriver et, en attendant, revendique sa place au milieu d'une civilisation qui ne le répudiera point ». Mais par leur coup d'éclat de 1804, Toussaint et Dessalines, fondateurs de la première république noire du monde, avaient placé la barre trop haut. Depuis, des générations d'Haitiens se succèdent, chacune se demandant laquelle sera à la hauteur des pères fondateurs.

Mesdames, Messieurs. J'ai personnellement envie d'y croire. Pour la première fois depuis longtemps et sous l'impulsion du Président Préval, l'espoir renaît en Haiti. Je veux le croire de toutes mes forces et œuvrer à vos côtés pour qu'il en soit ainsi. Haiti a repris le chemin de l'Etat de droit. Le Gouvernement et le Parlement sont issus d'élections libres et la communauté internationale ne lui ménage pas son appui. La France non plus, qui se mobilise à tous les niveaux jusque dans ses territoires. A cet égard, je voudrais remercier MM. Jean-Claude Bouchet, Député du Vaucluse, ainsi que Christian Dupuy, maire de Suresnes, ville jumelée à Cap Haitien, d'avoir accepté, de m'accompagner ici pour témoigner de leur intérêt et de leur attachement à Haiti.

Bien entendu, les efforts déployés actuellement par Haiti ne règlent pas, loin de là, les problèmes de pauvreté, de santé publique, d'emploi, de transport mais tout au moins les Haitiens sont-ils en mesure de traiter ces questions. Il y faudra du courage et de la détermination? Certes, mais les Haitiens, valeureux, n'en manquent pas.

Quant à l'aide internationale, elle est indispensable. Mais je ne crois pas qu'Haiti manque d'argent. Ce qu'il faudrait c'est que l'aide bilatérale et multilatérale soit mieux coordonnée, plus lisible et qu'elle puisse être gérée par une administration mieux organisée.

Mais l'aide peut-elle suffire au peuple haitien? Les fils de Toussaint Louverture ne sont-ils pas mieux placés que n'importe qui d'autre pour savoir, à propos de l'aide, que « la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit» ? J'ai l'intime conviction qu'Haiti décidera de ce qu'elle veut, qu'elle peut séduire des investisseurs, comme l'y encourage Son Excellence le Président Préval. Je ne peux me résoudre à ce que seules deux grandes entreprises françaises sont présentes ici. C'est pourquoi, j'ai tenu à emmener avec moi des hommes d'affaires français, représentants des chambres de commerce et des métiers, pour qu'ils rencontrent les décideurs économiques haitiens. Je sais que vous les convaincrez d'investir ici et qu'à leur tour, eux persuaderont les entrepreneurs français qu'ils représentent de le faire. Un marché haitien s'ouvre, francophone et créolophone. La France doit en profiter et enfin définir une vraie politique de coopération, avec la Guadeloupe pour tête de pont, elle qui est proche de Haiti.

C'est pour cela qu'avant de vous rejoindre, j'ai fait escale en Guadeloupe, où vit d'ailleurs une forte communauté haitienne, pour m'entretenir avec Jacques Gillot et Victorien Lurel, présidents du conseil général et régional de Guadeloupe qui font un travail formidable pour la coopération avec Haiti: échanges de fonctionnaires, partenariats avec les entreprises haitiennes, actions de secours d'urgence. Je tiens aussi à remercier très chaleureusement Mme Gabrielle Louis-Carabin, députée de la Guadeloupe, d'avoir accepté de m'accompagner en Haiti. Madame la députée, votre présence à mes côtés m'honore et me touche.


Du côté haitien, j'ai senti durant mon court séjour une grande volonté d'aller de l'avant. Je n'ai vu aucune résignation. D'ailleurs, le poste de dépenses le plus important pour les familles pauvres est celui de l'éducation. C'est dire leur foi en l'avenir!

J'ai vu dans le Président Préval un homme d'Etat convaincu que des changements sont nécessaires. Je tiens à le remercier pour son accueil exceptionnel. Je veux aussi lui transmettre le soutien résolu et fraternel de la France. Des encouragements aussi pour les réformes qu'il entreprend, dans les domaines de la justice, de la lutte contre l'impunité et la corruption. Bien sûr, il reste encore à faire: la situation sécuritaire, les progrès en matière de droits de l'homme notamment la liberté de la presse, les droits des enfants et des femmes haitiennes au courage exceptionnel, la condition des prisons. De même la lutte contre les inégalités reste un défi crucial à relever. Selon certains chiffres, 1% de la population haitienne concentrerait la moitié de la richesse nationale. Je pense que LA réponse à ces inégalités est l'éducation. La France doit y prendre sa part car c'est là qu'elle excelle. Il ne s'agit pas de former des élites : les élites haitiennes existent déjà. Elles comptent parmi les plus talentueuses au monde. Non, l'éducation dont je parle est l'éducation populaire et la formation de professeurs.

Or, le terreau est favorable, car Haiti est une terre de sa culture. Car, elle est une terre de création et d'imagination, admirée partout dans le monde, des galeries parisiennes à celles de New York. Sans doute parce que le génie créateur de Haiti épouse les contours de son histoire, ses espoirs comme ses soubresauts. L'indépendance a enfanté une littérature de combat avec Vastel ou Colombel. La naissance de la nation haitienne a été portée en triomphe par le romantisme de Nau, Durand ou Coicou. L'occupation américaine a amené les artistes à se retremper dans les sources africaines avec Jean Price-Mars qui lança ce mot d'ordre enthousiaste : «Nous n'avons la chance d'être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l'héritage ancestral». La poésie haitienne en sera libérée jusqu'au sublime avec Jacques Roumain. L'exil ne tarira pas l'inspiration de ceux qui voulaient vivre et écrire libres comme René Depestre.

Aujourd'hui, surgissent de véritables raisons d'espérer. Je suis donc venue vous exprimer la solidarité de la France et vous assurer de son appui. Votre nation est jeune. Ambitionnons ensemble, pour elle, un avenir qui allie le bonheur et l'éclat. Il n'y a pas de raison que ce pays dont la diaspora est l'une des plus talentueuses au monde, ne se relève pas. L'immense effort qu'Haiti a déployé pour naître et renaître du transbord, comme dirait un écrivain antillais, cet immense effort, Haiti peut le refaire. Elle en a vu d'autres.

Et de son côté, Mesdames, Messieurs, je puis vous assurer qu'au beau nom d'Haiti, la France de Nicolas Sarkozy continuera de répondre. C'est lui qui m'a demandé de hâter ma venue en Haiti pour porter un message de fraternité au peuple haitien. Qu'il m'ait demandé d'être la première à me rendre dans votre pays n'est pas non plus anodin. Il a souhaité présenter en Haiti le nouveau visage de la France. Cette France diverse, dont vous Haitiens aviez rêvé. Nicolas Sarkozy savait également qu'au-delà de la France, nous aurions tant de choses à nous dire.

Car, mes amis, quand je vois vos visages, quand je foule ce sol, il se passe quelque chose. Quelque chose de différent que lorsque je suis en Moldavie ou en Algérie. C'est qu'ici il y a une part de l'Afrique, où j'ai en partie grandi et d'où vous êtes venus dans de tragiques conditions. Cette Afrique qui regarde encore et regardera toujours Haiti comme une légende, son orgueil, sa blessure. J'aurais pu être haitienne. Vous auriez pu rester africains. Il n'y a ici ni Wolofs ni Peuls mais je ne vois que des visages familiers! Me trouver devant vous, vous parler au nom de la France, avec en arrière-fond cette histoire africaine que nous avons en partage, a quelque chose de déstabilisant mais de si prometteur. Il est des moments où l'histoire nous joue de drôles de tours. A moins que ce ne soit la France qui nous ait joué ce tour. Rien d'étonnant: c'est un génie typiquement français que de produire ce genre de quiproquos.

La France a changé, Mesdames, Messieurs. Mais elle reste indéfectiblement liée à Haiti. Pendant mes premières heures ici, j'ai également vu que la France comptait pour Haiti. Un autre chemin s'ouvre devant nous. Vous pouvez compter sur moi.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

[/quote]

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Guysanto
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Rama Yade, ministre à 30 ans

Post by Guysanto » Wed Nov 14, 2007 1:18 pm

Voyez Rama Yade en action en Haiti et à Paris:

http://www.dailymotion.com/video/x3ggl5 ... 7_politics

Widy
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Post by Widy » Thu Nov 15, 2007 9:57 am

Avan'l te rive ayiti, li fè èskal gwadkoup (ki se oun pasaj oblije pou jwenn ayiti dè ewòp).

Sa nou tann se kè li kontre èvè de asanble gwadloup la sètadi rèsponsab consèy jeneral e rejyonal.

Yo di kè li pa janm envite jounalis lokal yo ki fè kè plen moun ka panse kè li ba direktiv kont emigran ayisyen yo nan gwadloup.

Fò pa-n oubliye kè politik yo se ògmante èxpilsyoun a etranje si teritwa franse ki fè kè se ayisyen ki konsène pa si gwadloup.

Oun moman menm yo teka arete transpò komen pou yo te wè moun ki etranje e yo teka voye yo lakay yo pli move ki zannimo.

Alòs fò pa nou foure dan blan dewò two vit.

Leoneljb
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Post by Leoneljb » Thu Nov 15, 2007 1:35 pm

Politik ou pa, sé oun jès ki trè rémakab. Paske sé pa tout politisyen ki ap pran oun sékrétè déta ki té fèt an afrik. Ki gen sèlman trant an nan youn péyi tankou lafrans. Sa sé youn gwo bagay!
Mwen pa pansé ke l'ap bénéfisyé lòt moun ké entérè la frans. Men, sé youn gwo senbòl.
Youn lòt bagay ke'm wè. Fòk oun nèg gen grenn tankou melon pou'l mété oun moun san ekspéryans konsa (entry level), pou'w mété'l nan youn gwo pozisyon. Mwen pansé sou pwen sa, Sakozi montré fòs li.
Sakozi pwa'l siprann mond nan si'l ta maryé ti pitit sa'a. Lè sa, Napoleyon ta'p rési tounen nan sèkèy li. Lè li wè sé youn nègès ki premyè dam la Frans.
Sakozi tou deja pa gen madanm kounyé ya...
M'pa konnen non, sé espékilasyon wi. Sé lespri koridò wi ké'm genyen.
Léonel

Serge
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Post by Serge » Thu Nov 15, 2007 2:07 pm

Leonel,

Koukan w ye? Wi, mwen kwè se lespri koridò w la kap travay. Mwen espere Sakozi pap li mesaj ou a, san sa ou ta ka mete kèk lide nan tèt li......


serge

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Post by Guysanto » Thu Nov 15, 2007 11:31 pm

Leonel, se Mme Yade ki fè w fè tout aksantegi sa yo?

Michel Nau
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Post by Michel Nau » Fri Nov 16, 2007 9:07 am

This is sad to see that our perverted sexual mentality hasn't changed.
The visit of this young black woman has a historical significance to us Haitians, and we should be pride of it.
But unfortunately, we didn't see it.
Some of us saw a woman that we would like to make her says: Who's your daddy now!!.
This is an insult to our black women, to CarolineIsland, to Ezili Danto, to Anacahona, Marilyn, my mother and my sisters, ..and yours too.
You should be ashamed of your self!!
If you can not debate the visit of a first black woman minister of foreign affairs of France, just shut the F#%@&Off!!!!!
Michel

Widy
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Post by Widy » Fri Nov 16, 2007 11:01 am

Leonel wrote

""Politik ou pa, sé oun jès ki trè rémakab. Paske sé pa tout politisyen ki ap pran oun sékrétè déta ki té fèt an afrik.""

Mwen pa toutafè dakò èvè'w. Balan gwadloupeyen ki pase nan gouvèlman fwanse, nou pe nome, Mme Lucette Michaux Chevry ki te Minis e sèkretè deta a la frankofoni, Misye Roger Banbuk ki te minis dè jenès e spò.

Pou guiyan nou pe nome Man Taubira e ansyen minis tourism la misye bertran.

Alòs ki sa sa chanje ba pèp Gwadloup e Gwiyan ? o mwen nou pe di kè taubira rantre nan listwa èvè lwa kè'l fè vote si rèkonesans a lèsklavaj kon krim kont limanite, men konsènan Sèkretè deta la, mwen paka kriye viktwa two vit.

Yenki gade minis jistis yo ki se oun arab, mwen paka wè kisa politik li ni dè arab adan'l.

Mwen sitou kwè kè se moun la sa la pou yo aplike oun politik ki pani anyen a wè èvè ras moun ras yo ou pèp yo.

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Guysanto
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Post by Guysanto » Fri Nov 16, 2007 6:10 pm

[quote]Mwen sitou kwè kè se moun la sa la pou yo aplike oun politik ki pani anyen a wè èvè ras moun ras yo ou pèp yo.[/quote]
Widy, mwen dakò avèk ou e mwen pa kwè Leonel fè tèt li ilizyon sou pwen sa tou. Depi yon moun pran plas nan yon gouvènman, se kòz gouvènman sa li sanse defann, e Mme Yade se yon fransèz li ye avan tou.

Sa vle di ke nou pa kab atann nou aske Mme Yade pral defann enterè Senegal, Lafrik, lajenès, fanm, ak nwa plis pase entèrè Lafrans. Men sepandan, vle pa vle, li reprezante yon senbòl tou pou Senegal (1), Lafrik (2), lajenès (3), fanm (4), moun nwa (5), e mizilman (6). Se akoz akimilasyon tout senbòl sa yo, ki fè moun pantan konsa lò yo wè yon reyaksyonè tankou Sarkozy (ki antann li ase byen ak reyaksyonè meriken tankou Georges Bush yo) chwazi e mete Mme Yade nan mitan gouvènman li an. Petèt menm se George Bush ki te ba li lide sa, ak Condi Rice ki reprezante-l nan Afè Etranjè. Men lò nou jije pèfòmans Condi, nou reyalize "senbolism" se yon kouto 2 bò li ye. Li kapab koupe agoch, li kapab koupe adwat. Men anvan-m kouri kondane Mme Yade pou yon politik li poko responsab tout bon vre ("tuer le germe dans l'oeuf"), mwen ta prefere ba li jarèt nan yon direksyon byen detèmine. Paske se yon moun konsyan li ye apre tou. Li kapab tounen yon fòs pozitif dan lavni.

Senbolism gen enpòtans li. Se petèt Mme Taubira ki fè chemen pou Mme Yade [Atansyon! se "Mme" mwen wè yo rele li, se pa "Mademoiselle", kidonk mwen ta fè atansyon ak vye flè n'ap jete yo... Rama te mèt jenn, sa pa vle di ke li "grenn lib" (available) pou "vye rat" tankou Sarkozy, e anplis de sa se Mizilmàn Rama ye, e relijyon sa pa nan jwèt ak vagabon.] Konsa tou, Mme Yade ap fè chimen pou lòt minorite kab vini dèyè li, jiskaske pyèsmoun pap pantan ankò lò yo wè yon nèg (tankou Obama) oswa yon fanm (tankou anpil lòt fanm) rive nan egzèsis pouvwa reyèl la.

Kanta sa Michel ekri a : "just shut the F#%@&Off!!!!!", mwen vle fè li remake ke ekspresyon an se "shut the fuck up", se pa "just shut the Fuck Off" [though in a different setting, you might say: "Fuck OFF!"]. Si w vle di betiz, omwen di l byen.

De tout fason, nan pwen rezon pou sa. Mme Yade se yon bèl fanm, li nòmal pou nèg pantan lò yo wè li. Men mwen dakò avèk ou pou nou sispann remak seksis yo, paske gen bagay ki pi enpòtan lontan pou fokis sou yo. Pa egzanp manti yo di Preval bay Minis fransè a. Gen ayisyen ki ta vle fè yo gwo zafè ak sa. Mwen twouve manti sa, se manti ki pi lejè mwen janm tande yon Prezidan fè. Se pa yon afè deta. Lè lòt Prezidan bay manti, se dè milye de moun ki mouri pou manti yo. Manti Preval bay la, menm yon marengwen pap mouri pou li.

Ann suiv, epi ann lite!

Widy
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Post by Widy » Sat Nov 17, 2007 5:30 pm

Editè,

De ti rèmak vit fèt.

Ou ka di kè fanm la se oun sinbòl pou pèp nwa e pèp lafrik.

Malerèzman si pon medya afriken mwen pa wè yo pòte fanm-la anlè. Mwen jou ni lenpresyoun yo ka iyore prezans al (lè sa ka ranje yo).

Editè ès kè nèg ki pase nan gouvèlman nan peyi ewopeyen ou meriken, ès ou ka admèt kè sa fè avanse lakòz pèp nwa la, ès lè yo ap foure oun fanm nègès nan politik yo, ès se pou sa kè dèmen dirijan antrèpriz ak sosyete yo ap anboche plis nèg nan frans ?

Dezyèm pwen-la sekè ou ap di kè fanm-la kon dayè kolèg minis la jistis la, se mizilman yo ye, e yo gen oun liy dè konduit pa rapò a rèlijyoun yo.

Editè ki biten politik se moun tala ni dè mizilman adan-l ? an ki jan se moun la ka defann kòz mizilman e dayè ki biten e ki kòz menm kè mizilman ni a defann nan monn lan? :roll:

Leoneljb
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Post by Leoneljb » Sat Nov 17, 2007 7:04 pm

Widy, mwen pa vle reponn pou editè'a. Men, fòk nou pa panse ke li posib pou oun moun ki jwenn plas chabrak nan peyi enperialis yo. Mesye, peyi sa yo gen oun estrikti deja ki baze sou enterè pa yo. Kidonk pa panse paske oun moun dorijinn afrikèn li kapab bay lafrik boustè.
Men, nou tout konnen ke zak mete oun moun dorijinn afrikèn nan you peyi ewopeyèn trè senbolik. Li fè anpil ti moun reve a jwi privilèj sa'a. E, l'ap ede oun pakèt moun ki te panse yo paka jwenn oun seri de pozisyon. Se menm jan lè Serena ak Venus te rantre nan Tennis. Yo pa't rantre pou enterè moun nwa. Men, sepandan, anpil ti moun nwa te wè ke yo ka jwe Tennis. Youn jwèt ki te konsidere kòm oun jwèt blan.
Pou fini, mwen te vle souliye ke zafè SarkoRama'a li montre ke Sarkozy gen grenn anpil. Paske, nou konnen nan politik ak tout lòt kote nan oun òganizasyon, moun toujou vle moun ki gen anpil eksperyans politik. E,mwen pa bezwen di nou ke Rama pa vrèman eksperimante nan domènn nan. Si ou gade ti rale vini Gi te prezante'a anwo'a. Nou konprann ke gen oun seri de bagay ke li fè pa't nan plas yo opwen de vi politik. Espontaneyite'l trayi'l.
Antouka pou moun k'ap voksifere yo, li se youn trè bèl ti zanj. Si zòt gen pwoblèm MMS, se pa fòt pèsonn. Se fòt ou frèm. Mwen pa konn si Washington gen oun kote tankou karanndezyèm. Men, fon ti ale tou prè kantiko baze la pou degager la conscience de soi...
Leonel

Michel Nau
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Post by Michel Nau » Sat Nov 17, 2007 8:06 pm

Leonel di: [quote]Antouka pou moun k'ap voksifere yo, li se youn trè bèl ti zanj. Si zòt gen pwoblèm MMS, se pa fòt pèsonn. Se fòt ou frèm. Mwen pa konn si Washington gen oun kote tankou karanndezyèm. Men, fon ti ale tou prè kantiko baze la pou degager la conscience de soi...[/quote]Leonel, nou menm nan Washington, eseye fe tout posib nou pou nou pa gen lespwi korido. Nou pa envye fanm lot moun ni fe remak sexis an piblik, ni nou pa gen 42th nan D.C..
Si sete Washington ke w te ye, yo te kap rele w an jistis pou sexual harasment.
You remak sexis ke w fe kont yon minorite, yon fanm nwa ki avan tou reprezante race li e relijyon li.
Pou difanasyon ke w fe ke fanm nwa sa pa kalofye pou job la.
W menm insinuye ke kom Sarkozy pa gen madam, w invitel pouli file Rama.
Remak sa yo ap tre difisil pou moun defand w.
Men gras a Dye, Leonel ke nou tout konnen an pa intansyonelman di sa pou denigre yon manorite.
Leonel was just kidding and of record, and deeply sorry.
Leonel se yon moun de famille ki respekte vi familyal li e respekte fanm lot moun.
Li se yon moun a bon karakte e li toujou pare pou bay yon moun yon chans poul montre sa ke li vo.
Leonel ke nou tout konnen an kwe ke tout moun fet pou gen yon chans pou montre sal kapab kelkeswa pozisyon an.
Ke li yon fanm, ke li jenn, ke li nwa e mizilman.
Leonel panse ke nou bezwen anpil fanm sou pouvwa.
Ke nou bezwen anpil Michaelle Jean, anpil Dr. Maryse Narcisse, anpil Condi Rice, anpil Anacahona, anpil Ezili Danto, anpil Marylin, anpil Emperess Verite pou peyi Dayiti sa mache.
Leonel panse ke li le pou nou bay yon fanm fe yon kout pouvwa tou e li pare pou bay yon kontribisyon a tout oganizasyon e sosyete fanm kap lite kont injistis e inegalite sosyal!!

Michel

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Guysanto
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Post by Guysanto » Sun Nov 18, 2007 10:09 am

Widy, kouman ou ye? Mwen kontan wè ou toujou la e kenbe fèm ak nou menm lè ou disparèt pandan lontan.

Te'm reponn kesyon-w yo rapidman, paske mwen gen anpil obligasyon jounen jodi-a. M'ap kòmanse pa dezyèm lan. Mwen pa konn anyen nan biten mizilman, kidonk li fò posib ke mwen an erè. Se vre, mwen t'ap jeneralize. Si mizilman pa kapab retire okenn benefis de prezans yo nan gouvènman an, lè yo yon minorite nan mitan yon majorite kretyen [pou kounyè a], e byen mwen aksepte rekonèt pwen sa, nan men moun ki konnen bagay sa yo pi byen pase m.

Pou premye kesyon an sepandan, mwen toujou rete kwè nan 2 bagay: 1) se fanm ki mennen fanm e ki kapab defann enterè fanm pi byen; 2) se nwa ki mennen nwa e ki kapab defann enterè nwa pi byen. Mwen pa di ke "c'est toujours le cas". Dayè, mwen toujou kritike enfliyans Clarence Thomas nan Kou Siprèm Etazini. Mwen twouve se yon dezas total kapital. Men popilasyon nwa ameriken kapab jiskaprezan di gras pou pasaj Thurgood Marshall kòm predesesè li nan menm Kou Siprèm lan. Se senpleman paske "Bush se Bush" ki fè li pèvèti eritaj Thurgood Marshall la, ak yon maksimòm ipokrizi e mechanste lò li chwazi Clarence Thomas apre lanmò Marshall. Men mwen rete kwè ke fòs pozitif Thurgood Marshall la ap make sosyete merikèn lan plis pase tout nyezri Clarence Thomas yo. Se pou rezon sa tou ke, a priori, mwen ta renmen wè yon nwa vin prezidan Etazini. Se pa paske mwen kwè ke nesesèman nèg sa pral yon bon prezidan. Mwen pa nayif sou pwen sa. Men mwen kwè ke si sa ta rive, gen yon gwo potansyèl la pou nèg sa (ou fanm sa) kapab enfliyanse pwofondeman avansman sosyal e pwofesyonèl nwa ki edike nan sosyete a [e sa vle di petèt pitit pitit mwen, si se pa pitit mwen].

Pou dayè, se konsa lòt minorite yo ki vin souche nan mitan "majorite" a, opwen ou pa menm kab rekonèt jodi-a ke se yon minorite yo te ye tou (ak tout enjistis, prejije, e imilyasyon minorite sa yo te soufri) anvan yo te vin fonn nan majorite a.

Jodi-a, mwen kwè ke Mme Condi Rice bay yon bèl prestans an tan ke Sekretè Deta nan Etazini (plis menm ke Colin Powell te ofri nan menm pozisyon an kòm predesesè imedya Condi). Sepandan, moralman mwen deplore pi fò pati desizyon li pran nan konduit politik etranjè Etazini, e m'ap ale pi lwen menm: Mwen deklare fanm sa merite yo arete li yon jou pou KRIM KONT LIMANITE, ansanm ak akolit li yo: Dick Cheney, George Bush, Donald Rumsfeld, elatriye. Mwen rekonèt tou ke lò fann sa fini karyè li nan gouvènman an, nan pwen moun k'ap pantan lò yo chwazi okenn negès ankò nan wòl ki pi enpòtan yo nan gouvènman meriken an. Men sa pa vle di nou pa gen dwa kritike li, si nou pa kontan pèfòmans li kòm NSA [National Security Administration] konseyè e kòm chèf an tèt Depatman Deta [Afè Etranjè]. Mwen pa kwè gen okenn nwa nan "231+" istwa gouvènman meriken ki jamè genyen enfliyans ekstraòdinè manmzèl ekzèse la. A lenvès de egzanp [Turgood Marshall ak Clarence Thomas] mwen te bay la, m'espere nan ka sa se yon lòt fanm nwa ki fèm bliye Condi Rice pou tout bon.

Se menm jan tou, mwen rejwi lò mwen wè chwa Sarkozy te fè a, lò li mete Mme Rama Yade kòm no. 2 nan Quai d'Orsay. Mwen pa jamè di ke "se la màn tonbe di syèl". Mwen pa jamè di ke nou pa fèt pou li kritike li, pou nenpòt ki vye pawòl ou nenpòt ki vye desizyon li ta pran nan pèfòmans responsabilite li. Men sepandan, vle pa vle, l'ap fè wout pou lòt jenn, pou lòt nwa, pou lòt negès, pou lòt desandan Afriken [blliye sa mwen te di sou mizilman, paske relijyon pa domèn mwen]. Mwen di li pa jis pou nou mete tout peche sistèm rasis fransè a sou do Rama, anvan menm li gen chans fè yon brass nan lanmè yo jete l ladan-l lan. Mwen di, fanm sa reprezante yon potansyèl pozitif pou anpil minorite, annou ba li bourad pou li sa remèt bon randman. Se vre se fransèz li ye anvan tou, men Lafrans, tankou Lewòp de Lwès dayè, ap divèsifye rapidman nan sen popilasyon li, kidonk nou bezwen moun konsa pou vanse enterè minorite yo, olye de menm tentennad n'ap viv depi senksanzan nan raj ak plenyen.

Bon, mwen lage kòn lan bay yon lòt. Mwen kontan wè diskisyon sa, paske mwen te kwè fowòm lan fin mouri, pou kòz neglijans nou nan di krik oswa krak.

Leoneljb
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Post by Leoneljb » Sun Nov 18, 2007 10:37 pm

Mezanmi wo, ala nEg ka divage Papa. First, mwen pa wE plas fristrasyon Michel la. DezyEman, mwen pa konpran kijan misye fE analiz li yo. TwazyEman, li pran oun bagay ki pa gen oun trE seksis ditou. Li mete'l nan jan Michel. Ou kwE'w li bagay yo byen? eksplike'm sa ou wE de seksis yo. Oudimwen kisa seksism ye? E konpare'l ak sa ke'm ekri ki fOm souliye pa reprezante tout Ayisyen yo.
Antouka , MEsi e non mEsi an menm tan pou bEl ti rale'w yo . Mwen pa konprann Om de famiy. An plis pa eskise pEsOnn pou mwen vye frE. Mwen fE sa, lE mwen reyElman sorry, and I'm not!
Depi tan e dE tan, Gason al dEyE fi yo vle. E nou menm tou, nou ka fE imajinasyon nou travay sou koze fanm ak gason. And, I have news for you. Sexism is Worldwide and Michel is far from being a Feminist (If you know wanna mean)...
Banm tounen sou topik la tande.
Peace,
Leonel

Bouli

Post by Bouli » Sun Nov 18, 2007 11:34 pm

M'sezi wE Guy ap montre neg di betiz sou fowOm lan. Antouka m'ap pran you ti woulib sou menm vitEs la. Pandan Lionel panche sou politisyen k'ap fE teyat bouzinaj an EwOp ak Washington misye ap mande eske gen kote tankou 42zyEm nan Washington.

Si genyen! Ou pa menm bezwen mande moun Washington, yo p'ap di-w verite menm lE nouvEl la gaye nan tout televizyon. Sa-k ta di jenn gason Washington pa fouti antre nan twalEt piblik pou politisyen "family value" pa vin tape pye yo pou al fE Oji. Neg Washington ki sou fowOm lan p'ap janm di konbyen menaj-a-twalEt li viv men you jou konsa pawOl la ap sOti.

DaprE pawOl politisyen ki bezwen antre Washington, si gen you moun onEt washington pa gen de. Se sa-k fE politisyen sa yo renmen frape lestomak pou di yo pa gen kilti koripsyon Washington lan.

Powel, Rice, Thomas, Rama... se bon travayE k'ap bourike nan gou mEt yo pandan Bush, Scalia, Sarkozi... pran vakans yo pou konte lajan san taks: "GOD (Guns, Oil, Drug)"...fanmi moun de byen.

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Guysanto
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Post by Guysanto » Mon Nov 19, 2007 9:06 am

Bouli, ou kite sijè a nèt wi! Te'm souliye papa, anvan ou gate repitasyon-m nèt, se pa mwen ki vin aprann nèg di betiz sou fowòm lan. Men, kòm mwen teach ESL (English as a Sanitation Language) ki diferan de English as a Secondary Language [Se Pwofesè Pistach ki gide-m nan tout karyè mwen], mwen aplike tout prensip pedagoji m'sye ekri nan best-seller li a. Youn nan yo se: "Si w vle di betiz... di l byen." Men se pa li ni mwen ki envite nou di betiz.


Pou m fini, te'm reprann kèk pawòl Rama Yade te di nan entèvansyon li an, sans d'autres commentaires, nan lespwa nou resantre balon an, e kite aspè bote fizik fanm lan ak aspè bòdèl anbilan Washington oubyen Nouyòk sou kote, paske yo pa gen plas yo la tout bon.

[quote]
[la relation qui unit la France et Haiti] s'est nouée dans la douleur et le déchirement.

...Les Haitiens se sont alors emparés du discours des maîtres. Ils les ont pris au mot. Ils ont exigé pour eux-mêmes cette liberté et ces droits. Comme le dirait Brière «Cinq siècles vous ont vu les armes à la main et vous avez appris aux races exploitantes la passion de la liberté».

...Oh, bien sûr, ceux qui allaient bientôt s'appeler Haitiens n'avaient pas attendu la déclaration des droits de l'homme pour fuir les chaînes, marronner, encore et toujours, le plus loin possible, à n'importe quel prix.

...L'indépendance d'Haiti viendra le 1er janvier 1804. La veille, le 31 décembre, les généraux s'étaient réunis aux Gonaives, pour entendre lire l'Acte de cette indépendance. Dessalines l'écrivit la nuit, à sa table de travail, avec fièvre. Le lendemain, de grand matin, toujours aux Gonaives, clairons et tambours résonnèrent de tous côtés. Soldats et civils, enthousiastes, bruyants, remplirent les rues en un clin d'œil. Le peuple afflua des campagnes.

...A sept heures, tandis qu'un soleil radieux illuminait la Cité, Dessalines, entouré du brillant cortège des généraux, fendit la foule, gravit les marches de l'autel de la patrie et rappela, dans un véhément discours en créole, tous les tourments que les indigènes avaient endurés sous la domination française. En terminant, il s'écria le bras tendu : «Jurons de combattre jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance de notre pays».

Ce jour-là, de toutes les poitrines, jaillit, formidable, accentué par la voix sèche et rageuse des canons, le serment, mille fois répété, de «vivre libre ou de mourir». Un nouvel Etat était né.

...Exilien Heurtelou, le rédacteur en chef d'un fameux journal de Port-au-Prince, écrira plus tard : «Nous, tous fils de l'Afrique, répandus dans cette vaste Amérique, nous avons l'oreille tendue, le cœur ouvert, attendant le premier bruit de la chute de l'esclavage pour pousser vers le ciel le plus vaste cri de joie qui, de la vallée terrestre y soit jamais monté ».

...Aujourd'hui, chaque ville, chaque bourg, chaque localité d'ici chante l'épopée d'Haiti : Gonaives, Cap-Haitien, Jacmel, Les Cayes, Pétionville, Jérémie, Saint-Marc. A l'évocation de ces noms, les peuples noirs de tous pays en ont encore le vertige.

Mais, dans votre histoire, la gloire le dispute au tragique. … Votre pays a souffert pendant deux siècles de régimes autoritaires, de dictatures sanglantes et d'une longue liste de coups d'Etat dont la série précipitée contraste avec l'immuable et désespérante misère du peuple… comme si un destin jaloux de cet éclat trop vif s'était acharné contre vous.

...Le poids de l'oppression ne s'est pas évanoui avec le départ des colons. Il a continué à peser lourdement sur les esprits, à façonner les âmes et les comportements.

Léon Laleau l'avait dit en termes forts:

"Ce cœur obsédant, qui ne correspond
Pas avec mon langage et mes coutumes,
Et sur lequel mordent, comme un crampon,
Des sentiments d'emprunt et des coutumes.
D'Europe, sentez-vous cette souffrance
Et ce désespoir à nul autre égal
D'apprivoiser, avec des mots de France,
Ce cœur qui m'est venu du Sénégal?"

...Aujourd'hui, le défi pour Haiti est d'avancer, de se donner les moyens d'inventer un avenir, de s'approprier la démocratie et la justice, après la liberté.

...Pour préparer ce voyage, j'ai beaucoup consulté.

...De Paris à Pointe-à-Pitre, je n'ai vu que des gens attachés à votre pays et soucieux de son bien-être, attendant depuis des décennies parfois un décollage économique et une stabilité politique. Car, Haiti avait commencé si fort, en 1804, qu'on attendait d'elle le meilleur. Qu'elle soit à la hauteur de son glorieux commencement.

...Mais par leur coup d'éclat de 1804, Toussaint et Dessalines, fondateurs de la première république noire du monde, avaient placé la barre trop haut. Depuis, des générations d'Haitiens se succèdent, chacune se demandant laquelle sera à la hauteur des pères fondateurs.

...l'espoir renaît en Haiti. Je veux le croire de toutes mes forces et œuvrer à vos côtés pour qu'il en soit ainsi.

...Quant à l'aide internationale, elle est indispensable. Mais je ne crois pas qu'Haiti manque d'argent.

...Mais l'aide peut-elle suffire au peuple haitien? Les fils de Toussaint Louverture ne sont-ils pas mieux placés que n'importe qui d'autre pour savoir, à propos de l'aide, que « la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit» ?

...J'ai l'intime conviction qu'Haiti décidera de ce qu'elle veut

...Un marché haitien s'ouvre, francophone et créolophone. La France doit en profiter et enfin définir une vraie politique de coopération, avec la Guadeloupe pour tête de pont, elle qui est proche de Haiti.

...j'ai senti durant mon court séjour une grande volonté d'aller de l'avant. Je n'ai vu aucune résignation. D'ailleurs, le poste de dépenses le plus important pour les familles pauvres est celui de l'éducation. C'est dire leur foi en l'avenir!

...la lutte contre les inégalités reste un défi crucial à relever. Selon certains chiffres, 1% de la population haitienne concentrerait la moitié de la richesse nationale.

Je pense que LA réponse à ces inégalités est l'éducation....l'éducation dont je parle est l'éducation populaire et la formation de professeurs.

...La naissance de la nation haitienne a été portée en triomphe par le romantisme de Nau, Durand ou Coicou. L'occupation américaine a amené les artistes à se retremper dans les sources africaines avec Jean Price-Mars qui lança ce mot d'ordre enthousiaste : «Nous n'avons la chance d'être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l'héritage ancestral».

...Je suis donc venue vous exprimer la solidarité de la France et vous assurer de son appui.

...Il n'y a pas de raison que ce pays dont la diaspora est l'une des plus talentueuses au monde, ne se relève pas. L'immense effort qu'Haiti a déployé pour naître et renaître du transbord, comme dirait un écrivain antillais, cet immense effort, Haiti peut le refaire. Elle en a vu d'autres.

...Et de son côté, Mesdames, Messieurs, je puis vous assurer qu'au beau nom d'Haiti, la France de Nicolas Sarkozy continuera de répondre. C'est lui qui m'a demandé de hâter ma venue en Haiti pour porter un message de fraternité au peuple haitien. Qu'il m'ait demandé d'être la première à me rendre dans votre pays n'est pas non plus anodin. Il a souhaité présenter en Haiti le nouveau visage de la France. Cette France diverse, dont vous Haitiens aviez rêvé.

...Car, mes amis, quand je vois vos visages, quand je foule ce sol, il se passe quelque chose. Quelque chose de différent que lorsque je suis en Moldavie ou en Algérie. C'est qu'ici il y a une part de l'Afrique, où j'ai en partie grandi et d'où vous êtes venus dans de tragiques conditions. Cette Afrique qui regarde encore et regardera toujours Haiti comme une légende, son orgueil, sa blessure. J'aurais pu être haitienne. Vous auriez pu rester africains.

...Un autre chemin s'ouvre devant nous. Vous pouvez compter sur moi.
[/quote]

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