HOMMAGE AU PROFESSEUR LESLIE F. MANIGAT

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Guysanto
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HOMMAGE AU PROFESSEUR LESLIE F. MANIGAT

Post by Guysanto » Thu Aug 14, 2008 1:24 pm

De : RDNP HAITI [mailto:rdnp.haiti@yahoo.fr]
Envoyé : 14 août 2008 12:01

Objet : HOMMAGE AU PROFESSEUR LESLIE F. MANIGAT

UN HOMMAGE ECLATANT ET BIEN MERITE A LESLIE F.MANIGAT


A l'initiative des membres du RDNP vivant en Amérique du Nord, particulièrement de l'Ingénieur André Aladin, une soirée a été organisée en l'honneur de l'ex-Président Leslie F. Manigat, le dimanche 3 août dernier, à New York, dans le cadre élégant du « Sand Castle » du Franklin Square.

Maintenant qu'il s'est éloigné de la vie politique comme Secrétaire Général tout en restant un militant actif, il s'agissait de rendre hommage au fondateur du parti. Aussi, presque toutes les Branches Régionales Extérieures étaient-elles représentées, entre autres les trois de l'agglomération new-yorkaises, Boston, Washington, Chicago, Montréal, Ottawa, Miami, et même celle lointaine de Paris.

Mais le projet n'était pas exclusivement partisan car, parmi les quelques 250 personnes qui avaient répondu présent, on comptait, à côté des membres du parti, des parents, des amis qui avaient tenu, celui-ci à remercier un ancien Professeur, celui-là un camarade de classe, tous, le citoyen éminent, l'historien-politologue, l'homme d'état qui avait fait renaître l'espoir que l'on pouvait faire la politique autrement, en s'appliquant à concilier patriotisme, professionnalisme, sens du bien public, dignité nationale et honnêteté, durant les 4 mois qu'il a passés au pouvoir et dont on répète, de plus en plus, qu'avec lui, le pays a perdu deux opportunités de rédemption et de renaissance, en 1988 et, plus récemment, en 2006.

Dans l'assistance on comptait aussi des membres de la presse et des représentants de divers partis politiques venus, de leur propre chef, pour saluer un illustre compatriote et apporter leur note personnelle à ce concert de louanges. Dans la salle régnait l'atmosphère des grands jours, marquée par l'élégance des tenues, la chaleur humaine communicative et un cachet de distinction qui fut la marque de cette soirée. Certaines personnes n'avaient encore jamais rencontré Leslie Manigat et ils ont exprimé leur satisfaction ravie à le faire, comme s'ils voulaient réparer une abstention inexplicable ou combler un manque incompréhensible qui avait trop duré, et ils ont rencontré un homme simple, souriant, chaleureux et accueillant.

La soirée a commencé par ce que, dans la tradition américaine, on appelle le « cocktail hour », c'est-à-dire un moment au cours duquel les invités se servent abondamment de diverses boissons, de mets dont la richesse va au delà des amuse-gueules qui accompagnent traditionnellement l'apéritif. C'était l'occasion pour l'invité du jour d'accueillir, avec une joie non dissimulée, et parfois une heureuse surprise, des personnes connues et perdues de vue depuis quelque temps. Il a d'ailleurs étonné en démontrant une mémoire visuelle et une capacité à se souvenir des noms, des lieux, des époques, jaillis du passé et récupérés à la faveur de bienheureuses rencontres.

Pendant le déroulement du repas qui fut copieux, arrosé de bons vins, des personnalités ont défilé pour apporter leur témoignage et exprimer leur admiration envers le Professeur, l'ami, le responsable politique, l'ex-Président, l'écrivain. Ils l'ont fait, chacun à sa manière, avec humour, émotion, respect, sympathie, sans fausse note. Un florilège de souvenirs mêlés parfois de nostalgie et de regrets.

Le moment fort de la soirée a été l'intervention de l'orateur principal. Les organisateurs ne l'avaient pas annoncé et le suspense est demeuré jusqu'au bout. Aussi, c'est sous les applaudissements que l'assistance, debout, a salué Madame Mirlande Manigat lorsqu'elle a franchi les quelques mètres qui ont séparé la table d'honneur du podium. C'est à ce moment qu'ont retenti les notes de « La Dessalinienne » comme si la manifestation commençait en cet instant.

D‘entrée de jeu, après avoir remercié les organisateurs et les personnes présentes, elle a tenu à préciser que ce n'était pas en sa nouvelle capacité de Secrétaire Générale du RDNP qu'elle allait s'exprimer, mais comme « l'humble militante », l'épouse, la compagne des jours heureux et des épreuves, sans doute la personne qui le connaît de la manière la plus complète, pour avoir été à ses côtés pendant presque quatre décennies, partageant sa vie dans toutes ses dimensions intellectuelles, politiques et personnelles. Mais, s'est-t-elle demandé, était-elle pour autant la personne la mieux indiquée, précisément a cause de cette intimité ? N'était-il pas nécessaire d'établir en la circonstance une distance physique et psychologique avec une personne afin de préserver l'authenticité et l'impartialité du témoignage ? « Serais-je donc condamnée, s'est-elle demandé, au mutisme et à l'abus de la litote parce que je suis son épouse, sa « vieille chaudière », comme il l'appelle affectueusement ?

Elle a estimé, et a prouvé, qu'elle pouvait assumer cette tâche avec tendresse, certes, mais aussi en vérité. Elle a souligné que les personnes présentes et absentes avaient leur vision de Leslie Manigat, ses frères et sœurs, ses six filles de Sabine l'aînée collaboratrice et déjà héritière intellectuelle de son père, à Béatrice, ses 14 petits enfants, de Matari au « petit Leslie » avec lequel il a établi une connivence intergénérationnelle de « tokaye », une arrière petite fille. Les amis déployés dans une géographie du souvenir, qui se retrouvent à Lalue, à l'Impasse Lajoie, à Martissant ; chacun d'eux a connu le gosse, « papite », le benjamin d'une famille de 4 enfants, élevés par une mère admirable devenue veuve alors que le dernier n'avait que 6 ans, l'adolescent en passe de se muer en un fringant jeune homme. Ils ont connu le bon élève de St. Louis de Gonzague, éternel premier de classe, cette école envers laquelle il entretient une fidèle reconnaissance, car il y a acquis, avec le Savoir, des valeurs morales et chrétiennes. Leslie Manigat a conservé la foi de sa jeunesse, mais sans fanatisme ni intolérance, car il a de la chrétienté une vision oecuménique ; en historien, il demeure fasciné par les mouvements protestants, en particulier celui de Martin Luther au XVIème siècle, qui ont permis une refondation bénéfique des dogmes et des pratiques catholiques ; et il se considère comme étant « le plus protestant des catholiques» comme l'a déclaré dans une interview fleuve consacrée a la démocratie chrétienne et qu'il a rappelé en recevant des mains des représentants les plus autorisés du protestantisme haitien, une distinction Honneur et Mérite, en décembre 2006.

Afin d'illustrer la qualité des liens tissés avec les camarades de la promotion 1948 d St Louis de Gonzague, Madame Manigat a rappelé une scène extraordinaire vécue deux ou trois jours après sa prestation de serment comme Président Constitutionnel de la République. Son ami-frère, Ernst Avin avait réuni chez lui tous ceux qui étaient disponibles et certains avaient même fait le voyage exprès pour honorer leur ancien camarade de classe. Avec fermeté, celui-ci leur a solennellement déclaré qu'il ne leur pardonnerait pas si voyant qu'il commettait la plus petite erreur de jugement, l'un d'eux ne le lui signalerait pas : « C'est pour vous un devoir d'amitié » leur a-t-il martelé d'une voix ferme. Une émotion visible et palpable dans le silence ému qui a suivi a traversé l'assistance. Et Madame Manigat de commenter : « Ce fut grand ! Ce fut digne ! Parce que c'étaient eux, parce que c'était lui ! ».

Ainsi, tous ceux qui ont jalonné sa vie, y compris les femmes qu'il a aimées, ont eu et conservent une certaine idée de l'homme.

Plus de 50 ans de carrière universitaire ont conduit Leslie Manigat vers les plus prestigieuses universités du monde occidental, un itinéraire du Savoir et de l'esprit dont les étapes sont déployées dans trois zones principales : Paris avec la Sorbonne, Sciences Po fréquentés d'abord comme étudiant puis comme Professeur, Paris VIII ; Genève avec l'Institut des Hautes Etudes Internationales ; New Haven à Yale, Harvard à Boston, l'Institut des Relations Internationales de la University of the West Indies dont il a été le premier directeur caribéen, à Trinidad ; la Universidad Simon Bolivar à Caracas où il a vécu les 8 dernières années du premier exil entame en 1963 avant de rentrer en Haiti en 1986 ; bien entendu Haiti, la Faculté de Droit, l'Ecole Normale Supérieure et l'Institut National des Hautes Etudes Internationales qu'il a créé et dirigé (devenu INAGHEI). Actuellement, il a accepté, à la demande de Jacky Lumarque, Recteur de l'Université Quisqueya, de dispenser, pour trois sessions, avec pour assistante sa fille Sabine, le cours « Histoire des Relations Internationales d'Haiti, de Toussaint Louverture à nos jours » qui réunit à son domicile, les 16 étudiants venus de l'Université Quisqueya, de l'INAGHEI et du Ministère des Affaires Etrangères, une occasion hebdomadaire de croiser deux plaisirs, celui des étudiants et le sien propre car il a ainsi renoué avec une de ses passions, l'enseignement.

Madame Manigat a révélé qu'avant d'avoir été détrônée par l‘ordinateur, elle était sa secrétaire très privée et donc la première lectrice de ses œuvres qu'elle a en partie relues pour la circonstance, afin d'imprégner son esprit et rafraîchir sa mémoire de la richesse de la production accumulée et qui continue de la fasciner par la rigueur méthodologique, le bonheur dans le choix des expressions utilisées, la clarté de la démonstration, qualités qu'il démontre d'ailleurs même lorsqu'il improvise, ce qui ne laisse pas d'étonner ceux qui l'écoutent par la maîtrise de cet art si difficile. Une Bio-bibliographie de l‘auteur a été distribuée reproduisant presque l'intégrale de ses publications dont il disait, lors d'une entrevue accordée à Pierre Raymond Dumas pour Le Nouvelliste, à l'occasion de la dixième manifestation de Livres en folie dont, en juin 2004, il était l'invité d'honneur, qu'elles totalisaient 5.000 pages. Et Madame Manigat de souligner que, 4 ans plus tard, la comptabilité est en train d'exploser.

En effet, l'auteur a produit une œuvre prodigieuse d'historien politologue, depuis son Mémoire de sortie en Sorbonne consacré à la naissance d'Haiti a la vie internationale jusqu'à son Eventail d'Histoire vivante d'Haiti dont les deux derniers des 5 Tomes viennent tout juste de sortir. Attentif aux grands problèmes de l'universel, il a toutefois concentré ses analyses dans des champs bien définis : l'Amérique Latine dont son ouvrage Evolution et Révolution : l'Amérique Latine au XXème siècle, dont le premier Tome a paru en 1973 et dont les deux suivants sont en cours d'élaboration. Cette étude magistrale avait été saluée par ses collègues historiens français les plus éminents. La Caraibe dont il a cerné la personnalité unitaire et diversifiée, autour du Bassin unificateur mais aménagé en son pourtour par des unités individualisées par la géohistoire.

Mais surtout son pays, Haiti, ce petit coin de terre envers lequel il éprouve un amour fidèle et lucide et dont il intègre les contours dans une archéologie identitaire qui tient compte de la géopolitique, de l'héritage historique, des spécificités socio-culturelles qui forment l‘haitien tel qu'en lui-même, des dichotomies inégalitaires et des préjugés qu'il dénonce inlassablement, mais dont il faut avoir conscience pour les résorber, puis les dissiper. La géopolitique interpelle et fonde des relations difficiles avec la République Dominicaine qu'il est indispensable de connaître, une nécessaire collaboration avec les Etats-Unis, ce grand voisin qui peut incarner ce « Nord raisonnable et généreux » qu'il croit possible, particulièrement dans cette mondialisation inévitable à laquelle le pays doit s'adapter, malgré sa situation de déchéance actuelle dont il nous faut impérativement sortir. La diversité de ses écrits nous aide à comprendre « la crise haitienne contemporaine », selon le titre d'un de ses ouvrages les plus stimulants, actuellement en rupture de stock et heureusement en cours de refondation pour une réimpression.

Chef historique du RDNP qu'il a fondé, avec d'autres, il y aura 30 ans l'an prochain, il a produit une abondante littérature politique, depuis Les Impératifs de la conjoncture, en passant par Les Cahiers du CHUDAC (Centre Humanisme Démocratique en Action) dont il a écrit 11 des 12 numéros, les interventions de circonstance sur des sujets d'intérêt public aussi bien l'actualité (catastrophes naturelles) que les grands problèmes de l'heure, car il a toujours estimé qu'il devait faire entendre « une grande voix responsable » pour rappeler les exigences de la démocratie à construire, du respect de l'état de droit qui est le contraire de la raison d'état trop souvent invoquée par les gouvernés mais surtout les gouvernants pour expliquer, sans les justifier, les turpitudes et la malhonnêteté de certaines décisions, sous le fallacieux et dangereux prétexte que telle initiative commode est de nature politique et non juridique.

Madame Manigat a émaillé son intervention d'évocations personnelles, confiant les habitudes de travail nocturne de son époux, attablé à un bureau sur lequel elle désespère de mettre de l'ordre, car l'intéressé proclame qu'il se retrouve dans son désordre. Il aime travailler en musique, toutes les musiques selon son humeur, de Mozart à Beny More, du bel canto italien avec une préférence pour Maria Callas Celia Cruz, de Beethoven à Gloria Esteban, du Tabou Combo aux grands orchestres philharmoniques. Elle s'est même laissée aller jusqu'à évoquer l'amour de son époux qui n'exclut pas la jalousie, et elle a pris plaisir à raconter, elle ne sait plus pour combien de fois, un incident survenu, il y a bien longtemps, alors qu'ils résidaient encore à Trinidad, lorsque excédé de ne pas la trouver à la maison alors qu'il était en voyage, il lui a envoyé un télégramme dont les termes demeurent délicieusement gravés dans son souvenir : « T'ai appelée matin, midi, après-midi, soir, nuit, aube. Ne t'ai pas trouvée. Appellerai demain à 7h, heure de Paris. Sois la ! ».

L'assistance a aussi appris, avec bonheur, d'autres facettes de Leslie Manigat écrivain. Les commentaires d'ouvrages d'auteurs tels que Pradel Pompilus et le Frère Raphaël, David Nicholls, André Georges Adam, entreprise qu'il assume avec rigueur, car il n'est ni complaisant et hagiographique, ni non plus un démolisseur, plutôt un révélateur de talents et de mérite, et elle a souligné combien elle était fière de l'excellente Préface qu'il a accordée à son livre Traité de Droit Constitutionnel Haitien.

Dans la catégorie des douleurs, de l'affliction et des regrets, elle a rappelé les notices nécrologiques publiées à l'occasion du décès de personnes proches et aimées (tels Lucien Montas, parti comme « les feuilles mortes qu'on ramasse à la pelle » ou trois parmi les fondateurs du Centre d'Etudes Secondaires, Pradel Pompilus, Jean Claude, Pierrot Riche, ou Jojo Chatelain) ; des hommes connus (tel Jean Dominique qui ne fut pas de ses amis politiques ou personnels, mais dont la notice lui avait valu les compliments publics de la fille du défunt, Dolores, qui l'avait félicité pour avoir été, comme elle l'a dit, le seul sincère et véridique à propos de son père) ; des hommes politiques tel Gérard Pierre Charles, « un mapou terrassé par une grippe » ; des étrangers, tel le dominicain José Francisco Pena Gomez connu lorsqu'ils étaient tous les deux étudiants à Paris et qu'ils rêvaient de diriger leur pays respectif au même moment, afin d'exorciser le passé, dissiper les miasmes des préjugés et rapprocher les peuples ; ou encore Luis Herrera Campins lequel, Président du Venezuela, n'avait ni ménagé son soutien au RDNP naissant, ni caché sa profonde admiration pour son leader.

Il y a enfin Leslie Manigat qui se laisse volontiers entraîner vers des écrits dont il dit qu'ils représentent des « divertissements », mais qui témoignent de sa culture encyclopédique et de la méthode intellectuelle dont jamais il se départit. Son témoignage fleuve Rose Telhomme avant sa mue en Rose Marie Desruisseaux est d'abord une évocation de celle qui fut son premier amour, mais qui a servi de point de départ pour camper ce quartier de Bas-peu-de-chose et ramener à la vie ou au souvenir ceux qui y avaient vécu à l'époque considérée, tel un Aubelin Jolicoeur. C'est un mélange de mélancolie au rappel d'un amour non abouti, de nostalgie pour une tranche de vie et de réminiscences pétrifiées dans le souvenir d'un lieu.

Sa connaissance et son appréciation gourmande de la musique haitienne lui ont permis de publier deux commentaires lors de la sortie du CD de Frantz Courtois « Vive Haiti chérie » et aussi de « Haitiando », deux occasions de révéler ses talents de critique musical. Et plus d'un s'est étonné de voir « Le Professeur » se délecter, en connaisseur, de la musique de chez nous et de nous en faire redécouvrir les charmes et la richesse.

Enfin le compte rendu de son périple en Andalousie et en Egypte a révélé l'étendue de sa culture encyclopédique, car il a campé la ville de Granada si chargée d'histoire, faite de couches sédimentaires variées, au gré des investissements culturels. Il nous a fait découvrir l'Egypte, la pharaonique comme la moderne, qui l'ont toujours fasciné ; il nous a promenés á travers la Vallée des Rois, rencontrer Ramsès II et Néfertiti, descendre le Nil, cadeau de la nature et des dieux, découvrir les trésors du Musée du Caire et l'extraordinaire richesse de la Bibliothèque d'Alexandrie.

Avec tout cela, Madame Manigat a offert une présentation « autorisée » de la personnalité aux diverses facettes de Leslie Manigat qu'elle a conclue en soulignant qu'en cette soirée, Leslie ne lui appartenait pas en exclusivité et qu'elle espérait donc que chacun reconnaîtrait, en ce portrait campé avec une palette si diversifiée, SON Leslie personnel.

Une plaque d'Honneur et Mérite lui a été remise sur laquelle on peut lire :

« Honneur et Mérite au professeur Leslie François Manigat pour avoir consacré plus de cinquante ans de sa vie d'adulte à la cause haitienne et pour s'être fait l'écho immense aux mots de Patrie, dignité nationale, Union et Solidarité nationales.

RDNP en diaspora
3 août 2008


La soirée s'est terminée, à l'haitienne, et les invités se sont laissés entraîner dans la danse, au rythme de « Ti Carole » et autres morceaux de notre répertoire.

La satisfaction était totale, en particulier celle de Leslie Manigat, ému et reconnaissant. Les invités sont repartis avec le sentiment, comme l'ont dit plusieurs d'entre eux, d'avoir vécu un moment exceptionnel. Les organisateurs qui ont préparé l'événement pendant trois mois ont aussi exprimé leur gratitude envers les présents, leur joie d'avoir mené à bien une entreprise qui leur tenait à cœur.

Il est significatif que cet hommage se soit produit à l'étranger, dans cette Haiti de l'extérieur dont Leslie Manigat ne cesse de répéter qu'elle demeure arrimée à celle de l'intérieur car, entre les deux, il s'agit d'établir des ponts solides qui vont au delà des relations de famille, d'amitié et de voisinage, une véritable synergie profitable pour tous les Haitiens demeurés des compatriotes, quel que soit l'endroit où leur volonté ou les vicissitudes de l'existence les ont conduits.

Leslie Manigat est plus que jamais présent. Son parti, le RDNP dont il a abandonné la direction quotidienne demeure dans l‘opposition, une opposition lucide, justifiée, face aux errements et aux fautes des dernières années, l'incompétence érigée en système et les affligeantes palinodies et marchandages de boutiquiers qui caractérisent la présente actualité, au détriment de l'intérêt national. Il demeure « en réserve de la patrie ». Aussi cet hommage du 3 août n'est pas un « au revoir », mais plutôt une incitation à apprivoiser l'utopie. Mieux : une sereine espérance.

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