Un crime à la carte

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Tidodo
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Un crime à la carte

Post by Tidodo » Fri Mar 16, 2007 8:48 am

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Un crime à la carte.
Par Jean Erich René

Dans le monde d'aujourd'hui on assiste à de grands changements tant climatiques que politiques. Les calottes glacières du pôle nord sont en fusion. Parallèlement, sur le continent américain une guerre d'influence s'initie entre Georges Bush et Hugo Chavez. Aucun pays ne peut déployer son potentiel économique sans tenir compte de la nouvelle topographie politique. Ce nouveau défi interpelle l'intelligence des dirigeants politiques haitiens. Puisqu'ils ont les gouvernails en mains ils doivent savoir quelle itinéraire suivre afin d'empêcher la barque nationale d'échouer sur certains récifs coralliens.

Le nouveau découpage du Continent place nos compatriotes dans une situation inédite. Quelle chance pour Haiti dans cette chassée-croisée entre une super-puissance du Monde et une puissance émergente de l'Amérique Latine ? Hugo Chavez le lundi 12 mars 2007 a fait une tournée triomphale en Haiti. La présence du Vice-Président cubain a accentué la donne socialiste. Au début du mois d'avril prochain ce sera le tour du Président américain Georges Bush d'emmancher son violon pour jouer sa partition. Ce concert de cacophonie plonge les observateurs même les plus avertis dans une profonde confusion.

Le comportement ambivalent ou en kalibofobo du Président René Préval, pour répéter Frank Etienne, suscite chez nous un grand doute. Est-il socialiste ou capitaliste ? Cette énigme nous chiffonne. En jouant cartes sur table c'est à dire de manière non dissimulée, il est urgent de provoquer la réflexion afin de dégager méthodiquement des indicateurs objectifs et détecter les intentions cachées des acteurs politiques . En se jetant têtes baissées dans les sillages des altermondialistes ou des mondialistes, nos dirigeants politiques se seraient affublés de costumes qui les assimileraient à de vrais clowns.

L'Alternative Bolivarienne pour lesAmériques ou ALBA est une nouvelle béquille proposée par Hugo Chavez pour arracher les handicapés économiques des griffes de l'Aigle. Le Président René Préval a enchainé sur ce ton: «Après des années d'une politique internationale timide et peureuse aujourd'hui, Haiti va chercher à Cuba et au Vénézuela ce dont elle a besoin, parce qu'elle a aussi aidé Cuba et le Vénézuéla », qualifiés de «peuples frères ». Ce cri de René Préval est-il parti du cœur ou du moins est-il en train de faire chanter ses soi-disant camarades sur une fausse note?

Cette campagne apparemment anti-américaine sent le cramoisi. Nous avons déjà entendu cette musique à Punta Del Este en 1960. Le sommet des dirigeants cubain, vénézuélien et haitien est un prélude à la conférence internationale sur la drogue. Selon la DEA, le chemin critique des narcotiques vers les USA,passe par le Vénézuéla, Haiti, la Dominicanie. Hugo Chavez comme Chef de file était en Haiti pour souffler à René Préval le discours à prononcer en République Dominicaine où il doit participer vendredi au sommet régional sur la drogue, la sécurité et la coopération «Une nouvelle vague de peuples se lève en Amérique latine et les Caraibes » a déclaré le chef de l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques. Il invite Haiti à emboiter le pas.

Nos hommes politiques ne sont pas honnêtes. Malgré le cri de Miranda, repris par Hugo Chavez, le 12 mars 2007, l'amendement constitutionnel subitement proposé par René Préval la semaine dernière n'est qu'une dictée de George Walker Bush. L'objectif visé c'est une participation plus active de la diaspora haitienne au processus de prises de décisions politiques En effet, presque tous les techniciens haitiens vivent à l'étranger. De plus, la diaspora haitienne apporte un quote-part de : un milliard deux cent cinquante millions (1.250.000.000) dollars dans l'économie haitienne comme soutien familial. Un montant qui dépasse le PIB haitien et l'aide internationale. En toute justice on ne peut pas exclure les Haitiens d'outre-mer. Cette légitime demande s'explique surtout par l'échec de Dumarsais Siméus, le candidat de Washington aux dernières élections présidentielles.

Selon les lunettes des stratèges de la Maison Blanche, la double nationalité permettra désormais à la diaspora d'avoir accès au pouvoir. Mais René Préval, en bon diplomate du béton, y voit l'occasion d'entreprendre aussi les réformes constitutionnelles rêvées pour mieux dompter le pouvoir. En se servant de la double nationalité comme un appât très alléchant qui d'ailleurs commence à soulever l'enthousiasme des Haitiens vivant à l'étranger, le Gouvernement Préval/Alexis va toucher les points suivants :

- Fonder une gendarmerie nationale taillée à sa juste mesure remplacera l'Armée défunte.
- L'autorité présidentielle diminuée et transférée par la Constitution de 1987 au Parlement sera reprise et renforcée.
- Le Chef de l'Exécutif pourra désormais renvoyer le Parlement comme cela se pratique dans d'autres pays.
- En cas de vacances présidentielles le pouvoir ne sera plus transmis au Président de la Cour de Cassation mais au Premier Ministre.

Pour corroborer cette dernière thèse, nous devons souligner que Préval n'a jamais procédé au remplacement du Président de la Cour de Cassation décédé. Il veut préparer constitutionnellement sa succession en cas de décès suite à son cancer de la prostate.Voilà le saut qualitatif que compte faire René Préval pour ajuster le pouvoir à ses propres besoins à l'instar de ses prédécesseurs. Nous sommes unanimes à reconnaître les faiblesses de la Constitution de 1987. La plupart de ses articles ont été dictés par la haine et la vengeance contre l'émancipation d'une classe d'hommes. Mais aujourd'hui, la croisade contre l'insécurité, la faim , le
chômage devrait être re au centre de nos préoccupations. En une telle occurrence, la réforme de notre système judiciaire est primordiale.

René Préval, par ses élans altermondialistes feints, demeure le Président socialiste qui a privatisé le plus d'entreprises d'Etat. Il se rapproche beaucoup plus de la bourgeoisie que de la masse. Il sert mieux les intérêts de l'Oncle Sam que de Simon Bolivar. Toutefois, l'Histoire d'Haiti nous enseigne que la plupart des Chefs d'Etat qui ont entrepris des formes constitutionnelles en sont victimes. En 1956 le Général Paul Eugène Magloire, surnommé Kanson Fè, a dû gagner l'exil, après avoir amendé la constitution, déclaré les élections au suffrage universel, diminué le pouvoir du Parlement et transféré aux membres de la Cour de Cassation la mission d'assumer les vacances présidentielles. Le projet d'amendement constitutionnel de René Préval n'est autre que la commande d'un crime à la carte car il va provoquer un chambardement social .[/quote]

Konbyen lan nou panse ke strteji Preval lan, resevwa èd kèlkeswa kote-l soti a mèm si Tonton Sam ka pa renmen donè an, se yon bon strateji, kontrèrman a sa Rene di a, ke li parèt twò danjere?

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